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L'ÉCLECTISME
Publié chez :
Roland Michel Tremblay
44E The Grove, Isleworth, Middlesex, Londres, TW7 4JF, UK
Tél./Fax: +44 (0) 20 8847 5586 Mobile: +44 (0) 794 127 1010
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L'Éclectisme est né d'une sursaturation de tout. Il a été écrit à Londres et en partie à
Dublin. La vie londonienne y est décrite, la vie dans la vente du whisky de l'Écosse
jusqu'en Irlande.
L'Éclectisme est une folie. Un livre qui se voulait illisible mais à portée profonde. Le
sujet est celui d'un voyage dans l'univers et dans la tête. Un bilan absolu de toutes les
philosophies et des courants de pensées que la planète ait portés depuis les derniers
millénaires. Un bilan pour célébrer la nouvelle philosophie du prochain millénaire: L'Éclectisme.
L'Éclectisme est un essai philosophique romancé qui ne suit aucun programme ou
plan précis. On y apprend à reconsidérer l'univers en entier jusqu'à ce que les points de
repères n'existent plus. Au bout de l'anarchie qui compose l'univers, c'est se lancer tête
première dans une crise existentielle à travers une parodie contre l'aliénation de tous ces
courants de pensée qui se terminent par ismes.
L'Éclectisme, c'est la mort. La mort des idées, des concepts, des philosophies, des
courants de pensées, de la science, des religions, de la parole, des sensations, de la politique,
de tout et du rien.
Un large extrait de l'Éclectisme a été publié dans Les Saisons Littéraires (Hiver 1997-1998, numéro 13, Éditions Guérin), et neuf chapitres ont été publiés dans un
magazine hollandais (L'Universel).
ISBN : 2-7479-0014-2 Prix public : 89FF / 14 Euros
En téléchargement gratuit sur
www.idlivre.com/rolandmichel.tremblay
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Avant-propos
Un large extrait de l'Éclectisme a été publié dans Les Saisons Littéraires (Hiver
1997-1998, numéro 13, Éditions Guérin). L'Éclectisme a été également partiellement publié
dans un magazine hollandais (L'Universel).
L'Éclectisme est une folie. Un livre qui se voulait illisible mais à portée profonde. Le
sujet est celui d'un voyage dans l'univers et dans la tête. Un bilan absolu de toutes les
philosophies et des courants de pensées que la planète ait portés depuis les derniers
millénaires. Un bilan pour célébrer la nouvelle philosophie du prochain millénaire: L'Éclectisme.
L'Éclectisme est sans doute un peu trop compliqué pour plaire aux masses. Il s'agit
d'un essai philosophique romancé qui ne suit aucun programme ou plan précis. On y apprend
à reconsidérer l'univers en entier jusqu'à ce que les points de repères n'existent plus.
C'est une remise en question absolue de tout, où le temps, l'espace et la pensée
s'entremêlent pour créer un monde des idées plus réel que la vie quotidienne. Avec pour création
notre seule imagination, nous sommes chacun le Dieu de notre propre univers et nous le
dominons autant que nous apprenons à en prendre conscience. Au bout de l'anarchie qui
compose l'univers, c'est se lancer tête première dans une crise existentielle à travers une
parodie contre l'aliénation de tous ces courants de pensée qui se terminent par ismes. L'Éclectisme, c'est la mort. La mort des idées, des concepts, des philosophies, des courants de pensées,
de la science, des religions, de la parole, des sensations, de la politique, de tout et du rien.
C'est là où la littérature en est, après la psychanalyse et la sémiologie. Au-delà du tout, il n'y
a rien. Comme au-delà du rien, il y a tout.
L'Éclectisme est né d'une sursaturation de tout. Il a été écrit à Londres et en partie
à Dublin. La vie londonienne y est décrite, la vie dans la vente de whisky de l'Écosse
jusqu'en Irlande. |
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Préface
Après la lecture de ceci, il serait dérisoire de m'assommer avec des concepts
insignifiants. Il vaudrait même mieux éviter de me questionner exactement sur son contenu ou de
m'attaquer en affirmant que tout ça est une philosophie absurde qui ne saurait être acceptable.
Je suis bien conscient que l'on peut contredire le contenu de ce livre dans son essence,
et même le contredire à chaque ligne, il s'agit en fait d'une parodie de tous ces courants
de pensée qui se terminent par ismes, en premier lieu L'Existentialisme. Le fait demeure
qu'il s'agit d'un essai. Un essai que je me suis amusé à écrire et qui devrait demeurer un
divertissement pour les sens. Je ne cherche pas à élaborer une nouvelle philosophie de
malade mental complètement hors de ce monde, cherchant des justifications jusque dans les
développements et les observations de la science actuelle. Je ne cherche qu'à stimuler
l'imagination d'autres qui risqueront peut-être de voir le monde un tant soit peu différent et
qui peut-être n'hésiteront pas à laisser voguer leur propre imagination vers des chemins
éloignés des miens. Et puis si ça vous fait plaisir, je suis prêt à accepter vos qualificatifs
de paranoïa et de schizophrénie. Je suis tout ce que vous voulez que je sois et
probablement même pire que tout ce que vous pouvez identifier. Et c'est là l'essence de l'existence,
un monde éclectique, exactement comme semblent fonctionner notre imagination et
l'univers. Tout peut faire sens du jour au lendemain cependant, on découvrira peut-être la
grande théorie unificatrice de toutes les théories de ce monde, et alors ce monde éclectique le
sera encore davantage, car il ira au-delà de tout ce que l'on aura pu imaginer. Pourtant, le tout
se résumera peut-être à une petite équation mathématique qui démontrera que chacune
de nos actions ou chacun des événements de cet univers est prévisible jusque dans son
essence.
On aura alors, par exemple, une science de la météorologie parfaite. On saura à
chaque seconde où risque de tomber quoi sur cette planète, et d'un autre côté il n'existera
plus aucun moyen de se faire plaisir à souffrir les déboires d'autrui, puisque l'on pourra tout |
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prédire. Mais nous n'en sommes pas encore là, j'ignore s'il pleuvra cet après-midi, le ciel semble incertain. Et dans ces conditions, j'entre de plein fouet dans un univers éclectique qui ne répondra à aucune des nombreuses questions que ce monde ne cesse d'apporter. Là n'est pas le but. Simplement parce que moi-même j'ignore quel est le but de ce livre, j'ignore même s'il a une raison d'être. Je l'ai écrit par pur besoin qui semble venir d'ailleurs que de moi-même. Croyez-moi, j'aimerais autant sortir de cet univers et jouir de la température que de perdre ma vie à tenter d'analyser et de comprendre l'existence. Semblerait que, dans mon cas, on ne fait pas ce que l'on veut de cette vie, on fait ce que l'on doit. Et si vous êtes rebuté après la cinquième page, alors il vous suffit d'aller vous amuser à prédire la météo de cet après-midi. |
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Si ce que nous considérons comme réel dépend de notre théorie, comment peut-on faire de la réalité la base de notre philosophie ? Je dirais que je suis réaliste dans le sens où je pense qu'il existe un univers là-bas qui attend d'être étudié et compris. Je considère la position solipsiste - tout est la création de nos propres imaginations - comme une perte de temps.
(Solipsisme : Doctrine où nous-mêmes et notre
propre savoir sont la seule réalité.)
Stephen Hawking
Black Holes and Baby Universes, and other essays
L'ÉCLECTISME
1
Je vous propose le voyage d'un initié au-delà de tout, la mer, la terre, l'espace. Je
vous invite à vivre la plénitude à un taux de vibration au moins égal à celui de l'univers dont
vous ne soupçonnez pas l'existence. Je dis, voyez le ciel et les astres, voguez à travers les
étoiles... ne voyez-vous pas la terre humide à l'aube du jour ? Les feuilles d'automne aux
couleurs multiples qui craqueront bientôt pour devenir minérales ? Motivation à
apprécier l'existence, à découvrir avec exactitude ce que le mot amour tente de définir. Car personne |
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n'en a la moindre idée. L'amour n'est tout simplement pas le bon mot. Il n'y a pas
plus grande erreur que de s'asseoir et de se demander que faire aujourd'hui. Il n'existe pas
de plus grande misère que de se dire le lendemain : les jours et les mois passent, on vieillit
et on perd chaque jour davantage l'énergie nécessaire à l'accomplissement d'une destinée.
Je vois un immense champ où toute civilisation est ailleurs. Je vois la nuit dans le foin
et les arbres. J'observe une chouette d'un blanc éclatant couver des ufs dans le grenier
d'une grange abandonnée, à l'abri des poutres déjà en décomposition. C'est la vie à même la
mort. Je vois la foudre mettre le feu à la vie et une chouette qui ne sauvera qu'un seul uf.
Cet uf, c'est vous. Une structure décomposable jusqu'à la dernière molécule, jusqu'au
dernier atome, qui lui-même est décomposable en un milliard de particules qui peuvent
devenir immenses pour qui sait faire le point de mire nécessaire. Les idées ne sont-elles pas fortes
? L'imagination n'est-elle pas souvent la seule composante de cette réalité ? Avant
d'atteindre les champs, serions-nous sortis du fond des océans ? Dans la noirceur et le calme
d'une pression écrasante, pour monter ensuite comme un oiseau vers la surface de la vie,
puis voler dans le ciel comme un poisson dans l'espace, trouvant dans chaque consistance de
la matière les éléments essentiels à la survie. Jusqu'à la terre ferme, jusqu'au nid qui nous
a vu naître pour la énième fois et pourtant la première fois. Il faut s'effondrer de tout
son poids entre les branches et les brindilles, respirer le début des jours. Il faut ensuite
découvrir ce que sont le soleil et la lune, ce qu'est la lumière du jour et celle de la nuit.
Qui osera encore parler de ce qui est naturel sans savoir ce qu'est la nature de
chaque élément et l'infinie capacité de chaque chose. Qui encore ne mérite pas la vie pour ne
pas l'avoir regardée une seule fois en face. Qui donc enfermé entre quatre murs de ciment
cite des paroles vides pour alimenter la colère et entraîner la destruction de toute vie ? Je
dis, écrasez-vous donc dans ce fourré et respirez profondément. Tout le reste n'est que
futilité digne des innocents parce qu'incapables d'aspirer en eux les composantes de ce monde.
Une vie inspirée n'a que faire des définitions ou du jugement. Elle recherche le bonheur en
la plénitude.
Elle arrête de penser à un tas de choses insipides pour observer et méditer la vie
qui s'organise et se développe. |
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C'est pourquoi je vois les arbres embrasser les animaux qui s'affairent à leurs provisions hivernales. Si la vie de l'humain pouvait crever d'autant de simplicité... s'émerveiller et travailler à s'approvisionner pour l'hiver. Si la grâce caractérisait chaque personne. Si l'émerveillement et l'éveil étaient possibles à chacun. Les uns ne risqueraient pas de détruire les autres, les détourner de leur raison, les priver de toute énergie. Si l'on peut voir la clarté du jour une seule fois, alors on en connaît l'existence. La quête commence alors. Il existe une continuation de chaque élément. D'une génération à une autre, de la famine à l'abondance, mais également de l'abondance à la famine. Une quête de l'absolu et de la connaissance, qui ignore où est le début et où est la fin, puisqu'il n'y a pas de début comme il n'y aura pas de fin.
2
Ai-je un nom ? Dois-je en faire quelque chose de respecté ? Non. Je juste, vis. Et vivre
peut nous conduire d'un documentaire télévisé à une boîte de nuit londonienne en un instant.
Je bois du Cointreau ce soir. Je vivais en Belgique voilà pas longtemps, juste à côté d'où
Rimbaud a tiré Verlaine au fusil. Je vous le jure, je n'y pensais pas à cet instant. Je suis
maintenant loin d'un coin aussi déprimant. Je vis à même la musique de cette fin de
millénaire. J'ai souffert l'enfer d'un damné. Un pauvre paysan qui s'en était promis et puis à la
dernière seconde a changé d'avis. Je suis trop grand. Je suis trop puissant. Je suis rempli de
cette énergie que l'on gaspille à danser dans les clubs ou à réfléchir à son avenir qui ne
viendra jamais. Je plains tout et chacun, autant que je me plains. La vie n'est rien, sauf lorsque
l'on est saoul et drogué. Il ne faut jamais s'attendre à des miracles. À de l'éclectique
surtout, c'est cela notre vie.
J'ai vécu ! Moi ! J'ai fait l'amour à ce
qui existe de plus jeune et de plus beau ! J'aurais pu les garder tout à moi.
Leur faire l'amour jusqu'à la fin des temps. Car je suis beau et je suis jeune.
La vanité n'a jamais tué personne, seulement elle apporte le mépris des
malchanceux et des moins courageux. Avez-vous lu le Rouge et le Noir ? Moi je
succombe et je jouis. Je |
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me fiche de ce que raconte le village, la ville, la planète. On ne parlera pas encore de l'univers
à votre niveau, l'univers est si ignorant. N'avez-vous jamais essayé les vraies drogues ?
Vous comprendriez alors pourquoi on en devient si dépendant. Je parle pour une génération.
Pour que l'on ne puisse pas dire qu'avant, cela était mieux. Si c'était mieux dans le temps,
c'est que vous vous trouvez à la mauvaise place, avec les mauvaises personnes. Rien de pire
que de jouir d'un passé douteux, là où l'action se déroulait des siècles avant que l'on ne
vienne au monde. La vie existe encore, elle existe toujours. Souvenirs anciens que seuls les
vieux peuvent apprécier, et encore, par nostalgie uniquement, car rien ne saurait être pareil de
ce qui a été.
Je vis avec mon temps, je vis dans l'action. Ce pourquoi je suis à Londres et que
j'amplifie l'histoire. N'y rêvez que pour vous motiver à vivre. Je suis venu au monde pour vous
réapprendre à jouir de la vie. Ça commence par les folies. J'en ai déjà beaucoup parlé, mais
vous ne m'avez certes pas entendu. Je vis à Isleworth, Middlesex, London. Je suis en amour
avec une personne qui a douze ans de plus que moi. Je l'ai trompée avec des jeunes de
dix-huit ans qui ne se rendent même pas compte que l'avenir leur appartient. Moi je m'impose
à juste titre, je construis la motivation d'autrui. Fuck ! Que faut-il lancer pour provoquer
une réaction ? Perdu comme le monde l'est.
À travailler, espérant une quelconque promotion qu'ils jugent due. Non ! Rien n'est dû.
Il faut être au-dessus de tout cela. Il faudrait être maître ? Maire de la ville ? Riche
industriel, vedette respectée et adulée ? Comte, Duc, Préfet, Évêques ? Et pourquoi. Qu'y
trouverions-nous sinon cette liste effrayante d'obligations insupportables ? On est bien plus fort dans
le monde des idées. Seul chez soi à reconstruire tous les principes de l'univers à sa guise,
pour soi seul. Ah, la liberté de faire ce que l'on veut, de faire en sorte d'être heureux sans
l'approbation d'autrui. Autrui vous admire pour ce que vous n'êtes pas, et vous détruit
ensuite. Sans cesse nous avons besoin de nous prouver, jusqu'à notre mort. Je pourrais en écrire
tout un roman, et personne n'y verrait l'essence. Vous n'êtes qu'un uf, souvenez-vous. Et
encore, un uf informe. Insuffisamment couvé ou trop couvé. Il n'existe aucun juste milieu
en ce monde. Ce n'est que par les extrêmes que l'on réussit à produire des génies.
Faut-il ignorer encore trop longtemps la portée de telles paroles ? Bien sûr. Personne |
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n'est en position de parler avec un ton aussi pédant, avec une prétention aussi
marquée, alors il faut bien qu'il s'en trouve quelques-uns comme moi pour remettre le monde
en place. Aucun historien de renom ne réussira à nous faire avaler l'histoire qu'il ou que
d'autres auront si stupidement résumée pour la postérité. Personne ne sera jamais
suffisamment qualifié pour dire quoi que ce soit. Pas même moi, surtout pas moi. C'est pourquoi je ne
suis qu'un intermédiaire ignorant qui cherche à motiver à vivre.
Découvrez l'univers ! Sortez pour marcher dans les bois en pleine nuit ! Vous
découvrirez certes quelque chose de différent de votre routine habituelle. Je vous présenterais le
parc Osterley, mais cela ne vous dit rien. J'y ai pourtant écrit bien des pages, j'y ai marché
en plein jour pour nourrir les oiseaux. En pleine nuit j'y ai fait l'amour, éjaculant sur les
feuilles mortes. La beauté n'a pas d'âge, la beauté n'est pas à l'image d'une perfection établie
par ceux qui rêvent trop sans vivre.
J'ai un avenir devant moi seulement parce que je le construis moi-même. Rien ne
viendra d'autrui, rien ne vient jamais d'autrui. Je retire tout ce que j'ai dit, encore et encore. La
vie vaut la peine d'être vécue, si on construit soi-même son avenir. Ça m'en aura pris du
temps pour comprendre ça. Mais c'est tellement d'efforts et d'énergie que parfois on se demande
si ça en vaut la peine. Je réponds, non, cela n'en vaut pas la peine. Vaut mieux vivre et
jouir d'une marche dans les bois. Être heureux ne se résumerait-il donc qu'à une marche à
même la nature ? Oui, car cela apporte la plénitude. La plénitude, la paix intérieure, le
sentiment de la liberté quand bien même il ne s'agirait que d'une heure par jour. Je n'ai pas
changé d'avis en dix années toutes comptées. Les champs verts ne seront jamais une
platitude. Mêlons-y tout ce que cette vie a inventé pour nous divertir, Dieu par exemple. La beauté
de la vie comme synonyme. À moins que votre vision de Dieu ne soit destructrice, ce que
je respecte, croyez-moi. Comme on respecte les mendiants dans les rues, oui. À chacun sa
destinée et ses idées. L'univers est grand et permet l'inondation des pensées les plus
inconcevables. Mais aussi les motivations les plus imprévisibles. Ce que je sais voir lorsque
je m'avance et que je crie sur tous les toits qu'il existe une existence qui en vaut la peine.
Il est deux heures du matin en Belgique, il est à peine minuit à Londres, même pas
six heures du soir en Amérique. Tout n'est-il pas relatif ? Oh certes, nous aurions une mission
à accomplir sans en être trop conscient. Fuck it. Certaines étapes sont plus importantes dans |
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le moment, pour nous qui sommes si loin de la vie spirituelle. Car je sais que plusieurs
sont en quête de cette incroyable destinée, alors que trop peu sont vraiment sur la bonne
voie. Car y a-t-il une bonne voie ? C'est-à-dire qu'est-ce qu'une vie spirituelle? Sinon celle
que l'on se sera fixée. Je ne suis pas vendu à de quelconques courants de pensées insipides
qui n'apportent qu'amères déceptions, parfois seulement après quelques années, sinon des
décennies. Ce livre se nomme L'Éclectisme pour la simple raison que rien n'est concret,
rien n'est juste, rien n'est cohérent, et c'est mieux ainsi. Qui peut avoir la prétention de
parler sur une ligne directrice qui part d'un point et conduit à une finalité parfaite et universelle
? Aucune philosophie n'apportera la vérité. La vérité n'émergera jamais d'aucune
religion. Simplement parce qu'il n'existe que la vérité propre à chacun. Si vous n'avez pas
encore compris cela, payez-vous l'histoire complète de la philosophie en mille sept cents
volumes sans oublier l'existentialisme de Jean-Paul Sartre au passage. Alors vous comprendrez
que personne ne détient la vérité. Il n'existe que ce sentiment de plénitude parfois si difficile
à trouver. Cherchez et vous ne trouverez probablement pas. Faut-il ces romans pour
vous apprendre à vivre, la haute société pour vous apprendre à bien vous comporter,
l'admiration d'autrui pour vous conduire à un état d'ivresse indescriptible. Sautez dans l'héroïne
alors, l'effet aura plus d'impact, sans nécessiter une tâche impossible à accomplir.
De quoi parlai-je donc ? Que comprendre à tout ce blabla ? Est-ce donc à la mode de ne
rien comprendre à l'art ? Revenons sur terre, je parle de l'existence. Tous à un moment ou à
un autre en arriveront à ce même point, nous ne sommes pas seuls en théorie, mais en
vérité nous le sommes. Souffrir, c'est notre destinée.
3
Que faut-il espérer du chapitre trois de
ce livre? Je me force à écrire, comme un devoir à accomplir, une maladie de
naissance qui me force à taper sur ce clavier. Où sommes-nous en ce moment ?
Cela importe peu. Je n'arrive à écrire que lorsque je suis inspiré. Aurais-je |
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donc moi-même une mission à accomplir ? Quelque chose à partager avec les gens, à faire
comprendre ? Je suis saoul, je ne suis qu'un alcoolique. Je n'atteins cet état d'inspiration
que lorsque je suis boosté à l'extrême. Je vis alors davantage dans ma tête qu'en réalité.
J'écris et on me lit. Quelle expérience ai-je qu'ils n'aient pas ? Que puis-je apprendre aux
autres qu'ils ne connaissent déjà ou qu'ils ne puissent apprendre par eux-mêmes ? Mais
n'importe quel autre livre qu'ils liraient ne serait que pure perte de temps. Comme de lire ceci.
Cela n'est que pure perte de temps. Ils sont malheureux car ils ne peuvent pas être heureux.
Ils sont heureux parce qu'ils ne peuvent pas être malheureux. L'indifférence face à tout,
voilà leur vie. Mais ils pourraient vite devenir extrémistes face à tout. Nous connaissons un
peu la nature humaine. Elle prend vite parti et ne voit plus clair. Rejetant tout ce qui est
contraire à sa petite idée bornée et cependant bien grande. Tout mérite d'être méprisé en
cette vie. Tout est toujours à remettre en question à chaque seconde. Sinon, nous sommes
extrémistes. Où cela nous conduira-t-il ? Qu'importe. Faire la guerre à propos de concepts
oubliés, cela est dérisoire et amusant à la fois. Je n'ai pas une grande opinion de la vie,
certainement pas une grande opinion de l'existence d'autrui. Crevez au coin de la rue ou devenez
président des États-Unis, écouté partout dans le monde chaque fois que vous osez prononcer
une parole, cela ne me laisse ni chaud ni froid. Je suis bien au-dessus de tout cela autant
qu'en dessous de tout cela.
Je travaille pour une compagnie qui organise des conférences et tous les jours je
parle avec des directeurs, des chefs de direction, des directeurs de marketing et puis quoi
encore. Qu'est-ce que cela signifie ? Rien. Que font-ils ces directeurs ? Cela est inconcevable.
Je pourrais être un producteur de conférence, ou un directeur adjoint au marketing.
Qu'est-ce que cela signifie ? Rien. Je suis bien au-dessus de tout cela, autant qu'en dessous. Car
je parle du cur, de l'âme, de la vérité, de la connaissance. L'expérience de la vie, peu
importe l'étiquette qui nous caractérise.
J'ai étudié dans les plus grandes écoles qui soient et j'ai refusé le diplôme. Je ne dis
pas que cela ne m'a pas traumatisé pendant des mois, mais aujourd'hui j'en suis fier. Peu
importe pourquoi exactement. Je n'en ai aucune honte. Seulement celle d'avoir terminé
un diplôme universitaire de premier niveau. Que je rendrais sur-le-champ, car cela ne vaut
rien. Me juger sur cela, c'est bien mal me connaître. Mais on n'a jamais connu personne, jamais |
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reconnu personne. Ainsi la vie va. Je ne veux pas de reconnaissance, elle est bien futile à
ma plénitude. Je ne veux pas de récompense, elle ne sera jamais à la hauteur de mon
bonheur. Pourquoi n'y a-t-il que sur l'alcool ou sur la drogue qu'il est possible de voir vraiment
la réalité ? Je suis heureux à Londres. Peu il m'en faudrait pour m'envoler pour le Canada
et devenir le plus misérable des vers de terre. Pourquoi est-il si difficile de comprendre
que nous sommes heureux lorsque nous le sommes ? Faudrait-il sans cesse souffrir
énormément pour revenir ensuite à notre état initial et l'apprécier enfin ?
Je parle de moi, mais je parle d'autrui. Ils peuvent toujours tout transposer à leur vie,
les analogies sont infinies. Ils croient que je n'ai aucune raison de souffrir, comme ils ont
tort. Ne savent-ils pas que la jeune fille en peine d'amour peut souffrir tout autant sinon plus
que le juif qui se fait bouillir à petit feu par les Allemands ? Ne serait-ce qu'à son suicide que
l'on reconnaîtra sa misère insupportable ? Pour qui n'a rien connu de pire, le plus petit
des événements peut devenir un calvaire infernal. La plus petite des maladresses peut
devenir la plus grande honte jamais connue. Nul besoin d'avoir crevé de faim comme moi
pendant cinq ans pour comprendre cela. Au moins j'ai choisi ma destinée, cela compense pour
toutes les souffrances endurées.
Si cela m'avait été imposé, je n'aurais pas survécu. Et voilà ce qu'il en est de l'existence.
4
J'ai un idéal de vie que tous reconnaissent. Les humains ne pensent pas si
différemment les uns que les autres. Certains se perdent, mais au fond d'eux-même, ils ont le même
idéal de vie. Laissez-les traverser les années, les siècles et vous verrez, ils en viendront tous
au même point. De même, nous ne sommes pas si différents de ces animaux sur l'île
Georgia. Des pingouins qui accomplissent tous la même destinée. Tentant de freiner leur prochain
au possible, sans se rendre compte qu'à être un obstacle pour les autres, on devient son
propre obstacle soi-même. Étant jeune, j'étais heureux d'avoir découvert un animal qu'apparem |
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Quelques années plus tard, tous
ont fait le parallèle entre la destinée des lemmings et celle de l'homme.
Serait-on aujourd'hui au point de rencontre de toutes les philosophies ? Qu'en est-il
du Contrat Social de Rousseau ? Du Prince de Machiavel ? De Locke et de Hobbes ? Ils
sont pour moi, certes, essentiels, mais combien tristes. Je vois tellement plus loin,
tellement plus grand, je souhaite tellement davantage que ces lois et ces organisations sociales
faites pour réprimer tout sentiment et toute vie. À ce titre j'aimerais peut-être mieux Albert
Jacquard et Hubert Reeves, qui malgré leur pessimisme marqué, voient tout de même une
porte de sortie positive. Qu'en est-il de cette obsession des armements, de ces bombes
nucléaires ou bactériologiques ? J'ai souvent dit, faites-les sauter vos bombes, on verra ensuite ce
que cela pourra amener de mieux. Quelle idée anarchique, que seul un dérangé comme moi
peut lancer sur les toits. Ce sont les grands événements qui apportent plus rapidement un
retour sur soi, une analyse de tout, une remise en question globale. Qu'autrement on prendrait
des siècles à y parvenir. Après la deuxième guerre mondiale, le philosophe s'est arrêté dans
son élan, puis il a tout rejeté en bloc. On a vu la naissance de courants humanistes dont on
ne sait plus trop ce qu'il en est. La guerre n'est jamais souhaitable, mais il serait vain de
n'y point voir quelques avantages. Sinon, qu'y apprendrions-nous vraiment. Les pires
sujets, ceux qui sont tabous, sont évidemment les seuls qui devraient être traités en
profondeur, compris et acceptés. L'homosexualité, la pédophilie, les agressions sexuelles, la
religion. Qui, quoi, comment, pourquoi.
Seconde tentative. J'ai un idéal de vie à atteindre. Knightsbridge, Sloane Square,
Harvey Nichols, Harrods, Dunhill, Mezzo, Hilton ! Ah ! Et des fourmis partout sur le trottoir. Et
puis je marche dans Battersea Park avec cette jeune personne blonde qui n'a cessé de me
regarder pendant deux mois au travail sur Bressenden Place.
Elle disait être en amour avec moi, moi de même, puis un beau jour cette personne
a disparu. C'était mon idéal. Puis j'entends un rythme effrayant, je vois des lumières
partout, de la fumée, et des gens danser comme des malades mentaux. Björk, Army of me. Björk
est certainement arrivée dans votre village. Mais la musique que j'écoute ne sort pas du
Royaume-Uni. La reine n'est-elle pas belle sur les timbres-poste ? Il y a des égouts à Londres, j'y vais |
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J'ai un idéal de vie à atteindre. Je crois que je déprime. Je ne vais pas vous entraîner dans mon gouffre.
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Ils croient que je ne les vois pas venir de loin. Que je ne ressens pas leur mépris inépuisable, leurs grands airs pour me convaincre qu'ils sont tellement supérieurs à moi. Seraient-ils donc tant convaincus que je ne vaux pas le dixième de leur expérience et de leur cervelle? Ils ont vingt-cinq fois mon salaire, des problèmes d'hypothèques et de crédits. Ils ont une famille complexe, réelle ou projetée. Ils ne sont donc plus de ce monde. Ils ont une vie intérieure, extérieure, puis une autre tout au fond d'eux qu'eux-mêmes ne sauraient atteindre. On me dit qu'il me faut gagner leur respect. Je dois m'habiller ainsi, faire cela, tenter de mériter leur place, et encore, ils me mépriseraient pour ce que jadis j'étais à leurs yeux. Peut-être ne sont-ils qu'insatisfaits sexuellement. Qu'ils prennent donc un bâton et qu'ils se l'enfoncent dans le trou du cul. Je puis les aider s'ils ne s'en sentent pas la force. Mais je les préviens, ça va faire mal. Chaque matin on se lève, écoutant au loin une nécessité de se rendre à Victoria. Nous prenons le train, bondé à pleine capacité, souvent en retard, parfois en grève, pour accomplir bien peu de choses. Le sens le plus commun à tout cela, c'est celui de la survie. On travaille pour gagner de l'argent, pour se payer un endroit où dormir et manger. Ensuite viennent les loisirs, si l'on est assez sage pour économiser. Cette vie ne contente personne. D'autant plus si on n'est qu'un mécréant à travers cette masse. Ils me méprisent pour éviter de réfléchir sur leur condition. Ils me méprisent afin d'oublier qu'ils se méprisent. Un amour-propre rempli de vanité pour suffire à leur sentiment de misère et leur besoin de voir ce monde éclater. Ils arrivent aisément à oublier ce vide impénétrable, en le remplaçant par une prétention presque imperceptible puisque tellement répandue et cimentée à même les institutions. |
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Il n'y a pas de quoi être fier de ce monde. De cette construction impressionnante
d'un système dont personne ne voit la source ni la fin. Je ne parle pas d'une philosophie de la
vie au détriment d'une autre. Qu'ils ne me demandent pas les solutions de rechange, je n'en
ai pas ! Je refuse même de trop me soumettre à la construction d'un idéal utopique.
Qu'ils soient conscients, c'est tout ce que je demande. Ainsi on évitera l'insipide stupidité de
toutes leurs simagrées et leurs humeurs. La conscience d'un ridicule, évite l'enfoncement
dans le ridicule. À se prendre trop au sérieux, on finit par tuer tout le monde, soi-même au
premier plan.
Je ne suis pas Rousseau, ma vie ne leur appartient pas, je n'ai pas à subir la
moindre petite autorité ou même air d'autorité de leur part. Lorsque je les vois se battre pour
un bonus de vingt-cinq livres à la fin de la semaine, je les gifle au visage pour les réveiller.
Ils sont vraiment atteints. Une maladie probablement incurable, un aveuglement sans
possibilité de recouvrement de la vue. La science semble ici ne jouer que le rôle d'un agent
destructeur qui empire notre condition.
J'ai passé les quinze dernières années assis devant un ordinateur. Quelle idée peut-on
se faire de moi alors ? Celle d'un handicapé paraplégique en chaise roulante qui n'a
jamais vécu, qui n'a jamais eu cette chance de sortir au grand air pour aller courir sur les
collines dans les jardins botaniques royaux. Parfois j'ai l'impression moi-même d'être un agent
destructeur d'une négativité à tout casser. Cette vie semble tout faire en son pouvoir pour
tuer tout optimisme. On voudrait même en faire oublier le pessimisme. Il n'y aurait plus
qu'à aller travailler le matin et l'après-midi pour aller ensuite s'écraser devant son téléviseur
le reste de la soirée. Deux jours de congés pour voir ses amis et accomplir toutes les
autres obligations, travaux, formalités impossibles à remplir ou accomplir durant la semaine.
Ainsi on est certain de ne plus réfléchir à sa condition d'humain opprimé par tout et chacun.
Bien sûr qu'ils ne partagent en rien mes idées, ils ne s'arrêtent jamais pour remettre en
question quoi que ce soit. Ils n'ont pas le temps ni l'énergie.
J'ai remis en question ma vie des
dizaines de fois, j'ai vécu dans cinq pays différents, déménagé plus de
vingt-cinq fois, connu des centaines de gens, et je ne suis pas plus avancé que
celui né à Hounslow qui n'a jamais pris un de ces avions qu'il voit à chaque
minute |
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au-dessus de sa tête et qui décollent d'Heathrow vers des horizons inconnus.
Je suis pourtant rempli d'une énergie infinie, prêt à bâtir de grands courants
universels. Je déplacerais les masses, motivant tout un peuple. J'ai cela ancré en moi, avec le
charme qu'il faut pour faire de mes ennemis des amis sûrs. Je suis un maître d'orchestre qui
sait rendre une harmonie à travers l'infinie cacophonie des civilisations. Mais je réprime
tout, comme ceux que je connais, remplis eux aussi de cette inépuisable motivation à vivre,
qui sans cesse est remise à sa place, une place bien basse, cachée dans les profondeurs
des grandes métropoles.
Pourtant, si je me mets à parler, tout de suite on peut m'accuser de parler à tort et
à travers, de radoter, de raconter parfois des stupidités qui marquent mon ignorance
absolue de tout. Pourtant, si je me mets à parler et que l'on m'écoute, je ne suis plus qu'un
agitateur de foule prêt à abuser autrui. C'est vrai. Personne à la tête d'un groupe, d'une collectivité
ou même de la planète entière n'arriverait à quoi que ce soit de bon. C'est que personne
n'a rien à attendre de personne et ne devrait jamais rien attendre de personne. Le salut ne
vient que de soi, pas d'un Jésus-Christ mort et enterré dont Dieu seul sait dans quelles
circonstances et qui risque de nous réapparaître un jour ou l'autre pour pardonner nos péchés
et nous ouvrir les portes d'un pseudo paradis qui saura vite devenir un enfer.
Je vous bénis tout de même si vous avez soif de morale, mais je ne vous ouvrirai pas
les portes du paradis. Mais vous pourrez vous contenter en pensant que de ce fait, je ne
vous ouvrirai pas non plus les portes de l'enfer.
6
Qui est Robert Bourassa ? Un politicien québécois qui est maintenant mort. Et
qu'a-t-il fait ? Je ne m'en souviens pas, on oublie très vite ce genre de chose. On ne retient que
la phrase magique accolée à son tombeau. Quelle est-elle cette phrase demandée à passer à
la légende ? C'était un très bon politicien qui a aidé par ses grandes qualités le développement |
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de sa nation. Cela est-il justifié ? Cela importe-t-il, puisque nous oublions toujours
tout. Pourrions-nous oublier cette phrase passée à l'histoire ? Non, elle servira pour les
cours d'histoire futurs.
Voyez-vous, on résume la vie d'autrui à une phrase. On résume l'histoire à une ligne.
Et tout cela n'est d'aucun intérêt pour personne ici à Londres. Qui est Robert Bourassa ?
Je l'ignore et ce n'est pas très important. Personne n'est vraiment important.
L'accomplissement de quelqu'un est toujours limité. Parfois essentiel et grand, mais souvent ignoré.
Parfois futile, bas, massivement diffusé et apprécié. Ainsi on admire des constructions
bien inutiles et l'on vénère des modèles bien dérisoires.
Un politicien n'est qu'un outil qu'un ordinateur programmé avec des paramètres
bien définis saurait remplacer aisément. Certains politiciens sont irremplaçables, mais
jamais blancs comme neige. Peut-on admirer l'homme ou quelques actions isolées et même
transformées par l'histoire ? Arrêtons un instant pour réfléchir à qui on a appelé génies
cette année. Qu'est-ce qu'un génie ? Combien y en a-t-il dans l'histoire ? Pourquoi le sont-ils
? Leur titre est-il mérité ? Tout cela n'est que concepts qui font se pâmer bien des
gens. Heureusement il y a encore des gens sensés sur cette planète, qui mesurent le pour et
le contre de chaque chose en considérant toutes les variables (et parfois réussissent encore
à prendre les mauvaises décisions). Il est toujours surprenant de retrouver à la tête de
toute grande organisation la ou les personnes que soi-même on juge les moins aptes à
accomplir quoi que ce soit de bon. C'est que les intérêts de chacun diffèrent énormément. Alors
les frictions sont inévitables. Le pouvoir, et pourquoi on l'offre comme un prix à gagner
plutôt qu'une nécessité essentielle, est trop souvent pris pour acquis. Jusqu'au jour où c'est fini
et que le bilan à tous les points de vue est négatif.
J'admire certaines personnes en pouvoir, mais qu'ont-ils fait de concret et de
significatif? Mais avaient-ils besoin d'accomplir quelque chose de concret et de significatif ? Tout
dépend de notre définition du mot pouvoir et si ce pouvoir est bien nécessaire.
Voulons-nous un outil à prendre des décisions, une personnalité amusante pour les journaux dont on
note en pourcentage la popularité de chacune de ses décisions, ou alors un meneur
révolutionnaire qui va tout remettre en question pour le mieux et ensuite va passer à l'histoire ? |
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Mieux, voulons-nous de petits mécréants qui n'accomplissent rien mais qu'un coup
mort nous élèverons au titre d'un Moïse qui a sauvé tout un peuple de l'esclavage et de la
mort certaine ? Prendrions-nous trop au sérieux le pouvoir et à la fois trop à la légère ?
Sans compter que le système destructeur de hiérarchie et d'empiétements des pouvoirs assure
la fin d'un règne assez rapidement et toujours à coup de pied au cul.
Voici 100 milliards de livres en retour de toutes sortes, taxes et impôts inclus.
Comment les dépenser ? Ah, nommons des ministères, des ministres, des députés, etc. Et
dépensons deux fois plus en bout de ligne. Pourquoi ? Où va cet argent ? Cela est inconcevable, cela
n'a pas d'importance. L'important est que nous avons tout dépensé et même deux fois plus
sans brimer notre cote de crédit. Tout gouvernement avec un budget doit être pris au sérieux
et ne peut dépenser à tort et à travers sans rendre compte d'abord à tout et chacun. Cela
est dans la constitution. Il est inutile de réécrire ici la constitution. Mais il faudrait peut-être
la relire et la respecter avant de vouloir la transformer à volonté. Elle n'est peut-être
pas parfaite, mais les gens au pouvoir sont encore pires, à prendre des décisions qui frisent
le ridicule et qui même questionnées ne sont pas remises en question. Mais ne vous
inquiétez pas, ils deviendront tous des héros et passeront tous à l'histoire.
7
Faut-il apprécier la vie pour ce qu'elle n'est pas? Faut-il récompenser les gens pour
ce qu'ils ne sont pas ? Il est difficile de faire autrement, sinon impossible. Peut-être
faut-il baisser les bras et accepter ce monde qui semble imparfait, mais qui vraiment serait
imparfait s'il était à l'image de la perfection que l'on s'en fait. Car la perfection est
relative, comme toute critique bien futile. Ceci est un jugement, tout jugement est aussi bien
relatif. Ainsi il n'y a pas de porte de sortie et le philosophe s'y perd complètement, lui et son
discours inutile. S'il faut tout remettre en question, que reste-t-il en bout de ligne ?
Puisque questionner tout et chacun devient un obstacle et pourrait même arrêter tout et chacun |
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Il serait donc important de ne pas trop exagérer dans sa remise en question
et d'accepter certains éléments comme acquis, sans les questionner davantage. Puisque, je
l'ai déjà dit, l'humain est extrémiste. Il en viendrait vite à se demander s'il y a un sens à
tout cela, jusqu'au point où évidemment il remettra en question tout sens qu'il pourrait
accoler à tout élément, même l'existence.
Rien ne fait sens en ce monde si l'on ne prend pas certains faits pour acquis. Et déjà
ces faits sont discutables et ainsi on se retrouve face à cette question existentielle qui
remet toujours cette idée que, si rien ne fait sens, il est temps de s'inquiéter gravement à
toutes ces variables qui menacent l'univers. Ou alors accepter un autre extrême où finalement
la vie n'en vaut pas la peine. Puisque enfin, pourquoi continuer à vivre si ce n'est que
pour souffrir éternellement ? La plus simple de nos actions est souffrante. Un simple mal de
tête nous le fait comprendre, un seul mouvement est d'un pénible grandement amplifié.
Nous sommes lourds, des masses qui voudraient bien juste s'écraser sur les planchers des
vaches et ne plus bouger. Alors on peut faire entrer la motivation à l'existence dans l'équation.
Le mystère de la spiritualité, de la religion, de Dieu, de la mort, de l'univers, du paranormal,
de la science-fiction, et puis quoi encore. Le suspense, la littérature, les études, la
hiérarchie, la réussite sociale et amoureuse. Mais alors le bilan est toujours tellement effrayant
lorsque l'on regarde en arrière. Ces motivations ont fonctionné, mais n'apportent que des
bilans insipides. C'est ça ma vie ? Eh bien, il semble que oui. Même pour ceux dont
généralement on croit leur bilan de vie rempli et amplement suffisant. Peut-on voir une solution à
ce problème ? Non, car il ne s'agit pas d'un problème. Il s'agit d'une constatation dont il
faudrait peut-être oublier d'en prendre conscience.
Ceux qui réfléchissent trop au sens de la vie sont malheureux, c'est connu. Peut-être
au moins ils savent ensuite apprécier chaque petit élément de leur existence, et cela
serait déjà suffisant pour justifier un tel amas de réflexions sans doute superflues. Prenons
par exemple Londres et la Grande-Bretagne. J'invite n'importe qui à venir marcher sur
Baker Street. Il faudrait également prendre le train à Victoria pour aller jusqu'à Croydon via
Clapham Junction, retourner à la station Paddington, visiter Oxford plus au nord, puis revenir
sur Baker Street. Cela pourrait laisser bien des gens indifférents. Maintenant, j'invite
cette personne à lire l'uvre complète de Sir Arthur Conan Doyle, les Aventures de Sherlock Holmes, |
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Tout serait changé en son esprit. Il verrait vivre ces lieux
en d'autres temps, il deviendrait partie intégrante de quelques enquêtes de Sherlock Holmes
à travers l'Angleterre et serait satisfait. Ainsi il ne vivrait que dans ses idées. Capable
d'apprécier la vie que parce qu'il aurait déjà enregistré quelque chose auparavant. Il est
donc essentiel de se conditionner à aimer la vie par un bagage d'informations qui explicitera
et amplifiera chacun des petits éléments de sa vie. Ainsi il est intéressant et puissant de
songer à la création de l'univers par quelqu'un qui y aurait songé pour devenir en quelque
sorte un songe qui, pour nous, serait bien réel. L'univers ne serait donc qu'une théorie, et
une idée qui au mieux de ses connaissances pourrait à la limite provoquer un sens. À quoi
penserions-nous s'il n'y avait pas cet incroyable amas d'agencements atomiques qui forment
des êtres, des maisons, des planètes et un système social organisé ? À autre chose qui,
certes, n'a pas besoin de tous ces agencements pour s'accomplir.
Nous vivons davantage la nuit dans nos rêves que dans la vie quotidienne. Et tout
semble très réel juste avant que l'on ne soit complètement éveillé, où une autre sorte
d'existence prend place. Certains arrivent à voir et à rêver de choses inconnues de cet univers
appelé concret et réaliste. L'imagination peut être remise en question, mais elle est toujours
présente. Elle est la base de la construction de chaque innovation. Certains sont architectes
de maisons, d'autres de livres ou de musique, d'autres d'univers et de planètes. À prendre
en ligne de compte certaines lois et règles qui parfois sont trop limitées. Il est passionnant
de pouvoir trouver d'autres règles et lois et d'innover à nouveau. Ainsi tout est infini, ou
du moins le semble.
Que l'on m'apporte que Dieu existe ou pas, que l'univers soit créé ou non, qu'il y ait
eu évolution ou non, j'ai tout entendu et je n'ai jamais pris position. Pourquoi ? N'ai-je pas eu
la chance de tout étudier, de tout voir, expérimenter et reconnaître ? J'ai passé en revue
tous les arguments de tous les camps, de gens convaincus de leurs opinions, souvent avec
bien plus d'expérience que je n'en aurai jamais, et encore, je doute, je questionne, je regarde
aux conditions et tout s'évanouit dans mon esprit parce que je me mets à réfléchir à autre
chose qui semble parfois plus concret que ce qui est carrément l'essence de l'existence.
Qu'est-ce que cela me dit ? Je ne sais pas, je dois aller aux toilettes. Puis me faire cuire un déjeuner |
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qui me fera oublier tout ça. Qu'est-ce que cela signifie ? Je n'en sais rien. Pour la simple
et unique raison que je suis monsieur tout le monde qui s'inquiétait terriblement avec
l'idée de devoir avoir un dentier un jour et qui ignorait que vingt ans plus tard on pourrait
tout reconstruire avec des dents de porcelaine au laser dont la différence est pratiquement
nulle. Ah si seulement j'avais su. Mais nous ne savons jamais rien et par conséquent de tels
discours ne devraient jamais trouver de réponses.
———————————————————
Note de l'auteur : Les chapitres 9 à 17 sont assez théoriques. Si vous ne trouvez pas
la lecture plaisante et que vous êtes prêt à abandonner, rendez-vous directement au
chapitre 18.
8
Qu'est la révolution ? Qu'est l'anarchie
? Qu'est la vérité ? Ah. Nous touchons au but. Au but de l'être qu'est le mien.
Mon univers, apparemment incompréhensible à autrui. Si nous prenons la bible de
la sociologie, mon univers s'écroule, encore qu'il est cohérent. Autant que j'en
respecte les définitions. Mais qu'advient-il si j'invente mes propres
définitions et que j'en viens à faire autorité en la matière ? Alors adieu la
sociologie, le politique, la philosophie. Je détiens tous les pouvoirs de mon
univers et vous en êtes prisonnier autant que vous l'appréciez. Mon nom est à
oublier. Un nom limite. Je ne suis pas un nom, je ne suis pas moi. Je suis
autre, et autre parle et autre fait autorité sur tout sujet abordé. Je suis une
autre forme de vie qui vient du monde des idées et qui vit à même l'imagination
d'autrui. Incapable ici de démontrer l'infinie capacité de mes pouvoirs. Et
c'est triste en un sens, mais en ce seul sens c'est triste. Car c'est
l'aliénation qui nous attend tout au bout de |
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cette infinie capacité du monde des idées. Capable de faire oublier les pires conjectures et
nous emmener au-delà de tout et de rien. Car là où il n'y a rien, il y a tout. Plusieurs l'ont
compris, au-delà de toutes espérances. N'y a-t-il justement aucune espérance à attendre d'un tel
fait? Ce fait survient sans crier gare et c'est l'absolution de tous nos péchés, car il n'existe
que dans un monde de réalité tellement loin de nos pensées. Et c'est là que réside tout le
mystère. Me comprenez-vous ? Et quelle importance cela a ? Aucune en l'occurrence, alors
qu'il s'agit d'un simple état de fait. Horrible idée pour tout sociologue en manque de contrôle
sur la vie d'autrui. Dérisoire projet que de tout limiter et de contrôler. Heureusement.
Complexité du monde et de l'univers. Où pensée, espace et temps ne sont qu'unis dans
l'harmonie absolue du tout. Autant dans l'imagination que dans la réalité. Hélas. Mais c'est dans
la distinction de cet état de fait que l'on arrive à comprendre et à vivre. Vivre plus dans
l'imagination que dans la réalité. Et c'est pourquoi on en arrive à dire que l'on vit au-delà de
tout. J'enregistre et j'enregistre pour la postérité. Mais qu'est-ce qu'elle a à en faire la
postérité de cet enregistrement. Rien. Car c'est un projet personnel que je propose et advient
qui pourra atteindre l'état où je suis et vivre la même intensité des images que je vois.
Développer la finesse nécessaire, voir à la même longueur d'onde que la mienne. Mais il faut
que j'aille plus loin que la simple observation de mon état. Il me faut partir et décrire cet
autre univers. Comment est-il ? Ô Dieu être, ô Dieu monde. Vrai, hélas, encore une fois. Mais
que cela ne nous arrête pas. Qu'en est-il de cet univers qui aliène ? Je vais le décrire au
mieux de mon talent limité par le médium que j'utilise et qui est ouvert à la critique, ne
l'oublions pas. Car cela m'arrête constamment dans mon projet de construction.
Mon univers est celui de l'inconnu, et tout le reste n'est que le pouvoir des idées. Je
n'ai jamais parlé c |