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Roland Michel Tremblay           L'Éclectisme           www.anarchistecouronne.com

 

 

L'ÉCLECTISME

 

 

Publié chez :

 

 

Roland Michel Tremblay

 

 

 

44E The Grove, Isleworth, Middlesex, Londres, TW7 4JF, UK

Tél./Fax: +44 (0) 20 8847 5586     Mobile: +44 (0) 794 127 1010

rm@anarchistecouronne.com     www.anarchistecouronne.com

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Roland Michel Tremblay           L'Éclectisme           www.anarchistecouronne.com

L'Éclectisme

L'Éclectisme est né d'une sursaturation de tout. Il a été écrit à Londres et en partie à Dublin. La vie londonienne y est décrite, la vie dans la vente du whisky de l'Écosse jusqu'en Irlande.

L'Éclectisme est une folie. Un livre qui se voulait illisible mais à portée profonde. Le sujet est celui d'un voyage dans l'univers et dans la tête. Un bilan absolu de toutes les philosophies et des courants de pensées que la planète ait portés depuis les derniers millénaires. Un bilan pour célébrer la nouvelle philosophie du prochain millénaire: L'Éclectisme.

L'Éclectisme est un essai philosophique romancé qui ne suit aucun programme ou plan précis. On y apprend à reconsidérer l'univers en entier jusqu'à ce que les points de repères n'existent plus. Au bout de l'anarchie qui compose l'univers, c'est se lancer tête première dans une crise existentielle à travers une parodie contre l'aliénation de tous ces courants de pensée qui se terminent par ismes.

L'Éclectisme, c'est la mort. La mort des idées, des concepts, des philosophies, des courants de pensées, de la science, des religions, de la parole, des sensations, de la politique, de tout et du rien.

Un large extrait de l'Éclectisme a été publié dans Les Saisons Littéraires (Hiver 1997-1998, numéro 13, Éditions Guérin), et neuf chapitres ont été publiés dans un magazine hollandais (L'Universel).

 

ISBN : 2-7479-0014-2       Prix public : 89FF / 14 Euros

En téléchargement gratuit sur www.idlivre.com/rolandmichel.tremblay

Achetez-le sur le site Le Livre Français :

www.livre-francais.com/?tliv=11&idliv=2-7479-0014-2

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Avant-propos

Un large extrait de l'Éclectisme a été publié dans Les Saisons Littéraires (Hiver 1997-1998, numéro 13, Éditions Guérin). L'Éclectisme a été également partiellement publié dans un magazine hollandais (L'Universel).

L'Éclectisme est une folie. Un livre qui se voulait illisible mais à portée profonde. Le sujet est celui d'un voyage dans l'univers et dans la tête. Un bilan absolu de toutes les philosophies et des courants de pensées que la planète ait portés depuis les derniers millénaires. Un bilan pour célébrer la nouvelle philosophie du prochain millénaire: L'Éclectisme.

L'Éclectisme est sans doute un peu trop compliqué pour plaire aux masses. Il s'agit d'un essai philosophique romancé qui ne suit aucun programme ou plan précis. On y apprend à reconsidérer l'univers en entier jusqu'à ce que les points de repères n'existent plus. C'est une remise en question absolue de tout, où le temps, l'espace et la pensée s'entremêlent pour créer un monde des idées plus réel que la vie quotidienne. Avec pour création notre seule imagination, nous sommes chacun le Dieu de notre propre univers et nous le dominons autant que nous apprenons à en prendre conscience. Au bout de l'anarchie qui compose l'univers, c'est se lancer tête première dans une crise existentielle à travers une parodie contre l'aliénation de tous ces courants de pensée qui se terminent par ismes. L'Éclectisme, c'est la mort. La mort des idées, des concepts, des philosophies, des courants de pensées, de la science, des religions, de la parole, des sensations, de la politique, de tout et du rien. C'est là où la littérature en est, après la psychanalyse et la sémiologie. Au-delà du tout, il n'y a rien. Comme au-delà du rien, il y a tout.

L'Éclectisme est né d'une sursaturation de tout. Il a été écrit à Londres et en partie à Dublin. La vie londonienne y est décrite, la vie dans la vente de whisky de l'Écosse jusqu'en Irlande.

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Préface

Après la lecture de ceci, il serait dérisoire de m'assommer avec des concepts insignifiants. Il vaudrait même mieux éviter de me questionner exactement sur son contenu ou de m'attaquer en affirmant que tout ça est une philosophie absurde qui ne saurait être acceptable. Je suis bien conscient que l'on peut contredire le contenu de ce livre dans son essence, et même le contredire à chaque ligne, il s'agit en fait d'une parodie de tous ces courants de pensée qui se terminent par ismes, en premier lieu L'Existentialisme. Le fait demeure qu'il s'agit d'un essai. Un essai que je me suis amusé à écrire et qui devrait demeurer un divertissement pour les sens. Je ne cherche pas à élaborer une nouvelle philosophie de malade mental complètement hors de ce monde, cherchant des justifications jusque dans les développements et les observations de la science actuelle. Je ne cherche qu'à stimuler l'imagination d'autres qui risqueront peut-être de voir le monde un tant soit peu différent et qui peut-être n'hésiteront pas à laisser voguer leur propre imagination vers des chemins éloignés des miens. Et puis si ça vous fait plaisir, je suis prêt à accepter vos qualificatifs de paranoïa et de schizophrénie. Je suis tout ce que vous voulez que je sois et probablement même pire que tout ce que vous pouvez identifier. Et c'est là l'essence de l'existence, un monde éclectique, exactement comme semblent fonctionner notre imagination et l'univers. Tout peut faire sens du jour au lendemain cependant, on découvrira peut-être la grande théorie unificatrice de toutes les théories de ce monde, et alors ce monde éclectique le sera encore davantage, car il ira au-delà de tout ce que l'on aura pu imaginer. Pourtant, le tout se résumera peut-être à une petite équation mathématique qui démontrera que chacune de nos actions ou chacun des événements de cet univers est prévisible jusque dans son essence.

On aura alors, par exemple, une science de la météorologie parfaite. On saura à chaque seconde où risque de tomber quoi sur cette planète, et d'un autre côté il n'existera plus aucun moyen de se faire plaisir à souffrir les déboires d'autrui, puisque l'on pourra tout

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prédire. Mais nous n'en sommes pas encore là, j'ignore s'il pleuvra cet après-midi, le ciel semble incertain. Et dans ces conditions, j'entre de plein fouet dans un univers éclectique qui ne répondra à aucune des nombreuses questions que ce monde ne cesse d'apporter. Là n'est pas le but. Simplement parce que moi-même j'ignore quel est le but de ce livre, j'ignore même s'il a une raison d'être. Je l'ai écrit par pur besoin qui semble venir d'ailleurs que de moi-même. Croyez-moi, j'aimerais autant sortir de cet univers et jouir de la température que de perdre ma vie à tenter d'analyser et de comprendre l'existence. Semblerait que, dans mon cas, on ne fait pas ce que l'on veut de cette vie, on fait ce que l'on doit. Et si vous êtes rebuté après la cinquième page, alors il vous suffit d'aller vous amuser à prédire la météo de cet après-midi.

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Si ce que nous considérons comme réel dépend de notre théorie, comment peut-on faire de la réalité la base de notre philosophie ? Je dirais que je suis réaliste dans le sens où je pense qu'il existe un univers là-bas qui attend d'être étudié et compris. Je considère la position solipsiste - tout est la création de nos propres imaginations - comme une perte de temps.

(Solipsisme : Doctrine où nous-mêmes et notre propre savoir sont la seule réalité.)

 

Stephen Hawking

Black Holes and Baby Universes, and other essays

 

 

 

L'ÉCLECTISME

 

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Je vous propose le voyage d'un initié au-delà de tout, la mer, la terre, l'espace. Je vous invite à vivre la plénitude à un taux de vibration au moins égal à celui de l'univers dont vous ne soupçonnez pas l'existence. Je dis, voyez le ciel et les astres, voguez à travers les étoiles... ne voyez-vous pas la terre humide à l'aube du jour ? Les feuilles d'automne aux couleurs multiples qui craqueront bientôt pour devenir minérales ? Motivation à apprécier l'existence, à découvrir avec exactitude ce que le mot amour tente de définir. Car personne

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n'en a la moindre idée. L'amour n'est tout simplement pas le bon mot. Il n'y a pas plus grande erreur que de s'asseoir et de se demander que faire aujourd'hui. Il n'existe pas de plus grande misère que de se dire le lendemain : les jours et les mois passent, on vieillit et on perd chaque jour davantage l'énergie nécessaire à l'accomplissement d'une destinée.

Je vois un immense champ où toute civilisation est ailleurs. Je vois la nuit dans le foin et les arbres. J'observe une chouette d'un blanc éclatant couver des œufs dans le grenier d'une grange abandonnée, à l'abri des poutres déjà en décomposition. C'est la vie à même la mort. Je vois la foudre mettre le feu à la vie et une chouette qui ne sauvera qu'un seul œuf. Cet œuf, c'est vous. Une structure décomposable jusqu'à la dernière molécule, jusqu'au dernier atome, qui lui-même est décomposable en un milliard de particules qui peuvent devenir immenses pour qui sait faire le point de mire nécessaire. Les idées ne sont-elles pas fortes ? L'imagination n'est-elle pas souvent la seule composante de cette réalité ? Avant d'atteindre les champs, serions-nous sortis du fond des océans ? Dans la noirceur et le calme d'une pression écrasante, pour monter ensuite comme un oiseau vers la surface de la vie, puis voler dans le ciel comme un poisson dans l'espace, trouvant dans chaque consistance de la matière les éléments essentiels à la survie. Jusqu'à la terre ferme, jusqu'au nid qui nous a vu naître pour la énième fois et pourtant la première fois. Il faut s'effondrer de tout son poids entre les branches et les brindilles, respirer le début des jours. Il faut ensuite découvrir ce que sont le soleil et la lune, ce qu'est la lumière du jour et celle de la nuit.

Qui osera encore parler de ce qui est naturel sans savoir ce qu'est la nature de chaque élément et l'infinie capacité de chaque chose. Qui encore ne mérite pas la vie pour ne pas l'avoir regardée une seule fois en face. Qui donc enfermé entre quatre murs de ciment cite des paroles vides pour alimenter la colère et entraîner la destruction de toute vie ? Je dis, écrasez-vous donc dans ce fourré et respirez profondément. Tout le reste n'est que futilité digne des innocents parce qu'incapables d'aspirer en eux les composantes de ce monde. Une vie inspirée n'a que faire des définitions ou du jugement. Elle recherche le bonheur en la plénitude.

Elle arrête de penser à un tas de choses insipides pour observer et méditer la vie qui s'organise et se développe.

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C'est pourquoi je vois les arbres embrasser les animaux qui s'affairent à leurs provisions hivernales. Si la vie de l'humain pouvait crever d'autant de simplicité... s'émerveiller et travailler à s'approvisionner pour l'hiver. Si la grâce caractérisait chaque personne. Si l'émerveillement et l'éveil étaient possibles à chacun. Les uns ne risqueraient pas de détruire les autres, les détourner de leur raison, les priver de toute énergie. Si l'on peut voir la clarté du jour une seule fois, alors on en connaît l'existence. La quête commence alors. Il existe une continuation de chaque élément. D'une génération à une autre, de la famine à l'abondance, mais également de l'abondance à la famine. Une quête de l'absolu et de la connaissance, qui ignore où est le début et où est la fin, puisqu'il n'y a pas de début comme il n'y aura pas de fin.

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Ai-je un nom ? Dois-je en faire quelque chose de respecté ? Non. Je juste, vis. Et vivre peut nous conduire d'un documentaire télévisé à une boîte de nuit londonienne en un instant. Je bois du Cointreau ce soir. Je vivais en Belgique voilà pas longtemps, juste à côté d'où Rimbaud a tiré Verlaine au fusil. Je vous le jure, je n'y pensais pas à cet instant. Je suis maintenant loin d'un coin aussi déprimant. Je vis à même la musique de cette fin de millénaire. J'ai souffert l'enfer d'un damné. Un pauvre paysan qui s'en était promis et puis à la dernière seconde a changé d'avis. Je suis trop grand. Je suis trop puissant. Je suis rempli de cette énergie que l'on gaspille à danser dans les clubs ou à réfléchir à son avenir qui ne viendra jamais. Je plains tout et chacun, autant que je me plains. La vie n'est rien, sauf lorsque l'on est saoul et drogué. Il ne faut jamais s'attendre à des miracles. À de l'éclectique surtout, c'est cela notre vie.

J'ai vécu ! Moi ! J'ai fait l'amour à ce qui existe de plus jeune et de plus beau ! J'aurais pu les garder tout à moi. Leur faire l'amour jusqu'à la fin des temps. Car je suis beau et je suis jeune. La vanité n'a jamais tué personne, seulement elle apporte le mépris des malchanceux et des moins courageux. Avez-vous lu le Rouge et le Noir ? Moi je succombe et je jouis. Je  

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me fiche de ce que raconte le village, la ville, la planète. On ne parlera pas encore de l'univers à votre niveau, l'univers est si ignorant. N'avez-vous jamais essayé les vraies drogues ? Vous comprendriez alors pourquoi on en devient si dépendant. Je parle pour une génération. Pour que l'on ne puisse pas dire qu'avant, cela était mieux. Si c'était mieux dans le temps, c'est que vous vous trouvez à la mauvaise place, avec les mauvaises personnes. Rien de pire que de jouir d'un passé douteux, là où l'action se déroulait des siècles avant que l'on ne vienne au monde. La vie existe encore, elle existe toujours. Souvenirs anciens que seuls les vieux peuvent apprécier, et encore, par nostalgie uniquement, car rien ne saurait être pareil de ce qui a été.

Je vis avec mon temps, je vis dans l'action. Ce pourquoi je suis à Londres et que j'amplifie l'histoire. N'y rêvez que pour vous motiver à vivre. Je suis venu au monde pour vous réapprendre à jouir de la vie. Ça commence par les folies. J'en ai déjà beaucoup parlé, mais vous ne m'avez certes pas entendu. Je vis à Isleworth, Middlesex, London. Je suis en amour avec une personne qui a douze ans de plus que moi. Je l'ai trompée avec des jeunes de dix-huit ans qui ne se rendent même pas compte que l'avenir leur appartient. Moi je m'impose à juste titre, je construis la motivation d'autrui. Fuck ! Que faut-il lancer pour provoquer une réaction ? Perdu comme le monde l'est.

À travailler, espérant une quelconque promotion qu'ils jugent due. Non ! Rien n'est dû. Il faut être au-dessus de tout cela. Il faudrait être maître ? Maire de la ville ? Riche industriel, vedette respectée et adulée ? Comte, Duc, Préfet, Évêques ? Et pourquoi. Qu'y trouverions-nous sinon cette liste effrayante d'obligations insupportables ? On est bien plus fort dans le monde des idées. Seul chez soi à reconstruire tous les principes de l'univers à sa guise, pour soi seul. Ah, la liberté de faire ce que l'on veut, de faire en sorte d'être heureux sans l'approbation d'autrui. Autrui vous admire pour ce que vous n'êtes pas, et vous détruit ensuite. Sans cesse nous avons besoin de nous prouver, jusqu'à notre mort. Je pourrais en écrire tout un roman, et personne n'y verrait l'essence. Vous n'êtes qu'un œuf, souvenez-vous. Et encore, un œuf informe. Insuffisamment couvé ou trop couvé. Il n'existe aucun juste milieu en ce monde. Ce n'est que par les extrêmes que l'on réussit à produire des génies.

Faut-il ignorer encore trop longtemps la portée de telles paroles ? Bien sûr. Personne

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n'est en position de parler avec un ton aussi pédant, avec une prétention aussi marquée, alors il faut bien qu'il s'en trouve quelques-uns comme moi pour remettre le monde en place. Aucun historien de renom ne réussira à nous faire avaler l'histoire qu'il ou que d'autres auront si stupidement résumée pour la postérité. Personne ne sera jamais suffisamment qualifié pour dire quoi que ce soit. Pas même moi, surtout pas moi. C'est pourquoi je ne suis qu'un intermédiaire ignorant qui cherche à motiver à vivre.

Découvrez l'univers ! Sortez pour marcher dans les bois en pleine nuit ! Vous découvrirez certes quelque chose de différent de votre routine habituelle. Je vous présenterais le parc Osterley, mais cela ne vous dit rien. J'y ai pourtant écrit bien des pages, j'y ai marché en plein jour pour nourrir les oiseaux. En pleine nuit j'y ai fait l'amour, éjaculant sur les feuilles mortes. La beauté n'a pas d'âge, la beauté n'est pas à l'image d'une perfection établie par ceux qui rêvent trop sans vivre.

J'ai un avenir devant moi seulement parce que je le construis moi-même. Rien ne viendra d'autrui, rien ne vient jamais d'autrui. Je retire tout ce que j'ai dit, encore et encore. La vie vaut la peine d'être vécue, si on construit soi-même son avenir. Ça m'en aura pris du temps pour comprendre ça. Mais c'est tellement d'efforts et d'énergie que parfois on se demande si ça en vaut la peine. Je réponds, non, cela n'en vaut pas la peine. Vaut mieux vivre et jouir d'une marche dans les bois. Être heureux ne se résumerait-il donc qu'à une marche à même la nature ? Oui, car cela apporte la plénitude. La plénitude, la paix intérieure, le sentiment de la liberté quand bien même il ne s'agirait que d'une heure par jour. Je n'ai pas changé d'avis en dix années toutes comptées. Les champs verts ne seront jamais une platitude. Mêlons-y tout ce que cette vie a inventé pour nous divertir, Dieu par exemple. La beauté de la vie comme synonyme. À moins que votre vision de Dieu ne soit destructrice, ce que je respecte, croyez-moi. Comme on respecte les mendiants dans les rues, oui. À chacun sa destinée et ses idées. L'univers est grand et permet l'inondation des pensées les plus inconcevables. Mais aussi les motivations les plus imprévisibles. Ce que je sais voir lorsque je m'avance et que je crie sur tous les toits qu'il existe une existence qui en vaut la peine.

Il est deux heures du matin en Belgique, il est à peine minuit à Londres, même pas six heures du soir en Amérique. Tout n'est-il pas relatif ? Oh certes, nous aurions une mission à accomplir sans en être trop conscient. Fuck it.  Certaines étapes sont plus importantes dans

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le moment, pour nous qui sommes si loin de la vie spirituelle. Car je sais que plusieurs sont en quête de cette incroyable destinée, alors que trop peu sont vraiment sur la bonne voie. Car y a-t-il une bonne voie ? C'est-à-dire qu'est-ce qu'une vie spirituelle? Sinon celle que l'on se sera fixée. Je ne suis pas vendu à de quelconques courants de pensées insipides qui n'apportent qu'amères déceptions, parfois seulement après quelques années, sinon des décennies. Ce livre se nomme L'Éclectisme pour la simple raison que rien n'est concret, rien n'est juste, rien n'est cohérent, et c'est mieux ainsi. Qui peut avoir la prétention de parler sur une ligne directrice qui part d'un point et conduit à une finalité parfaite et universelle ? Aucune philosophie n'apportera la vérité. La vérité n'émergera jamais d'aucune religion. Simplement parce qu'il n'existe que la vérité propre à chacun. Si vous n'avez pas encore compris cela, payez-vous l'histoire complète de la philosophie en mille sept cents volumes sans oublier l'existentialisme de Jean-Paul Sartre au passage. Alors vous comprendrez que personne ne détient la vérité. Il n'existe que ce sentiment de plénitude parfois si difficile à trouver. Cherchez et vous ne trouverez probablement pas. Faut-il ces romans pour vous apprendre à vivre, la haute société pour vous apprendre à bien vous comporter, l'admiration d'autrui pour vous conduire à un état d'ivresse indescriptible. Sautez dans l'héroïne alors, l'effet aura plus d'impact, sans nécessiter une tâche impossible à accomplir.

De quoi parlai-je donc ? Que comprendre à tout ce blabla ? Est-ce donc à la mode de ne rien comprendre à l'art ? Revenons sur terre, je parle de l'existence. Tous à un moment ou à un autre en arriveront à ce même point, nous ne sommes pas seuls en théorie, mais en vérité nous le sommes. Souffrir, c'est notre destinée.

 

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Que faut-il espérer du chapitre trois de ce livre? Je me force à écrire, comme un devoir à accomplir, une maladie de naissance qui me force à taper sur ce clavier. Où sommes-nous en ce moment ? Cela importe peu. Je n'arrive à écrire que lorsque je suis inspiré. Aurais-je  

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donc moi-même une mission à accomplir ? Quelque chose à partager avec les gens, à faire comprendre ? Je suis saoul, je ne suis qu'un alcoolique. Je n'atteins cet état d'inspiration que lorsque je suis boosté à l'extrême. Je vis alors davantage dans ma tête qu'en réalité. J'écris et on me lit. Quelle expérience ai-je qu'ils n'aient pas ? Que puis-je apprendre aux autres qu'ils ne connaissent déjà ou qu'ils ne puissent apprendre par eux-mêmes ? Mais n'importe quel autre livre qu'ils liraient ne serait que pure perte de temps. Comme de lire ceci. Cela n'est que pure perte de temps. Ils sont malheureux car ils ne peuvent pas être heureux. Ils sont heureux parce qu'ils ne peuvent pas être malheureux. L'indifférence face à tout, voilà leur vie. Mais ils pourraient vite devenir extrémistes face à tout. Nous connaissons un peu la nature humaine. Elle prend vite parti et ne voit plus clair. Rejetant tout ce qui est contraire à sa petite idée bornée et cependant bien grande. Tout mérite d'être méprisé en cette vie. Tout est toujours à remettre en question à chaque seconde. Sinon, nous sommes extrémistes. Où cela nous conduira-t-il ? Qu'importe. Faire la guerre à propos de concepts oubliés, cela est dérisoire et amusant à la fois. Je n'ai pas une grande opinion de la vie, certainement pas une grande opinion de l'existence d'autrui. Crevez au coin de la rue ou devenez président des États-Unis, écouté partout dans le monde chaque fois que vous osez prononcer une parole, cela ne me laisse ni chaud ni froid. Je suis bien au-dessus de tout cela autant qu'en dessous de tout cela.

Je travaille pour une compagnie qui organise des conférences et tous les jours je parle avec des directeurs, des chefs de direction, des directeurs de marketing et puis quoi encore. Qu'est-ce que cela signifie ? Rien. Que font-ils ces directeurs ? Cela est inconcevable. Je pourrais être un producteur de conférence, ou un directeur adjoint au marketing. Qu'est-ce que cela signifie ? Rien. Je suis bien au-dessus de tout cela, autant qu'en dessous. Car je parle du cœur, de l'âme, de la vérité, de la connaissance. L'expérience de la vie, peu importe l'étiquette qui nous caractérise.

J'ai étudié dans les plus grandes écoles qui soient et j'ai refusé le diplôme. Je ne dis pas que cela ne m'a pas traumatisé pendant des mois, mais aujourd'hui j'en suis fier. Peu importe pourquoi exactement. Je n'en ai aucune honte. Seulement celle d'avoir terminé un diplôme universitaire de premier niveau. Que je rendrais sur-le-champ, car cela ne vaut rien. Me juger sur cela, c'est bien mal me connaître. Mais on n'a jamais connu personne, jamais

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reconnu personne. Ainsi la vie va. Je ne veux pas de reconnaissance, elle est bien futile à ma plénitude. Je ne veux pas de récompense, elle ne sera jamais à la hauteur de mon bonheur. Pourquoi n'y a-t-il que sur l'alcool ou sur la drogue qu'il est possible de voir vraiment la réalité ? Je suis heureux à Londres. Peu il m'en faudrait pour m'envoler pour le Canada et devenir le plus misérable des vers de terre. Pourquoi est-il si difficile de comprendre que nous sommes heureux lorsque nous le sommes ? Faudrait-il sans cesse souffrir énormément pour revenir ensuite à notre état initial et l'apprécier enfin ?

Je parle de moi, mais je parle d'autrui. Ils peuvent toujours tout transposer à leur vie, les analogies sont infinies. Ils croient que je n'ai aucune raison de souffrir, comme ils ont tort. Ne savent-ils pas que la jeune fille en peine d'amour peut souffrir tout autant sinon plus que le juif qui se fait bouillir à petit feu par les Allemands ? Ne serait-ce qu'à son suicide que l'on reconnaîtra sa misère insupportable ? Pour qui n'a rien connu de pire, le plus petit des événements peut devenir un calvaire infernal. La plus petite des maladresses peut devenir la plus grande honte jamais connue. Nul besoin d'avoir crevé de faim comme moi pendant cinq ans pour comprendre cela. Au moins j'ai choisi ma destinée, cela compense pour toutes les souffrances endurées.

Si cela m'avait été imposé, je n'aurais pas survécu. Et voilà ce qu'il en est de l'existence.

 

4

J'ai un idéal de vie que tous reconnaissent. Les humains ne pensent pas si différemment les uns que les autres. Certains se perdent, mais au fond d'eux-même, ils ont le même idéal de vie. Laissez-les traverser les années, les siècles et vous verrez, ils en viendront tous au même point. De même, nous ne sommes pas si différents de ces animaux sur l'île Georgia. Des pingouins qui accomplissent tous la même destinée. Tentant de freiner leur prochain au possible, sans se rendre compte qu'à être un obstacle pour les autres, on devient son propre obstacle soi-même. Étant jeune, j'étais heureux d'avoir découvert un animal qu'apparemment peu de gens avaient entendu parler, le lemming.

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Quelques années plus tard, tous ont fait le parallèle entre la destinée des lemmings et celle de l'homme.

Serait-on aujourd'hui au point de rencontre de toutes les philosophies ? Qu'en est-il du Contrat Social de Rousseau ? Du Prince de Machiavel ? De Locke et de Hobbes ? Ils sont pour moi, certes, essentiels, mais combien tristes. Je vois tellement plus loin, tellement plus grand, je souhaite tellement davantage que ces lois et ces organisations sociales faites pour réprimer tout sentiment et toute vie. À ce titre j'aimerais peut-être mieux Albert Jacquard et Hubert Reeves, qui malgré leur pessimisme marqué, voient tout de même une porte de sortie positive. Qu'en est-il de cette obsession des armements, de ces bombes nucléaires ou bactériologiques ? J'ai souvent dit, faites-les sauter vos bombes, on verra ensuite ce que cela pourra amener de mieux. Quelle idée anarchique, que seul un dérangé comme moi peut lancer sur les toits. Ce sont les grands événements qui apportent plus rapidement un retour sur soi, une analyse de tout, une remise en question globale. Qu'autrement on prendrait des siècles à y parvenir. Après la deuxième guerre mondiale, le philosophe s'est arrêté dans son élan, puis il a tout rejeté en bloc. On a vu la naissance de courants humanistes dont on ne sait plus trop ce qu'il en est. La guerre n'est jamais souhaitable, mais il serait vain de n'y point voir quelques avantages. Sinon, qu'y apprendrions-nous vraiment. Les pires sujets, ceux qui sont tabous, sont évidemment les seuls qui devraient être traités en profondeur, compris et acceptés. L'homosexualité, la pédophilie, les agressions sexuelles, la religion. Qui, quoi, comment, pourquoi.

Seconde tentative. J'ai un idéal de vie à atteindre. Knightsbridge, Sloane Square, Harvey Nichols, Harrods, Dunhill, Mezzo, Hilton ! Ah ! Et des fourmis partout sur le trottoir. Et puis je marche dans Battersea Park avec cette jeune personne blonde qui n'a cessé de me regarder pendant deux mois au travail sur Bressenden Place.

Elle disait être en amour avec moi, moi de même, puis un beau jour cette personne a disparu. C'était mon idéal. Puis j'entends un rythme effrayant, je vois des lumières partout, de la fumée, et des gens danser comme des malades mentaux. Björk, Army of me. Björk est certainement arrivée dans votre village. Mais la musique que j'écoute ne sort pas du Royaume-Uni. La reine n'est-elle pas belle sur les timbres-poste ? Il y a des égouts à Londres, j'y vais souvent. J'y vivais pratiquement, et j'y vivrai encore.

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J'ai un idéal de vie à atteindre. Je crois que je déprime. Je ne vais pas vous entraîner dans mon gouffre.

 

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Ils croient que je ne les vois pas venir de loin. Que je ne ressens pas leur mépris inépuisable, leurs grands airs pour me convaincre qu'ils sont tellement supérieurs à moi. Seraient-ils donc tant convaincus que je ne vaux pas le dixième de leur expérience et de leur cervelle? Ils ont vingt-cinq fois mon salaire, des problèmes d'hypothèques et de crédits. Ils ont une famille complexe, réelle ou projetée. Ils ne sont donc plus de ce monde. Ils ont une vie intérieure, extérieure, puis une autre tout au fond d'eux qu'eux-mêmes ne sauraient atteindre. On me dit qu'il me faut gagner leur respect. Je dois m'habiller ainsi, faire cela, tenter de mériter leur place, et encore, ils me mépriseraient pour ce que jadis j'étais à leurs yeux. Peut-être ne sont-ils qu'insatisfaits sexuellement. Qu'ils prennent donc un bâton et qu'ils se l'enfoncent dans le trou du cul. Je puis les aider s'ils ne s'en sentent pas la force. Mais je les préviens, ça va faire mal.

Chaque matin on se lève, écoutant au loin une nécessité de se rendre à Victoria. Nous prenons le train, bondé à pleine capacité, souvent en retard, parfois en grève, pour accomplir bien peu de choses. Le sens le plus commun à tout cela, c'est celui de la survie. On travaille pour gagner de l'argent, pour se payer un endroit où dormir et manger. Ensuite viennent les loisirs, si l'on est assez sage pour économiser. Cette vie ne contente personne. D'autant plus si on n'est qu'un mécréant à travers cette masse. Ils me méprisent pour éviter de réfléchir sur leur condition. Ils me méprisent afin d'oublier qu'ils se méprisent. Un amour-propre rempli de vanité pour suffire à leur sentiment de misère et leur besoin de voir ce monde éclater. Ils arrivent aisément à oublier ce vide impénétrable, en le remplaçant par une prétention presque imperceptible puisque tellement répandue et cimentée à même les institutions.

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Il n'y a pas de quoi être fier de ce monde. De cette construction impressionnante d'un système dont personne ne voit la source ni la fin. Je ne parle pas d'une philosophie de la vie au détriment d'une autre. Qu'ils ne me demandent pas les solutions de rechange, je n'en ai pas ! Je refuse même de trop me soumettre à la construction d'un idéal utopique. Qu'ils soient conscients, c'est tout ce que je demande. Ainsi on évitera l'insipide stupidité de toutes leurs simagrées et leurs humeurs. La conscience d'un ridicule, évite l'enfoncement dans le ridicule. À se prendre trop au sérieux, on finit par tuer tout le monde, soi-même au premier plan.

Je ne suis pas Rousseau, ma vie ne leur appartient pas, je n'ai pas à subir la moindre petite autorité ou même air d'autorité de leur part. Lorsque je les vois se battre pour un bonus de vingt-cinq livres à la fin de la semaine, je les gifle au visage pour les réveiller. Ils sont vraiment atteints. Une maladie probablement incurable, un aveuglement sans possibilité de recouvrement de la vue. La science semble ici ne jouer que le rôle d'un agent destructeur qui empire notre condition.

J'ai passé les quinze dernières années assis devant un ordinateur. Quelle idée peut-on se faire de moi alors ? Celle d'un handicapé paraplégique en chaise roulante qui n'a jamais vécu, qui n'a jamais eu cette chance de sortir au grand air pour aller courir sur les collines dans les jardins botaniques royaux. Parfois j'ai l'impression moi-même d'être un agent destructeur d'une négativité à tout casser. Cette vie semble tout faire en son pouvoir pour tuer tout optimisme. On voudrait même en faire oublier le pessimisme. Il n'y aurait plus qu'à aller travailler le matin et l'après-midi pour aller ensuite s'écraser devant son téléviseur le reste de la soirée. Deux jours de congés pour voir ses amis et accomplir toutes les autres obligations, travaux, formalités impossibles à remplir ou accomplir durant la semaine. Ainsi on est certain de ne plus réfléchir à sa condition d'humain opprimé par tout et chacun. Bien sûr qu'ils ne partagent en rien mes idées, ils ne s'arrêtent jamais pour remettre en question quoi que ce soit. Ils n'ont pas le temps ni l'énergie.

J'ai remis en question ma vie des dizaines de fois, j'ai vécu dans cinq pays différents, déménagé plus de vingt-cinq fois, connu des centaines de gens, et je ne suis pas plus avancé que celui né à Hounslow qui n'a jamais pris un de ces avions qu'il voit à chaque minute  

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au-dessus de sa tête et qui décollent d'Heathrow vers des horizons inconnus.

Je suis pourtant rempli d'une énergie infinie, prêt à bâtir de grands courants universels. Je déplacerais les masses, motivant tout un peuple. J'ai cela ancré en moi, avec le charme qu'il faut pour faire de mes ennemis des amis sûrs. Je suis un maître d'orchestre qui sait rendre une harmonie à travers l'infinie cacophonie des civilisations. Mais je réprime tout, comme ceux que je connais, remplis eux aussi de cette inépuisable motivation à vivre, qui sans cesse est remise à sa place, une place bien basse, cachée dans les profondeurs des grandes métropoles.

Pourtant, si je me mets à parler, tout de suite on peut m'accuser de parler à tort et à travers, de radoter, de raconter parfois des stupidités qui marquent mon ignorance absolue de tout. Pourtant, si je me mets à parler et que l'on m'écoute, je ne suis plus qu'un agitateur de foule prêt à abuser autrui. C'est vrai. Personne à la tête d'un groupe, d'une collectivité ou même de la planète entière n'arriverait à quoi que ce soit de bon. C'est que personne n'a rien à attendre de personne et ne devrait jamais rien attendre de personne. Le salut ne vient que de soi, pas d'un Jésus-Christ mort et enterré dont Dieu seul sait dans quelles circonstances et qui risque de nous réapparaître un jour ou l'autre pour pardonner nos péchés et nous ouvrir les portes d'un pseudo paradis qui saura vite devenir un enfer.

Je vous bénis tout de même si vous avez soif de morale, mais je ne vous ouvrirai pas les portes du paradis. Mais vous pourrez vous contenter en pensant que de ce fait, je ne vous ouvrirai pas non plus les portes de l'enfer.

 

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Qui est Robert Bourassa ? Un politicien québécois qui est maintenant mort. Et qu'a-t-il fait ? Je ne m'en souviens pas, on oublie très vite ce genre de chose. On ne retient que la phrase magique accolée à son tombeau. Quelle est-elle cette phrase demandée à passer à la légende ? C'était un très bon politicien qui a aidé par ses grandes qualités le développement

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de sa nation. Cela est-il justifié ? Cela importe-t-il, puisque nous oublions toujours tout. Pourrions-nous oublier cette phrase passée à l'histoire ? Non, elle servira pour les cours d'histoire futurs.

Voyez-vous, on résume la vie d'autrui à une phrase. On résume l'histoire à une ligne. Et tout cela n'est d'aucun intérêt pour personne ici à Londres. Qui est Robert Bourassa ? Je l'ignore et ce n'est pas très important. Personne n'est vraiment important. L'accomplissement de quelqu'un est toujours limité. Parfois essentiel et grand, mais souvent ignoré. Parfois futile, bas, massivement diffusé et apprécié. Ainsi on admire des constructions bien inutiles et l'on vénère des modèles bien dérisoires.

Un politicien n'est qu'un outil qu'un ordinateur programmé avec des paramètres bien définis saurait remplacer aisément. Certains politiciens sont irremplaçables, mais jamais blancs comme neige. Peut-on admirer l'homme ou quelques actions isolées et même transformées par l'histoire ? Arrêtons un instant pour réfléchir à qui on a appelé génies cette année. Qu'est-ce qu'un génie ? Combien y en a-t-il dans l'histoire ? Pourquoi le sont-ils ? Leur titre est-il mérité ? Tout cela n'est que concepts qui font se pâmer bien des gens. Heureusement il y a encore des gens sensés sur cette planète, qui mesurent le pour et le contre de chaque chose en considérant toutes les variables (et parfois réussissent encore à prendre les mauvaises décisions). Il est toujours surprenant de retrouver à la tête de toute grande organisation la ou les personnes que soi-même on juge les moins aptes à accomplir quoi que ce soit de bon. C'est que les intérêts de chacun diffèrent énormément. Alors les frictions sont inévitables. Le pouvoir, et pourquoi on l'offre comme un prix à gagner plutôt qu'une nécessité essentielle, est trop souvent pris pour acquis. Jusqu'au jour où c'est fini et que le bilan à tous les points de vue est négatif.

J'admire certaines personnes en pouvoir, mais qu'ont-ils fait de concret et de significatif? Mais avaient-ils besoin d'accomplir quelque chose de concret et de significatif ? Tout dépend de notre définition du mot pouvoir et si ce pouvoir est bien nécessaire. Voulons-nous un outil à prendre des décisions, une personnalité amusante pour les journaux dont on note en pourcentage la popularité de chacune de ses décisions, ou alors un meneur révolutionnaire qui va tout remettre en question pour le mieux et ensuite va passer à l'histoire ?

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Mieux, voulons-nous de petits mécréants qui n'accomplissent rien mais qu'un coup mort nous élèverons au titre d'un Moïse qui a sauvé tout un peuple de l'esclavage et de la mort certaine ? Prendrions-nous trop au sérieux le pouvoir et à la fois trop à la légère ? Sans compter que le système destructeur de hiérarchie et d'empiétements des pouvoirs assure la fin d'un règne assez rapidement et toujours à coup de pied au cul.

Voici 100 milliards de livres en retour de toutes sortes, taxes et impôts inclus. Comment les dépenser ? Ah, nommons des ministères, des ministres, des députés, etc. Et dépensons deux fois plus en bout de ligne. Pourquoi ? Où va cet argent ? Cela est inconcevable, cela n'a pas d'importance. L'important est que nous avons tout dépensé et même deux fois plus sans brimer notre cote de crédit. Tout gouvernement avec un budget doit être pris au sérieux et ne peut dépenser à tort et à travers sans rendre compte d'abord à tout et chacun. Cela est dans la constitution. Il est inutile de réécrire ici la constitution. Mais il faudrait peut-être la relire et la respecter avant de vouloir la transformer à volonté. Elle n'est peut-être pas parfaite, mais les gens au pouvoir sont encore pires, à prendre des décisions qui frisent le ridicule et qui même questionnées ne sont pas remises en question. Mais ne vous inquiétez pas, ils deviendront tous des héros et passeront tous à l'histoire.

 

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Faut-il apprécier la vie pour ce qu'elle n'est pas? Faut-il récompenser les gens pour ce qu'ils ne sont pas ? Il est difficile de faire autrement, sinon impossible. Peut-être faut-il baisser les bras et accepter ce monde qui semble imparfait, mais qui vraiment serait imparfait s'il était à l'image de la perfection que l'on s'en fait. Car la perfection est relative, comme toute critique bien futile. Ceci est un jugement, tout jugement est aussi bien relatif. Ainsi il n'y a pas de porte de sortie et le philosophe s'y perd complètement, lui et son discours inutile. S'il faut tout remettre en question, que reste-t-il en bout de ligne ? Puisque questionner tout et chacun devient un obstacle et pourrait même arrêter tout et chacun dans son élan.

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Il serait donc important de ne pas trop exagérer dans sa remise en question et d'accepter certains éléments comme acquis, sans les questionner davantage. Puisque, je l'ai déjà dit, l'humain est extrémiste. Il en viendrait vite à se demander s'il y a un sens à tout cela, jusqu'au point où évidemment il remettra en question tout sens qu'il pourrait accoler à tout élément, même l'existence.

Rien ne fait sens en ce monde si l'on ne prend pas certains faits pour acquis. Et déjà ces faits sont discutables et ainsi on se retrouve face à cette question existentielle qui remet toujours cette idée que, si rien ne fait sens, il est temps de s'inquiéter gravement à toutes ces variables qui menacent l'univers. Ou alors accepter un autre extrême où finalement la vie n'en vaut pas la peine. Puisque enfin, pourquoi continuer à vivre si ce n'est que pour souffrir éternellement ? La plus simple de nos actions est souffrante. Un simple mal de tête nous le fait comprendre, un seul mouvement est d'un pénible grandement amplifié. Nous sommes lourds, des masses qui voudraient bien juste s'écraser sur les planchers des vaches et ne plus bouger. Alors on peut faire entrer la motivation à l'existence dans l'équation. Le mystère de la spiritualité, de la religion, de Dieu, de la mort, de l'univers, du paranormal, de la science-fiction, et puis quoi encore. Le suspense, la littérature, les études, la hiérarchie, la réussite sociale et amoureuse. Mais alors le bilan est toujours tellement effrayant lorsque l'on regarde en arrière. Ces motivations ont fonctionné, mais n'apportent que des bilans insipides. C'est ça ma vie ? Eh bien, il semble que oui. Même pour ceux dont généralement on croit leur bilan de vie rempli et amplement suffisant. Peut-on voir une solution à ce problème ? Non, car il ne s'agit pas d'un problème. Il s'agit d'une constatation dont il faudrait peut-être oublier d'en prendre conscience.

Ceux qui réfléchissent trop au sens de la vie sont malheureux, c'est connu. Peut-être au moins ils savent ensuite apprécier chaque petit élément de leur existence, et cela serait déjà suffisant pour justifier un tel amas de réflexions sans doute superflues. Prenons par exemple Londres et la Grande-Bretagne. J'invite n'importe qui à venir marcher sur Baker Street. Il faudrait également prendre le train à Victoria pour aller jusqu'à Croydon via Clapham Junction, retourner à la station Paddington, visiter Oxford plus au nord, puis revenir sur Baker Street. Cela pourrait laisser bien des gens indifférents. Maintenant, j'invite cette personne à lire l'œuvre complète de Sir Arthur Conan Doyle, les Aventures de Sherlock Holmes, puis à refaire le même voyage.

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Tout serait changé en son esprit. Il verrait vivre ces lieux en d'autres temps, il deviendrait partie intégrante de quelques enquêtes de Sherlock Holmes à travers l'Angleterre et serait satisfait. Ainsi il ne vivrait que dans ses idées. Capable d'apprécier la vie que parce qu'il aurait déjà enregistré quelque chose auparavant. Il est donc essentiel de se conditionner à aimer la vie par un bagage d'informations qui explicitera et amplifiera chacun des petits éléments de sa vie. Ainsi il est intéressant et puissant de songer à la création de l'univers par quelqu'un qui y aurait songé pour devenir en quelque sorte un songe qui, pour nous, serait bien réel. L'univers ne serait donc qu'une théorie, et une idée qui au mieux de ses connaissances pourrait à la limite provoquer un sens. À quoi penserions-nous s'il n'y avait pas cet incroyable amas d'agencements atomiques qui forment des êtres, des maisons, des planètes et un système social organisé ? À autre chose qui, certes, n'a pas besoin de tous ces agencements pour s'accomplir.

Nous vivons davantage la nuit dans nos rêves que dans la vie quotidienne. Et tout semble très réel juste avant que l'on ne soit complètement éveillé, où une autre sorte d'existence prend place. Certains arrivent à voir et à rêver de choses inconnues de cet univers appelé concret et réaliste. L'imagination peut être remise en question, mais elle est toujours présente. Elle est la base de la construction de chaque innovation. Certains sont architectes de maisons, d'autres de livres ou de musique, d'autres d'univers et de planètes. À prendre en ligne de compte certaines lois et règles qui parfois sont trop limitées. Il est passionnant de pouvoir trouver d'autres règles et lois et d'innover à nouveau. Ainsi tout est infini, ou du moins le semble.

Que l'on m'apporte que Dieu existe ou pas, que l'univers soit créé ou non, qu'il y ait eu évolution ou non, j'ai tout entendu et je n'ai jamais pris position. Pourquoi ? N'ai-je pas eu la chance de tout étudier, de tout voir, expérimenter et reconnaître ? J'ai passé en revue tous les arguments de tous les camps, de gens convaincus de leurs opinions, souvent avec bien plus d'expérience que je n'en aurai jamais, et encore, je doute, je questionne, je regarde aux conditions et tout s'évanouit dans mon esprit parce que je me mets à réfléchir à autre chose qui semble parfois plus concret que ce qui est carrément l'essence de l'existence. Qu'est-ce que cela me dit ? Je ne sais pas, je dois aller aux toilettes. Puis me faire cuire un déjeuner

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qui me fera oublier tout ça. Qu'est-ce que cela signifie ? Je n'en sais rien. Pour la simple et unique raison que je suis monsieur tout le monde qui s'inquiétait terriblement avec l'idée de devoir avoir un dentier un jour et qui ignorait que vingt ans plus tard on pourrait tout reconstruire avec des dents de porcelaine au laser dont la différence est pratiquement nulle. Ah si seulement j'avais su. Mais nous ne savons jamais rien et par conséquent de tels discours ne devraient jamais trouver de réponses.

 

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Note de l'auteur : Les chapitres 9 à 17 sont assez théoriques. Si vous ne trouvez pas la lecture plaisante et que vous êtes prêt à abandonner, rendez-vous directement au chapitre 18.

 

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Qu'est la révolution ? Qu'est l'anarchie ? Qu'est la vérité ? Ah. Nous touchons au but. Au but de l'être qu'est le mien. Mon univers, apparemment incompréhensible à autrui. Si nous prenons la bible de la sociologie, mon univers s'écroule, encore qu'il est cohérent. Autant que j'en respecte les définitions. Mais qu'advient-il si j'invente mes propres définitions et que j'en viens à faire autorité en la matière ? Alors adieu la sociologie, le politique, la philosophie. Je détiens tous les pouvoirs de mon univers et vous en êtes prisonnier autant que vous l'appréciez. Mon nom est à oublier. Un nom limite. Je ne suis pas un nom, je ne suis pas moi. Je suis autre, et autre parle et autre fait autorité sur tout sujet abordé. Je suis une autre forme de vie qui vient du monde des idées et qui vit à même l'imagination d'autrui. Incapable ici de démontrer l'infinie capacité de mes pouvoirs. Et c'est triste en un sens, mais en ce seul sens c'est triste. Car c'est l'aliénation qui nous attend tout au bout de  

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cette infinie capacité du monde des idées. Capable de faire oublier les pires conjectures et nous emmener au-delà de tout et de rien. Car là où il n'y a rien, il y a tout. Plusieurs l'ont compris, au-delà de toutes espérances. N'y a-t-il justement aucune espérance à attendre d'un tel fait? Ce fait survient sans crier gare et c'est l'absolution de tous nos péchés, car il n'existe que dans un monde de réalité tellement loin de nos pensées. Et c'est là que réside tout le mystère. Me comprenez-vous ? Et quelle importance cela a ? Aucune en l'occurrence, alors qu'il s'agit d'un simple état de fait. Horrible idée pour tout sociologue en manque de contrôle sur la vie d'autrui. Dérisoire projet que de tout limiter et de contrôler. Heureusement. Complexité du monde et de l'univers. Où pensée, espace et temps ne sont qu'unis dans l'harmonie absolue du tout. Autant dans l'imagination que dans la réalité. Hélas. Mais c'est dans la distinction de cet état de fait que l'on arrive à comprendre et à vivre. Vivre plus dans l'imagination que dans la réalité. Et c'est pourquoi on en arrive à dire que l'on vit au-delà de tout. J'enregistre et j'enregistre pour la postérité. Mais qu'est-ce qu'elle a à en faire la postérité de cet enregistrement. Rien. Car c'est un projet personnel que je propose et advient qui pourra atteindre l'état où je suis et vivre la même intensité des images que je vois. Développer la finesse nécessaire, voir à la même longueur d'onde que la mienne. Mais il faut que j'aille plus loin que la simple observation de mon état. Il me faut partir et décrire cet autre univers. Comment est-il ? Ô Dieu être, ô Dieu monde. Vrai, hélas, encore une fois. Mais que cela ne nous arrête pas. Qu'en est-il de cet univers qui aliène ? Je vais le décrire au mieux de mon talent limité par le médium que j'utilise et qui est ouvert à la critique, ne l'oublions pas. Car cela m'arrête constamment dans mon projet de construction.

Mon univers est celui de l'inconnu, et tout le reste n'est que le pouvoir des idées. Je n'ai jamais parlé comme je parle et sans doute je parlerai davantage en d'autres temps. Je vois d'autres formes de vie mais nous ne saurions les reconnaître comme telles. Je parle d'univers inexplorés qui savent ce que nous ignorons et que nos générations futures apprendront et certes contrôleront. Que je puisse moi voir ce futur est certes une opportunité rêvée mais qui semble si réelle que j'en oublie que je travaille à Victoria, à quelques stations de Baker Street. Là où la réalité n'est qu'un simple point de référence auquel on s'accroche parfois désespérément. N'ai-je pas vu le temps éclater? L'espace devenir une notion incompréhensible ?

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Et la pensée prendre le contrôle sur le chaos ? Il faut plus qu'un philosophe sensé pour prendre un tel contrôle, alors que la cohérence n'est plus. Mais je parle de la cohérence au sens où on la connaît. La cohérence existe toujours, il existe un sens à tout. Une logique inépuisable, qui me désole en un sens, mais parfois le mystère demeure et je m'en réjouis. Mes amis ne sont plus. Mes conférences essentielles sur ce que le compétiteur accomplit et que l'on n'accomplit pas, ne sont plus. Inutile de nier que j'appartiens autant au monde des conférences qu'aux mondes des idées. La seule fragile frontière qui coexiste entre l'idée et la réalité. Je suis plus que connecté, j'ai dépassé la conceptualisation de l'absolu. Au-delà de l'incompréhensible Artaud, Antonin. Déclaré fou, drogué à mourir, mais qui a survécu aux mondes des idées. Une simple référence de plus à ajouter à Sherlock Holmes et au docteur Watson. C'est encore à la mode de les rapporter ici, alors je le fais. Quelques référents qui conduiront à la clef de l'énigme que je pose, puisque la critique m'empêche de dire tout et qu'un seul mot m'empêche le titre d'écrivain et l'attention que ceci demande. Tant pis si vous avez décroché, je parlerai donc pour celui qui s'y attardera et sûrement celui-ci comprendra. Si on ne parle que pour une seule personne, et si cette personne peut transmettre son savoir, alors rien n'est perdu. Si ce savoir demeure inaccessible quelque part dans une université, il demeure toujours.

Je ne définis aucune position, aucun paramètre ou point de référence. Je n'ai pas le choix. Je crie tout de même à ce monde inexploré et accessible à tous, qui nécessite l'aliénation sans doute, mais qui donne accès à un amas d'informations qui en vaut la peine. La peine de l'humain limité qui s'impressionne à la première marche. Il est si simple de décevoir un enfant, mais autrement si facile de l'impressionner. Si nous pouvons voyager aussi loin, par la simple pensée, semble-t-il, aidés par l'harmonie de la musique probablement, que faisons-nous encore ici ? Plutôt que de parler de cet inaccessible ? Il est délicat de parler, en des mots si limités. Sans détruire la beauté de ces mondes inexplorés, ou explorés par quelques-uns d'entre nous. Je dois pourtant m'y aventurer, je vous le promets depuis quelques paroles déjà. Mais qu'est-ce parler d'entités si supérieures à nous que leur description ne provoque que l'envie ? Là où l'espace n'est plus, le temps n'est plus, ou ne sont plus selon les définitions acquises ? Là où la pensée est tout et le voyageur omniprésent dans l'univers ?

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Qu'est-ce parler de dépasser la vitesse de la lumière autant de fois qu'il en faut pour se rendre d'une galaxie à une autre, pour découvrir de simples amas d'énergie ou absence d'énergie qui dévoilent l'enfer et le paradis à la fois ? Car s'il est théoriquement impossible de dépasser la vitesse de la lumière même en jouant sur les variables de l'équation, il est prouvé à même les théories d'Einstein que l'on peut sortir de la fabrique de l'espace-temps et voyager en apparence à plusieurs fois la vitesse de la lumière, même s'il faut encore résoudre le problème de l'immense source d'énergie nécessaire à ce voyage (voir The Physics of Star Trek de Lawrence M. Krauss). Parlons toujours de technologie, elle nous conduira un jour à ces mondes. Les rendra sans doute réalité, où aujourd'hui nous ne sommes en puissance que d'y voir le rêve.

Parlons de mondes éclectiques, c'est tout ce que notre pensée peut en déduire. Mais cet univers est bien plus cohérent qu'il ne le semble. Un coup assimilé, il forme un tout qui fait sens. Et c'est là l'essence. Pour qui sait la voir. Oui, je crois que vous êtes en mesure de vous en faire une idée. Mais si loin de la vraie réalité, celle qui reste à définir. On peut tout redéfinir, à pas de tortue, ou à pas de géant. Bien sûr, on assimile tellement mieux à pas de tortue. Mais qu'en est-il de l'assimilation à pas de géant ? Adaptez-vous, vous n'avez plus le choix. L'ignorance n'est pas un mal, mais l'apprentissage qui prend des décennies à être accepté est inacceptable pour qui veut aller au-delà de la science et de l'esprit. Dieu a été, mais n'est plus, ou est ailleurs et observe l'accomplissement de l'ouverture d'un esprit en devenir. Une guerre de définitions est un recul, nature ou pas, il faudra bien assimiler les nouvelles données de ce qui est jugé naturel ou non. En ce monde il y a la parole et la musique. Et la parole en musique. Je ne possède que la parole, mais les deux sont indissociables si l'on veut atteindre un certain résultat. À moi seul, la parole, le Verbe plutôt, je vous avertis, je suis insuffisant. L'insuffisance ne pardonne pas. J'apprendrai la musique un jour et je vous transmettrai alors au mieux de mes capacités les sensations qui doivent accompagner ce genre de transition vers le monde des idées qui devient réalité. Je crois que la musique d'aujourd'hui est également insuffisante à nous transporter en un tel monde. Car la musique sans le Verbe est sans mélodie complète. La vibration de chaque molécule de notre corps est essentielle à nous transporter là où c'est peut-être intéressant d'aller. Les différentes drogues sur le marché nous y emmènent peut-être, mon expérience  

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est limitée en ce domaine, mais concluante. Le mieux est de réussir à s'y transporter sans le secours des drogues. Un dur processus qui demande de l'exercice, davantage d'exercices que ce que l'humain normal est prêt à soumettre sans abandonner en affirmant que ce sont des exercices futiles.

Je devrais arrêter de parler, le Verbe peut se compromettre, être jugé aussi. Mais je dois continuer au-delà de mes connaissances limitées et de mes capacités morcelées. Quelques heures, c'est déjà trop demander à l'homme qui désire. Mais s'il devient atteint par cette maladie d'aliénation qui occurre en moi, il réussira sans doute et atteindra plus que toutes ses espérances et certainement voudra en voir davantage, jamais contenté qu'il deviendra. Un monde éclectique en apparence, qui tout à coup fait sens. Un sens infini, perdu dans l'univers, ces étoiles, ces soleils, ces planètes habitables avec des sociétés bien autrement avancées que nous aurions pu le croire, parce que le monde de l'esprit y règne. L'honneur aussi, mais qu'est-ce que l'honneur si l'on peut vivre au-delà de tout savoir.

Je répète que je suis né à Québec, que j'ai vécu à Jonquière, me voilà étiqueté. Je suis incapable de grandes choses, de voir l'absolu. Sans doute on se remémorera Jésus-Christ, fils d'un charpentier de Nazareth. Anéanti à rien parce que l'on connaît ses origines. L'histoire racontera tout autre chose. Sous-estimer autrui est notre premier défaut. Mais se sous-estimer soi-même est un défaut encore plus grand.

Et si nous agissions comme des esprits analytiques similaires à un ordinateur ? Nous ne retiendrions que les faits et nous serions obligés d'agir en ce sens. Quels sont les faits ici ? Le passé ou l'avenir ? Le devenir et ce que cela implique. Y avait-il une essence à l'homme ? Cela n'est plus de notre ressort. Le devenir est bien plus grandiose et d'intérêt.

 

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J'ai peur ! Peur de ne plus être de ce monde. Celui concret de par sa réalité assommante. Je cherche même mes forces à l'heure actuelle, la force de dire que je ne puis plus faire la

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distinction entre le monde concret et celui des idées. J'ai dépassé, semble-t-il, la limite entre la réalité concrète et la réalité imagée. Je ne contrôle plus mon corps non plus, cela est inconfortable et me fait détester ce corps qui semble être le boulet de cette nouvelle réalité. Dans la mesure où je le laisse devenir tel. Et cela exige un apprentissage spécial. Capable d'affirmer que le corps n'est rien. N'écoutez plus ce que je dis, car je ne suis plus moi. Ou, au contraire, peut-être faudrait-il m'écouter parce que je ne suis plus moi ? Mais il m'est alors si difficile d'arriver à prononcer une seule parole. On me l'arrache de peine et de misère et je me sens même coupable de décrire mon état alors que le message seul devrait compter. Mais quel message ? Je suis incapable de l'articuler. Me pardonnerez-vous ? Peut-être le verrez-vous dans l'ensemble de ces chapitres ? Je l'espère de tout cœur, car il ne s'agit nullement de quelques phrases bien composées. Là réside le plus grand problème de l'humanité.

Mon Dieu, il y a tant de gens autour de nous capables de nous illuminer sans s'en rendre compte. Par la musique surtout. Eux aussi ne sont plus eux-mêmes lorsqu'ils en arrivent à un tel effet. Je respire par tout ceci, je respire, je le sens. Peut-être alors je deviens mon vrai moi, sans personne d'autre à accuser d'être moi. Transmettre ce savoir est donc ma mission. Vous faudra-t-il être dans le même état que moi ? J'oscille entre des mondes qui ne m'appartiennent pas, je vois des choses que moi-même ne puis accepter ou comprendre. Je tente de convaincre des gens d'embarquer dans un tel bateau alors que la seule destination n'est peut-être que la mort ou le néant. Je suis ignorant, aucun doute. Sur la bonne voie ? Je n'en sais rien. Mais je me sens si bien, parfois. Rempli de cette énergie nécessaire à l'accomplissement d'un nouveau monde. Devenir Dieu et voir ses créatures en action devenir et réfléchir. En moi cela peut être que l'instant d'une minute, pour eux cela peut être l'instant d'une éternité. Je crée un monde qui a le temps de voir venir sa mort, une minute plus tard. Et ainsi je comprends la futilité de ma propre vie. Je suis artificiel et je m'inquiète que cet artifice puisse ne pas demeurer. Et cet artificiel ne demeurera pas, je le sais, c'est clair. C'est le prix à payer pour trop vouloir voir, apprendre. Et j'ai trop appris, j'ai trop vu. Il ne me reste que la redéfinition de tous les concepts et je suis seul à réfléchir à autant de variables. Et toutes mes réflexions ne sont que codées, formées à même une invention pure et simple de notre langage et qui se perdra dans les infinis méandres de l'univers. J'ai besoin d'être moi-même, personne d'autre.

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Qu'est-ce que cela signifie ? Je suis aux limites de tout. Le plus drogué des crétins arrive à me faire réfléchir plus que Dieu a réfléchi pour me créer. Car je ne suis qu'une création désespérée, qui a la chance, ou peut-être pas, de voir la situation dans laquelle elle est. Et c'est voir autrement plus loin que celui qui observe le ciel et qui s'inquiète des infinis.

À ce point, on me prendra pour fou. C'est un risque qu'il me faut courir et j'en subirai les conséquences. Dans l'espoir qu'un jour on puisse voir comme moi et voir que je suis autrement plus conscient que ceux qui m'entourent. Les autres chapitres ne transpireront peut-être pas un tel état, c'est que je ne crois pas pouvoir l'atteindre à nouveau. On dort, on se réveille à la réalité terrible, et on oublie rapidement la veille et ce qu'elle a apporté. Je lutte. Je lutte pour demeurer dans cet état éveillé. Je n'ai qu'un désir, m'endormir et me réveiller le lendemain avec une conscience tout autre. Mais qu'apprendrions-nous alors ? Alors que je redeviendrais moi-même, celui qui ne voit plus rien comme cette nuit ? J'ai déjà perdu mon sens de la concentration, celui qui me permet de voir au-delà de tout. La peur a pris le dessus. Je ne parle plus que de mon état. Je voudrais revenir à la clairvoyance, mais comment ? Sans doute j'ai une mission, même si elle a été fixée par moi-même, et je ne dois pas manquer à ma tâche. Je vois clair maintenant, davantage que la minute d'avant. C'est la musique qui me tient éveillé, beaucoup plus significative que je ne l'aurais cru de prime abord.

L'inconnu est tout. Ce que l'on n'appréhende pas est tout. Le mystère est ce qui nous maintient en vie. La routine tue, il n'y a rien de nouveau ou d'inattendu dans la routine. Mais où donc je trouve cette énergie qui me maintient en vie ? Je voudrais apporter des réponses, mais j'ai davantage de questions à poser. Des questions. Là n'est pas la réponse. Mon état et mes sensations sont l'absolu. La possibilité d'outrepasser quoi que ce soit. Suis-je trop théorique ? Mais ai-je le choix si je veux décrire ce qui se passe en moi ? C'est qu'un tout nouvel univers m'est soudainement accessible. Il l'était déjà à plusieurs personnes que j'ai connues mais je n'ai jamais rien compris à tout cela. Je ne m'étais jamais rendu compte du pouvoir qu'ils avaient et que je n'ai jamais vraiment considéré, comme eux sans doute. C'est que, dès que l'on parle un langage différent de celui auquel on a été habitué, on rejette tout et on ne voit plus rien. J'aurais pu toucher cet univers voilà longtemps ! Mais il me

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fallait apprendre d'abord à voir autrement. Que cela est difficile à digérer et à comprendre. C'est que ce n'est qu'après que soudainement la lumière se fait. Avant, j'ignore quel est le chemin à parcourir, mais un jour, sans s'en rendre compte, on l'a parcouru et la lumière se fait. La lumière. C'est trop drôle. Tous mes préjugés soudainement me semblent dérisoires et c'est stupide. Mon esprit était fermé. Mais pas vraiment, puisque maintenant il est plus qu'ouvert. Il y est directement impliqué.

Bref, demain, lorsque je relirai ceci, je ne me connaîtrai plus. Et vous, vous ne me connaîtrez pas. Alors, posez-vous la question, vous connaissez-vous vous-même ?

Ainsi j'aurais une mission. Vous transmettre un savoir que moi-même j'ignore. Il ne me faut donc pas faillir à ma tâche. Tâche que je crois pourtant de l'ordre du possible, ce qui est bien mystérieux. Mais plus rien ne m'impressionne en ce monde. Qui a vu a vécu et qui a vécu peut tenter de transmettre, mais tout demeurera vague jusqu'à ce que celui qui reçoit expérimente lui-même. Ce qui n'est pas de l'ordre de l'impossible. Encore que ce qu'il en retirerait pourrait être tout à fait différent. C'est une qualité de ce qu'est la vérité, peu importe quelle définition la vérité peut prendre, en fonction de ceux qui l'interprètent. Je ne parle que vaguement car trop dire détruit tout. Enferme le tout dans un bocal observable et critiquable. Quel intérêt. Je sais ce qu'on en dit, j'ai n'ai pas même d'opinion à ce sujet. En fait, je n'ai aucune opinion à propos de rien. Cela fait-il sens au sens de la logique ? Je n'ai pas d'opinion là-dessus. Mais je ne doute pas que vous aurez très vite une opinion sur tout. Même sur l'absolu au sens où je l'entends.

L'absolu. C'est un point où tout ce qui est incompris devient acquis et de là on part pour découvrir autre chose qui deviendra acquis et qui ne méritera pas une éternelle question. L'absolu, c'est aussi un état. Un état où il n'y a plus qu'à accepter son existence comme partie de l'ensemble. C'est peut-être une destination, une réponse absolue à tout, une entité qui contient entièrement l'acquis du passé. Alors on ne parle déjà plus de l'absolu, puisqu'il reste tout à découvrir. Dès lors, comment se faire une opinion ? La réalité est peut-être que l'absolu ne sera jamais absolu et qu'alors je parle dans le vide. Comme c'est triste. Mais pas autant que de découvrir que personne sur cette planète n'a jamais parlé que dans le vide.

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Et si chaque jour, en chaque lieu, à chaque minute, nous étions mis à l'épreuve ? Si un genre de mission ou de casse-tête nous était présenté sous la forme la plus banale à chaque moment de notre vie ? Nous confrontons sans cesse une nouvelle situation, même si nous en avons rencontrées de similaires une journée ou deux avant. Mais chaque fois nous avons la possibilité de choisir des avenues différentes. À chaque fois on peut donc être mis à l'épreuve et l'on pourrait s'attendre à une réponse juste et à une réponse mauvaise. Peut-être également il n'existe aucune réponse juste et aucune réponse mauvaise. Seulement une infinité d'avenues différentes pour conséquence. Ce que nous considérons comme simple, à un autre niveau cela pourrait cependant devenir complexe. Ainsi nous sommes susceptibles d'apprendre constamment à même les banalités de la vie, confrontés à plusieurs choix et à un ensemble d'enchaînements. Parfois les résultats sont jugés affreux, parfois exceptionnels. Parfois ils sont jugés affreux, mais apportent d'autres conséquences qui, elles, pourraient être jugées excellentes. Il n'appartient donc pas à l'homme de juger d'aucun résultat à un enchaînement d'actions enclenchées par une seule décision. Lorsqu'une décision est prise, bonne ou non, personne ne saurait dire. Qu'elle semble bonne ou non, n'est pas de notre ressort. Car une situation négative pourrait être suivie d'une autre bien plus positive. Et l'on peut considérer que rien n'arrive pour rien, ainsi le négatif est nécessaire au positif, même s'il ne s'agissait que d'un point de vue comparatif. Si rien n'arrive pour rien, que tout a une raison ou un rôle à jouer dans la ligne de notre expérience, alors il ne nous reste plus qu'à observer, jamais juger trop rapidement une action, voir les implications et les conséquences, et apprendre ce qu'il y a à apprendre pour ainsi passer à autre chose et continuer avec de nouvelles situations qui sauront bien nous mettre à l'épreuve elles aussi. Ainsi, chaque minute de notre existence est primordiale à notre évolution personnelle. L'existence pose des variables, des situations, nous place en face de choix qui impliquent des

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décisions et des conséquences qu'il faut savoir décoder, enchaîner, interpréter, pour ensuite apprendre de tout cela afin de nous faire évoluer sur la ligne de l'expérience et changer notre situation et les gens qui nous environnent.

Le savoir. Parfois je connais l'histoire et le mystère disparaît. Alors ignorer l'histoire apporte le mystère nécessaire à la poésie de la vie. Seulement pour le poète, l'ignorance paie. Mais je ne suis pas poète, alors l'ignorance tue. Ainsi il n'y a plus de mystère ni de poésie devant mes yeux. Je vois qu'il est facile de devenir obscur et de perdre les masses. Je parle donc pour l'initié, ce n'est pas un choix. Je lui transmets une énigme que lui-même ne résoudra pas. Mais il comprendra certains éléments. Je n'ai rien de mieux à dire, je ne suis en rien supérieur, je partage mon expérience et l'articuler demande davantage d'attention que ce que le monde est prêt à investir. Puisse-t-il être illuminé de ma simple parole ? Je répète que je n'ai pas de grand savoir à divulguer, seulement une expérience émiettée à transmettre. C'est là l'énigme du savoir.

Je souffre des limites de mon corps et j'aspire à une énergie plus frivole, si l'on peut s'exprimer ainsi, ou plutôt une énergie malléable à volonté, capable de prouesses que l'homme pourrait juger puissantes, sinon insensées. Mes recherches continuent et je ne divulguerai pas la portée de mes résultats. Je puis sans doute guider sur la même voie l'initié à mes écrits, il trouvera sa voie à même sa propre voix. Rien de concret donc. Seulement à travers ces pages il verra où je veux en venir. Mais il est probable qu'il s'y perdra, puisque les référents manquent et par conséquent l'essence. Mais tout est possible en ce monde, j'ignore même jusqu'où. Je travaille en solitaire, sans riches bases de données qui seront si utiles et indispensables aux générations futures. Générations qui atteindront un tout autre savoir très rapidement, en de frais résumés cohérents, mais sans essence.

Je pose une équation révolutionnaire, je tente d'en démontrer la solution, et la complexité de cette solution étouffe tout sur son passage. Il n'en demeure que l'équation avec cette possibilité d'atteindre des résultats, peut-être davantage demain qu'aujourd'hui. Il n'y a aucun mal à cela. Que de frivolités en ce monde, de demi-mesures et d'agenda incomplet. C'est peut-être dans la mémoire d'un ordinateur rempli de tous les savoirs qu'émergera l'essence la plus éclatante. Alors les ordinateurs sauront faire les liens et

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les enchaînements nécessaires. Le seul mérite de l'homme alors sera celui d'avoir ce pouvoir mécanique de la pensée et peut-être même de la conscience.

Je n'ai pas de solution, ni de message magique ou de pouvoirs cachés. Je parle et c'est tout. Simple en apparence, autrement complexe à l'écrit. Que moi-même je ne me reconnaisse plus à la lecture de mon mal. À moins que vous ne trouviez cela simple, alors c'est à vous que je m'adresse. Ainsi un initié pourrait arriver à me comprendre mieux que moi-même ne le puis. Jusqu'à voir des solutions frappantes écrites noir sur blanc et qui m'auront sans doute échappées. C'est la triste réalité du savoir, et l'aptitude à la synthèse pourrait s'avérer aussi concluante que dévastatrice.

Décrire l'existence et ce qui la précède, les mécanismes de la vie, tout cela peut sembler noble, mais bien dérisoire dans son projet même. Mes solutions pourraient être comprises, concluantes, faire sens à tous, offrir une marche à suivre, mais toutes les prémisses sont sans exception fausses. Et je dois dire que c'est ma conviction que voilà toute l'histoire de la philosophie. Encore que ma conviction elle-même pourrait être aveugle, aveuglée peut-être par l'ignorance absolue. Ainsi il n'y a aucune voie de sortie et par conséquent aucune voix possible. Mise en garde, ce dernier raisonnement lui-même peut être considéré comme illogique. Voyez, je n'arrive même plus à former une seule conclusion. Le cercle vicieux du savoir, où l'énigme résolue ne saura jamais être réellement résolue.

Vous avez faim ? J'ai une canne de soupe tomate dans l'armoire.

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Deux phrases sont identiques dans ce qui suit, identifiez lesquelles? Si vous n'avez pas le courage de le lire en entier, continuez à lire après les *** :

La traîtrise et l'honneur. Ou la traîtrise est justifiée et l'honneur sauvé. Ou la traîtrise injustifiée et l'honneur sauvé. Ou la traîtrise justifiée et l'honneur perdu. Ou la traîtrise injustifiée et l'honneur perdu. Mais il existe également la traîtrise justifiée, l'honneur            

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sauvé et les référents obsolètes. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé et les référents obsolètes. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu et les référents obsolètes. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu et les référents obsolètes. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé et les référents significatifs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé et les référents significatifs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu et les référents significatifs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu et les référents significatifs. Mais il existe également la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes et les mensonges blancs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes et les mensonges blancs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes et les mensonges blancs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes et les mensonges blancs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs et les mensonges blancs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs et les mensonges blancs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs et les mensonges blancs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs et les mensonges blancs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes et les mensonges noirs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes et les mensonges noirs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes et les mensonges noirs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes et les mensonges noirs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs et les mensonges noirs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs et les mensonges noirs. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs et les mensonges noirs. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs et les mensonges noirs. Mais il existe également la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise

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 justifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux omnipotents. Mais il existe également la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges blancs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents obsolètes, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur sauvé, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur sauvé, les

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référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise justifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux incompétents. Ou la traîtrise injustifiée, l'honneur perdu, les référents significatifs, les mensonges noirs et les dieux incompétents.

Avez-vous trouvé les deux phrases identiques dans ce que vous venez de lire (si vous avez eu le courage de le lire en entier) ? Un ordinateur le remarquerait en quelques millièmes de seconde. Pourtant les limites de l'homme sont reculées toujours plus loin. Mais je suis prêt à parier qu'un homme chercherait longtemps ces deux phrases identiques. Vérifiant une fois, puis une seconde fois au moins, pour être certain de sa réponse. Un ordinateur ne chercherait qu'une seule fois, et il affirmerait une réponse que personne ne saurait douter. Un tel pouvoir est-il enviable ? Oui et non, je suppose. Le doute n'existe plus, l'hypothèse de départ n'est pas réinterprétée et aucun questionnement ne survient lorsqu'il constate le résultat de la recherche. Et qui plus est, l'ordinateur ne prêtera pas attention aux mots et à leurs concepts respectifs, un ordinateur ne fait pas de sémiologie, à moins d'être programmé en ce sens et que la question de départ implique la sémiologie. Un ordinateur n'a pas d'intelligence ou n'éprouve pas de sensations ou d'émotions, à moins d'être programmé en ce sens. Un ordinateur n'a pas la conscience d'exister, à moins d'être programmé en ce sens. Peut-il avoir la foi en Dieu alors ? Et pourquoi pas, si on peut le programmer en ce sens ? Alors l'ordinateur a autant de droit et de libertés que l'humain, ils sont ego pourvu qu'ils soient programmés en ce sens. Ceci est discutable, a déjà été discuté, alors quel est mon point ?

Je deviens encore plus obscur. Je me perds dans mes petits concepts sans importance, j'espère que l'on me comprend. La vérité est que je m'enfonce davantage, un terrorisme intellectuel. Le genre de livre que personne n'aura la volonté de terminer, à moins que ce ne soit au programme d'un cours quelconque, ainsi certains seront forcés à décortiquer un tel blabla. Comme on nous a forcés à avaler Virgile et Homère. Non pas qu'on n'en a pas vomi la moitié au passage. On pourrait questionner la complexité et la légitimité de ces bibles insignifiantes. Je ne parle plus exactement d'Homère et de Virgile, mais d'autres           

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livres qui finalement n'ont pas de raison d'être ou ne semblent exister que pour nous convaincre que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

J'aurais pourtant voulu être d'une positivité si effrayante que la foudre aurait changé la vie à toute l'humanité. Mais cela est difficile à accomplir sans devenir hypocrite. À moins d'être d'un optimisme à tout casser, et malheureusement aveugle de mon point de vue. Le point de vue le plus négatif serait celui de considérer l'homme comme un simple ordinateur programmé, capable d'emmagasiner des données, de faire des liens, de comprendre et d'évoluer. On découvrira bientôt des machines inventées par l'homme capables d'inventer autre chose encore non conceptualisable par l'homme. Le point de vue optimiste serait de voir dans cette évolution à travers les générations quelque chose d'admirable qui donne un sens à notre existence. Peu importe tout cela, il ne reste que, en bout de ligne, à se trouver une motivation collective, mais aussi une motivation personnelle. Ce qui n'est pas toujours évident.

Je ne connais pas la mort, les maladies, la guerre. Je suis trop jeune. Certes, je parlerais différemment si je connaissais toutes ces choses. Mais peut-être serais-je moins objectif dans ma façon de voir l'univers. Mais l'objectivité est discutable, comme l'expérience. Encore une fois je me trouve dans une impasse, où tout est discutable, rien n'est objectif, et pour cause, il y a tant de variables. Je simplifie à tort et à travers, mais j'admets mon erreur. J'avoue mes limites, et ce n'est pas toujours le cas d'autres plus expérimentés qui évitent de tout remettre en question ou de mettre certaines variables de côté.

Il n'existe peut-être aucune solution à rien, ou plusieurs solutions à tout. Là réside encore ma motivation. On me jugera tant que l'on voudra, on jugera l'univers tant que l'on voudra, cela changera probablement plusieurs perceptions, convaincra énormément de gens de bien des choses, mais en fin de compte il existe toujours différents points de vue et tous ces points de vue sont justifiables à un certain niveau. Ce qui est triste, c'est que parfois on n'a qu'un seul point de vue et il est très difficile d'en trouver d'autres, sinon d'en entendre d'autres et de les accepter. Mais tout cela pourrait faire partie de ce qu'on appelle la nature humaine. Encore un concept vague dont je n'étirerai pas les interprétations inutiles.

Je me trouve sur un champ, seul, et tout ce qui existe est là devant mes yeux. Rien d'autres. J'en suis à zéro, vide, j'observe et j'analyse. Où cela me conduira-t-il ? N'importe où, ou nulle

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part. Ce n'est pas effrayant, c'est prendre un recul absolu devant le savoir global. Et pourquoi ce recul ? Pour rien sans doute, perte de temps peut-être, qui sait ? Au moins c'est peut-être concret, alors qu'à bien y penser, rien n'est vraiment concret. Et qu'est-ce qu'être concret ? Il n'y a pas de porte de sortie, encore une fois. On finira par donner un nom à mon problème, et ce nom m'effraie, car il ne traduira en rien mes pensées.

Où sont les points de références, existe-t-il des points de références sûrs ? Est-il vrai qu'à un certain point, même juste à titre de comparaison, il faut prendre pour acquis certains points de références ? Ne serait-ce pas alors commettre une erreur ? Encore une fois je deviens trop obscur et je ne parlerai que pour une minorité qui elle-même ne devrait pas trop accorder d'importance à tout ceci. Il faudrait toujours mettre en garde le lecteur, mais toujours il perdra le contrôle avant de juger et accordera ou bien trop d'importance ou bien insuffisamment d'importance à certains détails. Notre analyse de l'univers va peut-être dans le même sens. Malgré les mises en garde, la méthode scientifique, les spéculations, les hypothèses, les faits. Mais encore là, quels sont ces faits, sont-ils interprétables ? Discutables avec possibilités de les remettre en question ? Ne me demandez jamais si je crois en Dieu. Car aujourd'hui j'y crois, demain je n'y croirai pas et après-demain j'y croirai à nouveau. Je suppose que c'est une bonne chose, mais je n'aurai jamais de garantie.

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Parfois c'est écrit dans le ciel et je ne vois rien. Je ressens donc "selon les événements" ma prédisposition d'esprit à accueillir certains changements. Un homme n'a nul besoin de parcourir des milles pour changer sa vie, bien que le radical assure un changement instantané alors que laisser dériver les événements risque fort souvent de tester notre patience.

Un rien, un simple espoir au coin de la rue, voilà bien de la matière à penser. Nos décisions peuvent nous emporter très loin. Dès le jour où la possibilité de partir pour Londres me vient à l'esprit, cette ligne du temps existe. Je peux alors influencer ma personne à choisir    

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une voie à travers d'autres, qui toutes existent puisqu'en mon esprit. Chaque jour des choix me sont permis, chaque jour je décide d'embranchements différents. Prenons par exemple trois lignes du temps particulières. La première où je pars pour Londres et y vis confortablement le reste de mes jours. La deuxième où je décide de demeurer à Toronto pour le meilleur ou pour le pire. La troisième, n'avoir jamais quitté la région de ma jeunesse, le Saguenay-Lac-St-Jean. Or, quelle aurait été ma vie, mes amis, les interactions impliquées pour chacune de ces lignes du temps ? Je n'en ai qu'une vague idée, mais je sais qu'elles existent et que peu il ne s'en serait fallu que je décide de vivre dans l'une ou l'autre. Ainsi ces lignes du temps existent car j'aurais pu les choisir et même je pourrais encore retourner dans le passé et prendre un chemin différent. Un seul nouvel élément serait susceptible de m'avoir gardé à Toronto, ou même provoquer ma fuite à Montréal ou à New York. Je pourrais même me réveiller un matin et me retrouver dans une de ces lignes du temps, bien loin de Londres.

Si l'on considère l'arbre de tous les embranchements qui me sont possibles, cela s'étire à l'infini. Si l'on considère l'arbre de chaque personne sur cette planète, capable d'influencer l'arbre des autres, un ordinateur serait certes nécessaire pour administrer ce fatras d'interactions. C'est ma conviction qu'il est possible d'influencer sur tout cela. À un point donné sur la ligne du temps, voici la configuration de la réalité. Or, le voyage dans le temps est possible, car l'univers n'est qu'énergie et que c'est l'énergie qui maintient nos molécules ensemble. Chaque personne sur cette planète peut être appelée Dieu. Chaque personne vit dans son univers personnel et est le point central de tout l'univers. Chaque personne sur cette planète n'a que son propre univers comme existence et est seule au monde. Tous les autres ne sont que des agents qui sont là pour le divertir, le tester, lui apprendre de nouvelles expériences. Car autrui ne vit qu'en fonction de nos perceptions propres, c'est là la relativité universelle. Il existe une multitude d'univers parallèles qui se multiplient selon chaque personne. J'ai une famille qui vit en fonction de moi. Mais j'ai un père qui ne vit qu'en fonction de moi, pour autant que je le laisse s'intégrer à ma vie. S'il n'est pas là devant moi et que je n'ai aucun contact avec lui, alors il n'existe pas. Il n'existe que dans mes souvenirs du passé qui pourraient être effacés du jour au lendemain, ou s'évanouir dans ma mort. Mon père cependant a son propre univers, où je vis en fonction de lui. Je n'en ai  

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pas conscience, il s'agit d'un autre moi qui n'existe que dans son univers.

Ainsi je me surprends parfois que je suis à un certain point où peu de choses surviennent. Il me faudrait sans doute vivre à plein sans cesse, entrer en communication avec tout ce qui est accessible à moi. Je sais qu'il existe un moi bien plus loin, aussi loin dans l'univers qu'il m'est possible d'imaginer, à travers les multiples étoiles de ce monde. Il n'en demeure qu'à moi de joindre ce moi, d'entrer en communication avec lui et partager mes expériences. Sinon il ne me reste qu'à chercher le moyen d'aller aussi loin par moi-même. Il est clair que tout n'existe que par moi et que, si je meurs, tout meurt avec moi. La possibilité existe du si j'étais demeuré en vie plutôt que de mourir à la seconde précise de ma mort. Je pourrais vivre encore et continuer mon apprentissage. Ainsi la mort peut être vue comme un échec, où nos limites sont devenues si grandes que notre vie ne sert plus nos objectifs. Une guerre mondiale peut me débarrasser de milliards de vies. Une guerre mondiale peut toujours être évitée. Les deux possibilités existent et deux moi pourraient faire face à tout autre chose. Il ne faudrait jamais sous-estimer des événements qui semblent loin de nos décisions ou de nos choix, car le monde dans lequel nous vivons n'existe qu'en fonction de nous. Le monde observe ou nous fait observer nous-mêmes nos réactions et nos décisions. La clé du pourquoi est loin de nous, ou peut-être bien plus près que nous ne le pensons.

Je ne suis malheureusement pas en mesure d'en voir davantage et je crois que plusieurs dans mon entourage le voient clairement. Je pourrais m'y intéresser davantage, mais je choisis de continuer sur une certaine ligne du temps qui sert mes objectifs comme il faut. J'ignore quels sont ces objectifs. À réfléchir plus longuement j'éclaircirais peut-être le tout, mais une marge d'erreur trop importante peut survenir. C'est ridicule en un sens, il est certain que je connais intrinsèquement le chemin que je poursuis, mais c'est plutôt inconscient car je suis encore fermé à tout ceci. C'est un long processus, un dur développement, mais je continue. Nous avons un pouvoir sur tout, même sur le plus infime détail qui se passe de l'autre côté de la Terre ou très loin dans l'espace. Car la distance est relative, un mètre sur la Terre est différent d'un mètre sur la lune, et à la limite un mètre ne mesure qu'un mètre selon votre point de vue. Et le savoir, en avoir conscience, permet de l'utiliser à bon escient et de changer les événements. Il s'agit de l'expérimenter et de voir  

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que c'est vrai. Bien sûr, certains événements ne changeront pas selon nos désirs, c'est qu'alors nous ignorons quelles sont vraiment nos vraies motivations. Si mon père meurt, ce sera une grande souffrance, mais probablement nécessaire à mon développement et donc incontournable. En un sens j'ai un effet sur cette mort, j'en suis la cause. Je provoque cette mort par des pouvoirs pratiquement inconscients, qui ne sont pas vraiment des pouvoirs puisqu'il s'agit de la simple volonté du monde des idées, et je me vois me débattre ensuite avec cette épreuve. Un autre moi expérimentera la mort de mon père d'une façon différente et un autre moi mourra avant mon père.

Ainsi, pourquoi devrais-je être prisonnier d'une seule ligne du temps ? Je ne le suis pas. Chaque jour je me réveille dans un univers différent, avec les acquis d'un autre moi, sans la conscience d'hier, où je me trouvais à Toronto plutôt qu'à Londres. Tout n'est qu'idées. Avoir la sensation d'être demeuré vingt-cinq années dans la même chambre, ou avoir vraiment vécu vingt-cinq ans dans la même chambre, où est la différence ? Ce ne sont que des perceptions, telle une mémoire implantée, reprogrammable à volonté, tout comme on télécharge des données dans un ordinateur. Le contrôle sur la matière est possible, nous l'expérimentons déjà tous en mangeant et en maintenant en vie notre organisme.

J'en reviens à cette ahurissante structure de la matière où nous vivons. Nous vivons sur un électron qui tourne autour du noyau d'un atome. Cet électron est lui-même composé d'un amas de structures atomiques qui elles-mêmes sont composées de structures atomiques. Pas tout à fait. L'infiniment grand de la théorie de la relativité d'Einstein, les étoiles, et l'infiniment petit de la théorie de la mécanique quantique, le monde atomique, ne sont qu'une même chose. On arrive à unifier ces deux théories lorsque l'on comprend que la distance est relative, et donc que la grosseur des objets dans l'espace est également relative et donc changeante selon notre point de vue. Un électron peut être aussi gros que notre Soleil, on ne le voit petit que de notre point de vue, c'est cela la relativité. Ainsi il n'existe point d'infiniment grand et d'infiniment petit, il n'existe qu'un infiniment petit, et où nous nous trouvons à l'instant même est l'infiniment grand seulement de notre point du vue.

Si je meurs, soudainement toute une partie de l'univers se contracte et la multitude de soleils qui composent mon corps et dégagent leur chaleur s'éteignent. Je maintiens donc en vie tout un univers, et moi-même je fais partie d'un univers que je ne vois ainsi qu'à cause

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des perceptions de mon cerveau. La distance étant relative, la distance n'est qu'illusion. Toute la matière est pratiquement en un même point, et nous tous faisons partie de ce point.

Il n'y a plus de fin à la matière, elle est malléable par des machines, mais également par l'esprit, que nous pouvons appeler tout autre s'il faut, par exemple notre énergie propre. L'électricité que produit notre cerveau couvre des distances extraordinaires, elle peut couvrir l'univers entier dans le temps de le dire, car la distance est relative à l'observateur. À un tel point, voici la configuration atomique de notre réalité, de l'univers. Cette configuration peut être reproduite à volonté. Elle peut être modifiée à volonté. On peut recréer une configuration atomique du passé.

Apprendre à créer dans le monde des idées est un pas vers ce contrôle sur la matière. Le concrétiser est possible de différentes manières, avec de différents outils, et certainement un champ d'énergie très fort et concentré arriverait à assembler à peu près n'importe quoi pour former nos idées. Ainsi nous sommes Dieu, créateur de notre monde, nos objectifs pourront s'éclaircir si nous en avons le désir, et nos actions peuvent être aussi significatives que notre imagination et nos idées le permettront. Nous pouvons tout détruire et reconstruire à volonté. Nous pouvons créer le monde tel que nous le voulons dans notre for intérieur. Entrer en communion avec nos vraies motivations, comprendre pourquoi nous nous imposons une certaine configuration du monde, pourra certes nous aider à voir plus loin afin d'atteindre nos vrais objectifs.

 

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Un esprit collectif m'entoure, je suis un avec l'univers. Bien qu'en apparence il me semble que je suis une seule unité non significative, je suis en fait le point central. Je conduis le monde là où il peut lui-même évoluer, avec ma participation inconsciente ou consciente. Les plus conscients arrivent à se hisser au sommet de la branche dans laquelle ils se sont spécialisés. D'autres atteignent des sommets en politiques et peuvent juger plus                      

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rapidement les résultats de leur contrôle sur leur univers. Mais plusieurs n'ont besoin que d'un milieu restreint pour se mettre à l'épreuve. C'est qu'il y a un début à tout.

Je suppose que les êtres qui nous entourent ne sauraient nous mettre à l'épreuve s'ils n'avaient pas un certain degré d'autonomie et si nous avions trop conscience du processus d'acquisition de l'expérience. Volontairement donc on se ferme à la vérité et on souffre à la tâche. Qu'implique la prise de conscience de notre état, alors ? Ne risque-t-elle pas de faire échouer nos propres plans ? Au contraire, elle nous fournit la foi en nous-mêmes, la certitude qu'un contrôle est possible et souhaitable afin d'atteindre d'autres résultats au-delà de ce que notre quotidien est susceptible d'apporter. Les réminiscences de Socrate -non pas que je veuille élaborer sa philosophie, au contraire - les réminiscences sont si évidentes dès que nous changeons notre perception de l'univers comme étant un tout absolu qui n'existe qu'en fonction de nous.

Parfois il ne suffit que de voir ce qui est, même si le reste demeure vague et inexplicable. La confiance absolue en cet autre état qu'est le nôtre est la première étape vers un accomplissement bien plus impressionnant. Je me vois vivre à Toronto car je peux l'imaginer. Je me vois vivre à Montréal à la fois. Je suis donc en mesure d'apprendre davantage que si je ne considère que ma vie à Londres.

Mon vocabulaire est limité, je m'en excuse, mais c'est parfois une qualité que de ne pas inventer, comme Jean-Paul Sartre, un dictionnaire complet de nouveaux termes dont les définitions ne deviennent que des codes accessibles à qui y investira sa vie complète. Je perdrai sans doute du temps à ne pas étudier ces termes et à ne pas les utiliser, mais j'espère ainsi demeurer accessible à moi-même et ne pas brouiller les pistes de générations futures qui utiliseront le mot cœur de cinquante façons différentes sans reconnaître la seule définition que moi-même je lui donne. Lorsque la France ne comprend plus Molière parce que les mots ont changé de concepts et qu'il faut revenir au Québec pour reconnaître leur vraie signification (car le Québec est rempli de ces vieilles expressions qui appartiennent à l'ancien français), nous avons un problème insurmontable de communication. S'il faut une bande d'universitaires pour analyser éternellement des discours bien au-delà des masses, nous avons encore fait un pas vers l'oubli, où la transmission du savoir ne se fait plus.

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Encore que, je le répète, rien n'existe qu'en fonction de nous et aucun élément ou savoir extérieur ne devrait changer quoi que ce soit à notre évolution personnelle. Se contaminer de différentes philosophies nous éloigne de notre vrai projet, je réitère le danger de trop s'approcher de mes propres écrits, d'autant plus lorsque moi-même je change d'opinion le lendemain matin. Ne me demandez donc pas si c'est ma profonde croyance que tout ceci, je ne saurai quoi répondre. C'est ce que nous appelons un essai, je suppose, un fatras qui réussit à peine à me convaincre moi-même. Mais je parle pour allumer certaines lumières en l'esprit d'autres, faire réfléchir sur le sens et les mécanismes de l'existence, et en d'autres termes, je crois qu'il s'agit là d'un début à mon évolution personnelle. Faire évoluer mon univers selon mes propres convictions, fragiles ou non, à remettre en question à chaque instant. Adaptable chaque fois que de nouvelles données entrent en collision avec la démarche initiale.

Il est vrai que nous avons notre propre individualité, du moins apparente, à travers un ensemble uni qu'est le reste du monde. Car est-il vrai que le reste du monde n'est que matière et énergie ? Et que la matière et l'énergie sont malléables à volonté, molécule par molécule, atome par atome ? Lorsque l'imagination est si forte qu'elle concrétise nos pensées, prend la matière et la façonne pour en faire des objets concrets, nous accomplissons déjà ce que Dieu a fait. Je n'ai plus aucun doute de l'existence de Dieu, selon une définition plutôt vague, je l'admets, à savoir si moi-même justement ne suis pas le Dieu de mon propre univers, ma propre création personnelle, comme chacun de mon entourage est le Dieu de son propre univers, puisque chacun s'accorde à dire qu'il a sa propre individualité même dans mon propre univers. Je n'ai plus aucun doute que moi-même suis une création qui a le pouvoir d'évoluer autant qu'il faut pour arriver à créer consciemment des univers d'une complexité au-delà de mes connaissances actuelles, connaissances qui me semblent très limitées en apparence, mais en apparence seulement.

L'évolution de l'univers n'entre pas en contradiction avec la création, une évolution est nécessaire pour supporter certains agencements de la matière nécessaires à l'existence matérielle. Ce qui semble des milliers d'années pour nous qui sommes une infime partie de la construction, est instantané pour celui qui imagine l'ensemble. D'où la théorie de la  

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relativité d'Einstein où le temps ne devient qu'une variable relative qui change justement en fonction de l'endroit où l'observateur se trouve et la vitesse à laquelle il se déplace.

Maintenant le masque doit tomber. J'avertis que j'emprunte à diverses sources et que je me contredis plus souvent qu'autrement. Il est difficile de dire que l'on croit en Dieu alors que chacune de ses fibres intérieures disent le contraire. Je suis donc ambitieux dans mon essai, c'est connu, je ne crois ni en Dieu ni en la création. Ainsi, pour arriver à parler ainsi, je ne puis que l'expliquer par la limitation des mots. Mes concepts de Dieu et de la création diffèrent tellement de ce que l'homme religieux dit, que je doute que l'on puisse parler de la même chose. Du moins, si nos discours se rejoignent, l'idée de ces concepts a changé avec le temps et leurs discours deviennent si obscurs qu'ils n'ont plus aucun sens aujourd'hui. Je n'ai pas non plus des dizaines d'années à consacrer à l'étude des textes anciens avant de prononcer une seule parole et il serait dérisoire de dire que le plus grand des philosophes ou des physiciens ait une connaissance globale de tous les savoirs dans tous les domaines pour parler avec une crédibilité absolue. Il ne faut donc pas arrêter de parler ou du moins de réfléchir. La critique ne devrait pas enrayer le processus de l'évolution. Ce qui semble incomplet d'abord, prendra forme avec le temps, sinon prendra forme dans l'imagination d'autres. On me détruira à la première lecture de tout ceci, alors j'espère que l'on se souviendra de ces dernières paroles.

Mais il est vrai que je m'amuse, je ne le cache pas. L'ironie déborde de partout et cela me motive, d'autant plus si la frontière entre l'ironie et le réel disparaît. C'est déjà l'accomplissement de mon propre univers où sans aucun doute je suis le seul et unique Dieu. Mais mes idées vont bien au-delà de ces simples écrits. Et j'ai le mauvais pressentiment qu'on ne comprendra jamais mes pensées, pour la simple et unique raison que je ne définis pas suffisamment les mots que j'emploie. Un peu de Jean-Paul Sartre avec son dictionnaire ne ferait peut-être pas de tort. Mais je suis déjà si fatigué et j'ai tant de travail inachevé, cet emploi qui me tue. Rien de plus triste que de découvrir que j'emploie mon temps à engrosser le compte de banque de certains actionnaires qui n'ont que pour simples préoccupations les cotes de la bourse. À chacun son évolution et son expérience à acquérir, l'important est que nous ne serons jamais perdants en bout de ligne.

Inutile de nier qu'il y a du positif même dans ce qui existe de plus négatif  (même dans les

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électrons je dirais). Il existe certes toujours une balance, sinon le tout s'écroule. Il est possible d'arriver à ne voir que le positif à travers chaque élément ou événement, à un point où la négativité n'existe plus sur nos vies et que l'optimisme est de mise même devant une guerre mondiale. Car peu importe les résultats, il y aura du positif, une évolution, et une prochaine guerre mondiale plus meurtrière encore sera peut-être évitée. Certains échecs sont nécessaires pour une réussite accomplie. Ainsi nous pouvons nous exercer à ne voir que le positif en les plus mauvais moments de notre existence, nous plaçant dès lors en face d'épreuves où nous pouvons apprendre plutôt que de subir d'inutiles souffrances inexplicables. Combien de fois me suis-je répété tout cela et que je n'ai pas su voir. La sagesse n'est pas acquise, ni le discernement. Combien de pratique faut-il ? Combien d'années ? Il n'en tient qu'à nous de parler d'années, de dizaines d'années ou de centaines d'années. Vivre de misères et se suicider à la fin de la journée, ou bien voir plus loin et foncer pour le lendemain.

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La cause et l'effet. Où parfois l'effet précède la cause, en apparence, si le temps ne correspond plus à la chronologie qu'on s'en fait (peut-on s'exprimer ainsi ?). Cela, si le temps est distorsionné.

Je parle de l'espace et du temps, que l'on a placés dans une multitude de petites formules mathématiques où la logique règne. Mais si on ajoute quelques variables, il est déjà possible de jouer avec la logique et de la remettre en question. Et même certains phénomènes sont incompréhensibles au point de vue de la logique. Alors la logique évolue et devient autre. Ainsi même la logique évolue au gré d'acquisitions de connaissances et arrivera à remettre en question les concepts du temps et de l'espace, de la cause et de l'effet.

L'imagination répond d'une logique à tout casser dans ce domaine. La psychologie et la psychanalyse y ont consacré un temps énorme, ou un temps restreint, selon le point de vue. On peut franchir des distances énormes, ou petites selon le point de vue. L'acquisition de

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connaissances suit le même chemin. L'imagination semble avoir sa logique propre où le temps et l'espace éclatent et ne répondent plus de notre chronologie terrestre. Ainsi, des gens qui disent vivre davantage dans leur imagination et dans leur création que dans la réalité, vivent dans un espace et un temps où l'effet peut précéder la cause, si toutefois il y a une cause à l'effet. Il est clair que l'on peut voyager dans le temps et dans l'espace à volonté en pensées, alors pourquoi pas dans la réalité, si on peut encore faire la différenciation entre la réalité et le rêve. Fragile frontière.

Pour arriver à voyager dans le temps et l'espace, dans la réalité, qu'est-ce que cela implique vraiment ? Jouer à travers les différentes lignes du temps, en modifier certaines pour le meilleur ou pour le pire. Je ne sais plus quoi croire. On peut simplifier à volonté, ou tout compliquer à l'extrême. S'il y a un pouvoir à tout ceci, on le trouve dans l'imagination et dans le contrôle sur celle-ci. À un point tel où on en arrive à changer la ligne du temps dans laquelle on vit ? Retourner d'un point à un autre à volonté et concrétiser nos pensées.

Puisque tous ces mécanismes sont reproductibles, il est possible de construire une machine qui accomplirait la même chose. Et encore une fois nous faciliterions notre existence. Un argument commun est que nous n'avons jamais eu connaissance de voyageurs du temps. S'il existe une quantité infinie de lignes du temps, pourquoi aurions-nous rencontré un tel phénomène ? Et peut-être aussi que le voyage dans le passé sera limité au jour où enfin la machine sera inventée ? C'est-à-dire que s'il faut un émetteur et un récepteur, il faut que le récepteur existe, or il n'existera que le jour où l'on inventera la machine. Aussi, un tel voyage pourrait coûter encore plus cher que d'envoyer une fusée sur la planète Mars. Dans ces conditions seuls quelques voyageurs chanceux auront la chance de voyager dans le temps, ainsi le tout pourrait être aisément réglementé. Et que savons-nous vraiment de ce que certaines personnes ont expérimenté alors que la simple peur du ridicule tue tout projet dans l'œuf ? Cherchez dans la littérature et vous trouverez des cas exceptionnels de voyages dans le temps. Ils existent, mais vous douterez encore. Personnellement je n'ai pas le temps de faire des études à ce propos ni la motivation pour vous convaincre par des faits concrets que cela existe. Par contre, vous n'avez qu'à demander dans votre entourage et peut-être aurez-vous la chance d'avoir une confession d'une personne qui vous fait confiance.

Certains phénomènes, en imagination, sont très concluants. Malheureusement, même la

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personne en cause doute de ses capacités, se réveille le lendemain et oublie très vite, se convainc d'un rêve heureux où tout était différent. C'est que le monde des idées est considéré à tort comme un monde moins concret que celui de la réalité de tous les jours. Notre vrai pouvoir est cependant dans l'imagination, dans le monde des idées. On vit davantage la nuit que de jour. On règle bien plus de problèmes dans nos rêves que lorsque éveillé. On voyage dans le temps et dans l'espace, même à travers les étoiles, et parfois, si on se concentre, on arrive à se souvenir, et même à développer une conscience propre qui existe à l'état éveillé dans le monde des idées. On arrive à voir les astres, à se déplacer entre les étoiles avec une vision tellement claire, tellement différente de ce que les yeux de notre corps sont capables de concevoir, de transmettre à notre simple cerveau. Il est inutile de nier que de telles expériences arrivent tous les jours à plusieurs humains. Mais la dure réalité du réveil, où il faut retourner travailler, nous empêche d'aller plus loin. Le jugement d'autrui nous empêche de partager nos expériences, et nos exercices n'iront pas plus loin. Ce n'est pas un mal, mais s'il existe un moyen plus rapide d'atteindre nos objectifs, d'évoluer au-delà de toutes espérances, je crois qu'il mérite d'être enquêté.

La science semble inutile aujourd'hui à ce propos, mais elle ne le sera pas toujours, en fait, elle n'est pas tout à fait étrangère au monde des idées. Une union plus concrète changera bien des perceptions et des préjugés, et permettra une évolution plus rapide de la race humaine. De toute manière, tout ce que je dis dérive de la science et de l'expérience (le tout extrapolé), alors que je n'ai pas expérimenté beaucoup et certes pas lu beaucoup. Mais j'en arrive tout de même à certaines conclusions. Il n'y a donc aucune raison de désespérer. Et si une guerre retarde le tout ou rend impossible la chose, il demeurera toujours ces cas isolés et personnels qui appartiennent à tout et chacun et qui permettra à certains de vivre au-delà de la réalité.

 

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Si une anomalie dans le continuum espace/temps transporte quelqu'un dans une réalité différente, que se produit-il ? Première des choses, en est-il conscient ? Probablement pas,     

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il aura la seule conscience d'avoir vécu dans cette nouvelle réalité toute sa vie. Si par chance il arrive à se souvenir de cette première réalité, jusqu'à ne pas reconnaître la nouvelle, il tentera peut-être de retourner dans sa réalité, même si sa nouvelle situation est préférable à l'ancienne. Car n'aurait-il pas l'impression de n'être ni au bon endroit ni dans le bon temps? Si une anomalie dans le continuum espace/temps le transporte en un tout autre lieu, en un tout autre temps, loin de la Terre, que fera-t-il ? Et si soudainement, parce qu'un événement ne survient pas, un enchaînement de l'effet du chaos fait que les morts ne sont jamais morts et que des personnalités connues ne sont jamais nées ? Et si on avait conscience d'une telle anarchie, comment pourrait-on continuer à vivre, sachant que le moindre incident n'importe où dans le continuum peut changer même jusqu'à notre existence ? Un contrôle quel qu'il soit pourrait devenir une arme dont personne n'aurait même la conscience. Qui n'a jamais existé, ne peut laisser de traces dans aucune mémoire, même pas artificielle. Mais qu'en est-il si cette personne existe sur un autre point du continuum ? Qui décidera quelle est vraiment la bonne réalité, la seule qui en vaut la peine malgré l'enfer de l'une et le paradis de l'autre ? Alors il faudrait faire disparaître les traces même d'une idée quelconque qu'un tel contrôle puisse exister.

La science-fiction prend ces idées tellement pour acquis qu'elle arrive aisément à nous faire croire que le continuum espace/temps est modifiable à volonté, comme s'il s'agissait d'une nécessité essentielle. Mais la science, selon Stephen Hawking du moins, semble nous dire que selon la théorie de la mécanique quantique, tous les possibles à un événement dans le temps et l'espace existent simultanément (voir son livre intitulé A Brief History of Time). Jules Verne faisait de la science-fiction très passionnante qu'on en dit, on affirme également que sa science-fiction, avant même la fin de son siècle, s'est avérée science réelle. Ainsi la science-fiction, c'est connu, devient fort souvent réaliste. D'autres scientistes confirment que notre cerveau est capable de bien davantage, suggérant qu'il viendra d'autres temps où nous serons capables d'un tel contrôle sur la réalité, sans même le soutien de la technologie. Ce temps est sans doute à craindre, peut-être même non souhaitable. À moins que justement il ne s'agisse que d'une seule ligne du temps isolée et qu'elle ne concerne que l'univers de la personne concernée. Car on vit dans un monde aux infinies possibilités du monde des idées où on arrive à modeler la matière selon la volonté. À moins aussi que la nature humaine ne soit meilleure en d'autres temps.

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Considérant un nuage de neutrinos en moins, ou d'autres particules positives de l'univers, même une gravité moins forte qui soulagerait bien des maux. Il faut encore communiquer avec des mots, un jour peut-être notre existence sera si simple que ces maux ne seront plus nécessaires.

Je ne rêve pas d'utopie pourtant, je crois que les gens, en une seule entité, traversent un temps où le moindre petit détail est important et composante de leur réalité. Apprendre que d'autres réalités existent, sans pouvoir changer quoi que ce soit en apparence, suggère ou bien un mal, ou bien une nécessité. Bien sûr que tout le monde pourrait être si gentil, sans arrière-pensées effrayantes, de mesquinerie et d'hypocrisie. Mais apprendrait-on à se battre? À gagner ses titres et ses mérites ? Quoi d'autre changerait ? Si le mal est notre essence actuelle, ce n'est peut-être pas inutilement. Qu'est vraiment la perfection, une utopie ? Qu'apprendrions-nous dans un monde parfait ? Rien. Pas d'erreur, de négligence, ni d'injustice. Il ne resterait plus qu'à vivre heureux jusqu'à la fin des temps. Ce qui serait peut-être un mal en soi pour l'objectif collectif fixé dont on ignore peut-être l'essence, bien que l'on puisse aisément s'en former une vague idée.

Tous nous sommes coupables de tous les maux de cette planète. Tous nous sommes responsables de l'évolution de l'humanité. Tous nous croyons cependant n'avoir aucun pouvoir sur rien, incapables de changer quoi que ce soit. Mais il est clair que cette idée fait l'affaire de certaines personnes, même si elles ont les meilleures intentions du monde. Pourquoi attendre un sauveur alors que nous-mêmes sommes capables de miracles. Ils surviennent tous les jours dans les faits divers, événements insolites isolés qui semblent si loin de soi, si loin que l'on croit qu'ils ne concernent personne, n'ont aucune conséquence et on finit par ne rien croire de toutes ces balivernes. Je le sais, je suis le premier à tout discréditer. Je ne crois même pas en l'existence du monde, c'est tout dire.

On dit que, sans la conscience, rien n'est interprétable, dès lors rien n'existe. Alors je questionne cette conscience qui nous a trompés depuis le début des temps. Et je questionne ces fausses notions que nous avons de l'espace et du temps. Voyez qu'à tout remettre en question ainsi, j'en viens à tout percevoir d'une manière si différente, qu'il me semble que j'existe emprisonné dans une fausse existence. Je me conçois partout à la fois et nulle part

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en particulier. Je ne conçois même pas ce que le temps signifie, aucune définition ne serait suffisamment juste pour me faire comprendre un concept dont je n'ai jamais eu connaissance.

Je vis en idée au-delà de tout, dans l'infini, où je rencontre des mondes si identiques au nôtre qu'on en déduit que l'originalité laisse à désirer. C'est que nous existons tous autant que nous sommes dans des univers immensément plus grands que nos corps actuels et immensément plus petits à la fois. Ce qui ne fait plus aucune différence en bout de ligne, car ces mondes s'insèrent les uns dans les autres à l'infini et même nos perceptions arrivent à voir cette non-différence. La science confirmera tout ceci bientôt et il faudra être prêt à remettre en question jusqu'à notre existence, en un sens du moins. Je ne m'exprimerai pas plus clairement, car alors ceci deviendrait un tissu de philosophie amer et inaccessible. Si ce n'est déjà amer et inaccessible. Je crains que la mort ne soit vraiment la mort, car l'état de nos perceptions change tellement qu'en fin de compte il y a vraiment extinction d'un état particulier. Mais je ne crains certainement pas la mort d'apporter un état si différent.

 

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Puis-je m'enfoncer davantage dans mes pensées? Voir encore plus loin, toujours plus loin? Sans effrayer ou perdre complètement le monde ? Est-ce que je rejoins quelques personnes au moins ? Où sont-ils donc ? Il y a longtemps que je ne parle plus de ce qui se passe en moi, j'arrive à peine à l'articuler ici. Sans doute quelqu'un qui aurait expérimenté autant sinon plus saurait m'en apprendre davantage, m'aider à voir pourquoi je me contredis dans ma vision imparfaite du monde. Mais ne m'effraieraient-ils pas eux-mêmes à me confirmer de telles pensées et me laisser entrevoir tout autre chose impossible à conceptualiser ? Dieu que la confiance est nécessaire, et si difficilement gagnée. C'est que je ne crois rien avant d'avoir expérimenté, avant d'avoir vu. Et encore, je doute. Et je tourne au ridicule toute personne qui s'approche de moi et tente de m'implanter les croyances les plus folles. Encore un sale tour de cette nature humaine, je suppose.

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On ne change pas beaucoup en vingt ans, mais je crois qu'on change beaucoup avec les siècles. Et si nous demeurons aveugles, au moins la science-fiction nous rattrape pour nous ouvrir les yeux. Et la science rattrape la science-fiction pour faire disparaître le doute. Reposer mon existence, puisqu'il faut encore utiliser ces mots, sur la science, c'est un peu triste.

C'est un peu le ridicule de voir quelqu'un de voilà deux siècles soudainement entrevoir un avion à propulsion dans le ciel. Tous les tracas qui vont suivre, une nouvelle philosophie complètement à côté de la voie en émergerait peut-être, pour quelque chose de si commun dans nos vies actuelles. Mais si personne ne mentionne qu'il a vu un avion à réaction avant qu'il ne soit créé, qui concrétisera ces idées ? Mais cette analogie est déjà mal choisie. L'avion n'existe pas et attend d'être créé, alors que l'univers que j'entrevois existe et attend d'être découvert. Mais à y penser, peut-être que cette analogie est justement bien choisie, c'est-à-dire que c'est du pareil au même car l'avion existe avant d'être créé. Il s'agit de voir cette création et de la conceptualiser. Toutes les idées sont là à notre portée, reste à notre imagination de les atteindre et à notre volonté de les créer et de les conceptualiser.

Je voudrais arrêter de m'enfoncer dans un monde inconnu, faire croire que je m'enfonce dans un monde inconnu, de rallier le monde à cette idée. Je désire maintenant en revenir à quelque chose de simple, mais d'essentiel. Comme d'enlever la condensation sur une fenêtre pour que le matin la lumière pénètre le salon et qu'une plante survive. Je suis encore dans un de ces états où l'eau est peut-être ma seule survie. Pour l'hydrogène et l'oxygène qui me sont essentiels. À mon cerveau mal formé qui ne demande que de multiples connexions d'un bord à l'autre pour répondre d'un quotient intellectuel trois cents fois supérieur à la norme. Je réglerais alors des problèmes en deux jours plutôt qu'en huit semaines. Je trouverais des solutions là où personne n'en aurait vu.

Ce n'est que notre limitation personnelle qui fait de nous des incapables. Supposons cette limite inexistante. Où serions-nous ? Nous avons les outils pour voir plus loin, travaillons-y. Je sais, chaque chose en son temps. Mais quand vient-il ce temps ? Ne serait-ce que par notre propre pensée que nous pouvons actionner les coins noirs de notre cerveau ? Notre cœur ne serait-il là que pour fonctionner à dix pour cent de sa capacité ? Nous avons vu la survie, mais qu'en est-il du dépassement ? Je ne parle pas de ce qu'autrui voudrait faire de nous, autrui ne voit pas plus loin que ses propres besoins primaires. Je parle de notre  

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capacité de surpasser Einstein dans ses formules sur l'infini, la logique capable de résumer l'univers à une simple équation qui, une fois acquise, ouvre toutes les portes sans attendre de trou noir ou de portes dans d'autres dimensions. Je ne parle pas non plus de science-fiction où l'imagination fleurit mais ne dépasse pas la réalité. Je parle de concrétisation d'idées. Où la mort elle-même ne devient qu'un concept vague sans importance.

J'ai une idée très claire aujourd'hui du jour où je me trouvais à Anvers en Belgique. Puis une autre idée très claire où je me trouvais à Manchester en Angleterre. Pourquoi ces deux villes pourraient-elles être interconnectées en moi, comme s'il ne s'agissait que d'une seule et même ville ? Et j'ai vécu à Bruxelles exactement comme à Paris, à un point tel où je ne saurais faire la différence entre les deux villes. Ce pourrait être la Lune et la Terre, ou le Soleil. Chacun pourrait m'amener des états d'âmes similaires, des sensations pareilles, des idées identiques.

L'analogie compose notre monde, tout n'est qu'analogique, parce qu'il n'y a pas tant de diversité dans ce monde qu'on le pense. Tout est composé de la même chose et fonctionne sur les mêmes principes. Ce qu'un enfant est capable de faire dans un autre monde est impossible pour nous. Impossible parce que nous n'en avons jamais eu l'idée et la détermination pour concrétiser cette idée. Dès que je vois plus loin, je conceptualise des mondes et pendant l'instant d'un moment, ils existent. Ils sont là dans l'immatériel du monde des idées. La technologie, encore une fois incontournable, m'amènerait peut-être un jour à vivre autant dans ce monde que dans la réalité de tous les jours, mais qu'ai-je à attendre de la technologie et de ses preuves irréfutables de ce qui peut être accompli artificiellement ? Je vois que je puis accomplir moi-même en idée chaque chose que je veux, et que si c'est encore inaccessible à autrui, et le demeurera à jamais, c'est qu'autrui n'est pas indispensable à ma destinée et qu'autrui n'existe pas ou n'a que peu d'importance dans la balance de ce qui est vraiment.

Je vois déjà mon univers si différemment de ce que le monde m'en avait appris. Je vois déjà plus loin et commence seulement à entrevoir les capacités de ma personne. Je suis à même de bâtir et de détruire des mondes, et par le fait même, je suis à même de bâtir et de détruire l'univers. Tout fonctionne sur les mêmes principes. Chacun fait la différence en cet univers, chacun est à même de recréer l'univers à volonté et de le détruire à volonté. C'est

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une fausse croyance implantée par autrui que notre incapacité absolue envers tout et contre tout. Peut-être venons-nous au monde avec cette idée d'être des incapables, peut-être apprenons-nous que nos seules possibilités en ce monde sont de monter dans une certaine hiérarchie sociale et de rapporter des capitaux au nom d'une compagnie qui appartient à des créanciers. Nous avons été détournés de notre vrai objectif, si nous savons encore le voir, si nous ne l'avons jamais su.

J'ai une vision paisible du Mont Saint-Michel en ce moment, cela me guérit de toute la merde qui m'a accompagnée depuis un mois dans mon emploi à Victoria. De là-haut, avec la mer tout le tour, je vois autrement plus loin dans l'espace qu'assis dans mon salon à Isleworth. Et de plus loin dans l'espace, je vois autrement différemment qu'ici sur la Terre. Et qu'en définitive, je conceptualise que l'espace n'est que perceptions, mais ça je l'ai déjà dit, déjà pensé et même digéré. Des portes sur d'autres dimensions ? Ma tête en est pleine, je n'ai qu'à y réfléchir, m'y attarder et à expérimenter. Mon imagination, si on doit résumer le tout à cela, est capable de me faire découvrir de l'inconnu, même que je me demande jusqu'à quel point le tout ne demeure pas que ma propre création. En laquelle je crois trop fermement parfois, d'ailleurs.

Si la réalité est devenue ce qu'elle est, c'est que nous avons bien voulu la laisser devenir ce qu'elle est. Si la mort est un châtiment terrible et inexplicable, c'est qu'un innocent avant soi est venu nous dire qu'il en était ainsi et que nous avons été nous-mêmes suffisamment innocents pour le croire. Maintenant je dis qu'il est temps de tout reconsidérer, chaque définition du dictionnaire, chacune de nos croyances les plus frivoles. Là réside la clé de l'existence. Qui peut prétendre posséder une clé à l'existence ? Moi. Parce que si ce n'est que par les définitions que l'on s'exprime et que l'on comprend les concepts, je crois que l'on est alors si limité que l'on ne verra jamais plus loin que son jardin. Et que s'il est en mon pouvoir d'inventer toutes définitions et tous concepts, alors l'existence est infinie et absolue à la fois. Elle éclate entre mes doigts et il n'y a plus aucune limite qui m'empêchera de voir au-delà de l'univers.

Comment accepter une réalité si irréelle, qui existe au-delà de la matière qui nous semble si chère ? Comment peut-on vivre au-delà du monde que l'on a toujours vu si concret ? Et comment puis-je concrétiser mon monde à vos yeux ?   Je ne le puis sans doute pas, chacun

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est en pouvoir d'atteindre l'inconceptualisable. Mais passé une certaine frontière, il n'y a plus rien que je puisse dire qui soit sensé.

Sommes-nous de pauvres êtres mortels qui évoluent seulement au rythme des générations, avec l'impossibilité nous-mêmes d'accéder à un certain savoir sans l'aide de nos vingt-cinq générations précédentes qui ignorent jusqu'au premier détail dans l'univers qui nous a frappé ? Ou sommes-nous nous-mêmes au-delà des générations, capables de voir davantage que notre quotidien fastidieux ? Et si la communication est possible à d'autres niveaux, il est de notre devoir d'atteindre ces autres niveaux. S'il y a autre chose plus près de nous avec qui nous pouvons communiquer, je crois qu'il est temps d'arrêter l'idée du rêve et d'y voir la réalité. Antonin Artaud disait : "Et d'où vient cette abjection de la saleté ? De ce que le monde n'est pas encore constitué, ou de ce que l'homme n'a qu'une petite idée du monde et qu'il veut éternellement la garder ? Cela vient de ce que l'homme, un beau jour, a arrêté l'idée du monde."

 

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Le déjà vu. Les univers parallèles, où il serait possible, inconsciemment, de s'envoyer des messages d'un moi à un autre moi. Comme si l'un dans son univers avait la puissance d'aider un autre moi dans un autre univers, de façon inconsciente. Quel pouvoir cela peut devenir si le tout peut être fait de façon consciente ? Si je compte une caisse et qu'à la fin des calculs tout me montre le chiffre 11, alors je sais que c'est un message, sans trop savoir d'où il vient, et alors j'ai tendance à changer quelque chose dans ma vie qui serait susceptible d'être une erreur éventuelle qu'un autre moi aurait commise. Je prends un moyen différent qu'à l'habitude pour arriver à la maison, j'annule des rendez-vous, j'accomplis l'imprévisible en rapport au prévisible ou par rapport à ce qui a été déterminé d'avance dans mon horaire du temps.

Ainsi on reçoit ces messages assez souvent, ces coïncidences que l'on juge bizarres, alors

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qu'elles sont essentielles. Si je pouvais prévoir un accident, j'éviterais cet accident. Si j'expérimente cet accident, je peux du moins m'assurer que d'autres moi en d'autres univers parallèles éviteront l'accident. C'est une façon d'apprendre de nos erreurs et même de continuer à vivre sans les erreurs qui pourraient tout remettre en question, mais avec l'expérience tout de même assimilée. Ainsi nous sommes indissociables de ces autres moi dans ces univers parallèles. Nous sommes tous interconnectés pour ne former qu'une seule entité qui avance sans ne rien manquer de tous les éléments et variables de notre univers.

Tout cela n'est que théorie, mais certaines preuves, aussi infimes qu'elles soient, prouvent les théories, d'une certaine manière. Je ne puis probablement pas en exposer les preuves, mais chacun dans son univers quotidien apprendra sans doute à voir ces événements et à apprendre à les contrôler davantage. Ainsi on arrive plus rapidement à nos objectifs.

Nous pouvons perdre énormément de temps avec tous nos moi parallèles, prisonniers d'événements ridicules et d'expériences frivoles qui nous laissent loin de notre but final sans doute différent à chacun. Si un de nos moi actionne quelque chose, les autres suivent, voient peut-être de différentes possibilités intéressantes que d'autres ne verront pas. Sûrement tout le monde a expérimenté au moins un déjà vu. Moi-même cela m'arrive assez souvent et clairement j'ai cette manie de vouloir tout changer, ma prochaine parole que je sais être telle... je m'organise pour arranger les événements pour justement éviter cette parole. Or, nous pourrions émettre la possibilité d'une boucle dans l'espace/temps, comme si nous revenions en arrière pour justement nous permettre de ne pas répéter les mêmes erreurs ou suivre les mêmes embranchements sans issue. Si chacun contrôle son univers, il est certes possible de se placer où on veut sur la ligne du temps, recréer le tout n'importe où à volonté. Ainsi nos moi ne seraient peut-être qu'un seul moi, qui donne l'impression de ne pas être seul.

En ce moment je sens mon moi inactif, une grande perte d'énergie, une vie actuelle inutile. J'avais des priorités, ou du moins mes parents m'en avaient élaborées, et j'ai tout gâché. Pourtant j'ai ce pressentiment que ma destinée va comme elle devrait aller et que rien ne devrait changer. Sinon que mes parents n'auraient jamais dû m'être un obstacle en premier lieu. Mais où serais-je alors ?

Je suis une construction, du moins on m'a aidé à construire ce que je suis. J'aurais pu être

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programmé tout autrement, m'excitant à l'intérieur de quatre murs blancs si on avait daigné m'enfermer dès ma naissance jusqu'à aujourd'hui. Réussir à ouvrir la seule porte de ma cellule aurait pu être mon seul objectif de vie, et peut-être ne l'aurais-je jamais accompli. Ainsi on m'a placé sur la terre avec certains autres objectifs et toute ma vie je n'ai fait que poursuivre d'autres buts qui me sont inconnus.

J'y consacre moins d'énergie qu'on pourrait le croire, à m'apitoyer sur la faillite d'autres objectifs. Je ne serais pas heureux si j'avais écouté tout ce que l'on m'a enseigné. Maintenant, je ne suis peut-être pas tout à fait heureux avec les buts que je me suis fixés. C'est que j'ai parfois l'impression que même l'accès à ces grandes villes, à ces champs verts, tout cela représente en fait quatre murs blancs dans lesquels j'évoluerais au mieux de mes insurmontables limites. Je pourrais même ignorer que d'autres humains comme moi existent, si on avait fait en sorte de me nourrir sans que je puisse voir mes bienfaiteurs.

Une peinture vit en deux dimensions, il n'y a donc pas de mouvement possible. Moi, j'évoluerais dans trois dimensions. Hauteur, largeur et longueur, x, y et z. On parle d'autres dimensions... D'autres dimensions seraient difficiles à interpréter puisque notre cerveau n'a pas été habitué à les distinguer. Je pourrais aller lire des briques sur le sujet, juste pour comprendre de quoi je parle, quelles ont été les recherches et les trouvailles des autres, mais je n'en ai pas l'intention. Je réfléchis par moi-même avec les données que j'ai accumulées, et l'observation et l'expérience font le reste. On émet l'hypothèse (que l'on a peut-être déjà vérifiée) que l'humain est capable d'atteindre ces autres dimensions, de les voir. Il est prouvé que certains ne voient pas la troisième dimension. Ou du moins ont de la difficulté à voir en trois dimensions. Tout semblerait pour eux comme une peinture, les ombrages feraient la perspective nécessaire à leur vision du monde. Mais ces gens vivent tout de même dans un monde à trois dimensions. Or, tout n'est que perspective. Peut-être que nous vivons tous dans un monde à plusieurs dimensions, mais n'en voyons que trois de façon très évidente, sans vraiment prendre conscience des autres. C'est que tout cela n'est que concepts et définitions, et que les concepts et les définitions peuvent s'étendre à l'infini, au gré de nos interprétations.

Il semblerait que notre domination de la matière aille au-delà de ce que nous pouvons percevoir. Je croirais que notre pouvoir est effectivement infini puisque nous sommes la

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seule cause de l'existence de toute chose, puisque tout n'existe que par nos perceptions, relatif à notre vision. Nous construisons un univers nous-mêmes, nous le voyons comme nous voulons le voir. Si j'étais né sourd, muet, aveugle, sans les sens d'olfaction et du touché, je vivrais tout de même, mais je ne verrais rien de ce qui compose ce monde. Pire, ma capacité de rêver ou d'imaginer, sans jamais n'avoir rien vu, serait nulle. Je pourrais tout de même vivre. Aurais-je une quelconque conscience d'exister ?

Je ne fais que provoquer la réflexion, je n'apporte réponse à rien et je ne fais que présenter des pistes à suivre. À vous d'élaborer vos propres idées, vous en avez certes la capacité, et la possibilité de voir l'univers tout autrement. Et vous n'auriez tort, quand bien même vos idées sur l'univers seraient tout à fait à l'opposé des miennes. C'est que ce paradoxe ne saurait jamais en être un. Nous parlons de la même chose, sans aucun doute, nous ne faisons qu'expliciter autrement nos points de vue.

Une télévision est une invention si commune dans nos vies que trop souvent on ne s'arrête pas pour réfléchir aux implications de ce phénomène. C'est dire que ce n'est plus un phénomène que cette capacité d'enregistrer, même numériquement, les sons et les images. On fait de même avec le sens de l'olfaction, des constructions très simples peuvent enregistrer une odeur et la reproduire synthétiquement. D'autres machines reproduisent le sens du touché et peuvent même envoyer au cerveau de fausses informations sur notre condition physique et mentale. La prochaine étape est celle de la matière. On se souviendra de cette fameuse photo dans le journal où un laboratoire a pu, atome par atome, former les trois lettres suivantes : IBM. La manipulation de la matière est plus près qu'on le pense, la possibilité d'enregistrer exactement la composition moléculaire d'un objet et de le reproduire à des kilomètres de distance appartient à la logique, et la science y arrivera. Peut-être qu'elle y est déjà arrivé, mais qu'une telle invention ne devrait pas tomber entre des mains sans scrupule et ainsi on tait les découvertes. Un peu comme de découvrir la possibilité de voyager dans le temps à l'aide d'une invention.

La seule structure de l'ADN permet de reproduire une deuxième Dolly Parton, identique jusque dans ses talents de chanteuse Country (ce qui est inutile et effroyable à la fois, une seule Dolly Parton suffit). Une machine n'aurait même pas besoin d'enregistrer la structure

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moléculaire de quelqu'un pour la transposer ailleurs, elle n'aurait qu'à connaître la clé, simple formule mathématique, que représente la structure de l'ADN. Maintenant, si on enregistre la structure moléculaire de quelqu'un et qu'on peut reproduire cette structure ailleurs, il est clair qu'on peut la garder en mémoire et matérialiser le tout dans mille ans. Pour la personne rematérialisée, le voyage serait pratiquement instantané. Mais ceci n'est pas à proprement parler un voyage dans le temps. L'ADN ne garde pas en mémoire les déformations du cerveau qui composent les souvenirs. De nouvelles découvertes, comme par exemple de nouvelles formes d'énergie, permettront peut-être artificiellement la rematérialisation en d'autres temps.

On dit maintenant que l'Univers serait différent des perceptions que l'on en avait. L'Univers serait fait en rond, une hyper-sphère, peut-être un cercle non fermé. Un peu comme la Terre avant que nous puissions comprendre qu'elle était ronde, ou plutôt ovale. On dit également que l'on pourrait relier deux bouts extrêmes de l'Univers ensemble. Ainsi on serait susceptible d'atteindre l'autre bout de l'Univers en un instant. J'ignore si on pense l'Univers fini, ou plutôt un Univers peut-être fini à l'intérieur d'un plus grand Univers. Comme si l'Univers était un corps moléculaire, comme un humain, corps qui appartiendrait à un plus grand Univers.

Ce n'est que depuis peu que les nouveaux télescopes dans l'espace nous apportent des images impressionnantes de l'infini dont nous faisons partie. Les images sont frappantes de ressemblances avec ce que l'on serait susceptible de capter dans des laboratoires qui observent par exemple le corps humain. A-t-on fait des études sur le sujet ? Ces études sont-elles accessibles à tous ? Et qu'est-ce que cela changerait de toute manière. Mais les agglomérations de galaxies, aussi loin que l'on puisse voir, forment ce qui ressemble aux branches d'un arbre, ou les bronchioles dans les poumons, ou tout ce qui est similaire à de petites veines, des nerfs, ou même les connexions dans un cerveau.

J'observe ce qui sera évident demain à ceux qui posséderont une technologie plus élaborée, des instruments de mesures capables de voir infiniment plus loin dans l'espace et infiniment plus loin dans nos structures moléculaires. Mais plus simple encore que tous ces agencements atomiques, il y a la pensée, capable de projeter dans l'espace des images en

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deux dimensions. Mais si vraiment les images de notre imagination étaient en fait en trois dimensions, avec possibilité de s'y incruster entièrement plutôt que de se réveiller soudainement ou de penser à autre chose soudainement, et de reconstruire immédiatement un tout autre milieu aussi en trois dimensions ?

Et si nous étions ici, sur la Terre, prisonniers de la pensée de quelqu'un, avec tout de même la capacité de former nos propres univers, jusqu'à ce que nous apprenions nous-mêmes à penser la matière et à la concrétiser à notre idée ?

Il n'y a rien de nouveau dans ce que je dis, je ne suis pas le seul à en parler, j'en parle pour voir si je ne pourrais pas voir plus loin, si je ne pourrais pas développer moi-même certaines aptitudes pour me permettre d'atteindre, sans l'aide de machine, d'autres univers. Apporter peut-être un seul élément supplémentaire ou une idée qui permettrait peut-être à un autre de reprendre là où j'ai laissé, pour voir encore plus loin que ce que j'ignore et qui existe peut-être ailleurs ou existera peut-être un jour. Mon temps n'est donc pas perdu, si je ne travaille pas pour moi, je travaille pour d'autres, et en fin de compte, je travaille pour moi puisque je fais partie de l'ensemble, comme si nous étions "un", bien que ce "un" serait multiplié en des milliards d'unités individuelles jusqu'à une certaine limite. Car l'autonomie de l'homme est-elle réelle ? Cette individualité apparente est-elle à remettre en question? Parce qu'enfin, nous sommes tous énergie, reliés l'un l'autre, construisant un même univers relatif en distance et en temps. S'aliénant les uns aux autres, vivant d'interdépendances qui nous évitent de voir à l'ensemble.

Je suis incapable de me nourrir par moi-même, je ne vois pas comment je pourrais construire un abri où me loger et je ne parle pas de mon incapacité absolue à comprendre quoi que ce soit de toutes ces machines et constructions qui m'entourent. J'ai tout pris pour acquis et de cette acquisition je déblatère encore davantage.

On parle en médecine de ces micro-chips susceptibles d'être installés dans le cerveau pour nous permettre de faire toutes les interconnexions nécessaires pour améliorer nos capacités de façon faramineuse. En commençant par l'organisation de toutes les données qui y parviennent, mémorisation absolue de tout, avec possibilité de faire des enchaînements aussi rapides et efficaces que les meilleurs ordinateurs qui existent. L'avenir de l'humanité

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pourrait être plus grandiose que nous le pensons, si une bombe n'explose pas au bon endroit ou une guerre chimique ne nous efface pas de la surface de la Terre. Je ne vois pas cela comme une perte de toute manière, tout est là, tout existe, tout a existé, tout existera toujours. Même si ce n'est que sous forme d'énergie ou d'ondes déformées. Tout est rematérialisable, tout est pensable, toutes les possibilités sont infinies, au-delà de nos connaissances, ou bien même selon nos connaissances qui ont toujours existé mais que l'on ne peut rassembler qu'avec difficulté.

Je comprends maintenant Platon et Socrate avec leur réminiscence. Mais je ne pouvais pas accepter leur définition ou même la comprendre. L'expérience m'en démontre la vérité. Un simple ajustement de mes perceptions m'en montre la vérité. Et ce qui est intéressant, c'est que je suis partie d'un autre point pour arriver à certaines conclusions similaires. Voilà pourquoi je peux accepter et comprendre leurs idées, pour autant que les traductions et les changements de définitions que certains mots ont pris avec le temps n'ont pas trop déformé leurs discours, dans la mesure aussi qu'ils ne soient pas entièrement incompréhensibles aujourd'hui.

Ce qui est le plus important, c'est que la technologie et la science ne sont pas essentielles à l'atteinte d'une certaine perception de l'univers et des mécanismes de l'existence. Certains philosophes, longtemps avant la naissance de Jésus-Christ, avaient su voir les structures atomiques et leur rapport avec l'Univers. Encore qu'ils possédaient peut-être des instruments dont on ignore l'existence, et même pire, dont on doute l'existence. Peut-être aussi n'avaient-ils que le seul pouvoir de leur imagination et de la pensée pour voir au-delà de nos connaissances actuelles.

Je crois que la prétention est nécessaire à tout philosophe. Vaut mieux partir avec l'idée que l'on connaît tout mais qu'il reste à identifier et à raffiner nos idées. C'est lorsque ce raffinement devient très profond que l'on perd le fil et que l'on doute de l'ensemble. Je retire ce que j'ai dit à propos de la philosophie, loin d'être inutile et de bâtir des maisons sur des hypothèses, au contraire, elle construit l'univers autant que l'imagination apportera des mondes en plusieurs dimensions dans lesquels on vit et l'on vivra. Car tout part de l'idée que tout ce qui a été pensé existe. Je pourrais me tromper grandement, et encore, ce ne

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serait pas se tromper. Tout est à définir et à redéfinir à l'infini, comme l'Univers, et rien ne nous arrêtera peu importent toutes nos idées et nos philosophies rassemblées dans un même sac jetable après usage. Recyclable surtout. J'ai même une longueur d'avance sur eux, je peux me réveiller le lendemain et penser tout autrement, tout reconstruire l'histoire de la philosophie du jour au lendemain. Et ce serait en revenir à l'idée de reconstruire l'Univers du jour au lendemain. Ainsi je ne me contredirais pas trop dans mes propos avancés plus avant.

Mais la cohérence n'est pas mon but, et la contradiction est essentielle dans nos perceptions incomplètes de l'ensemble. Trop de variables entrent en ligne de compte pour tenter d'éliminer toute contradiction, puisque ce qui semble être un paradoxe, fort souvent n'en est pas un. Ainsi j'affirme que ce que chaque petit philosophe ou écrivain, médiocre ou reconnu, a dit, est vrai. Si je dis que les chevaux sont bleus, c'est vrai. Je l'ai pensé, je l'ai dit, vous l'avez vu dans votre tête et ça existe. À partir de ce moment la logique répond à de tout autres paramètres et je vois l'ensemble du savoir comme un amas impressionnant de tout qui permet l'élaboration des concepts les plus frivoles et les plus fous. Partant de là, tout est possible et ainsi rien ne peut être contredit. Nous sommes comme une seule entité qui emmagasine toutes ces informations et qui continue son chemin pour atteindre quelque chose de grand, ou alors un ravin sans fond. Quelle importance de rêver à ce pont sur l'infini? S'il s'agit d'un rêve, rêvons-le bien. Et sur ce, je m'en vais rêver. Bonne nuit.

 

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Un bon matin j'ai découvert le rêve, puis je l'ai oublié. Un autre matin, alors que je me suis réveillé au septième étage d'une tour à bureau à Victoria, avec un titre aussi péteux que coordinateur en marketing, j'avais tout de même la vue attendrissante du jardin arrière de la Reine de l'Angleterre et du Commonwealth pour apaiser ma souffrance. Puis, avec cette possibilité que l'on faisait planer sur moi de devenir très bientôt un Manager en Marketing,

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j'ai bien compris que le cauchemar ne s'arrêterait pas là. Ainsi je fais maintenant tous les efforts du monde pour m'envoler par la fenêtre, voler autour de Victoria et du Palais Royal. Mais pour moi Victoria c'est la misère, c'est cette vieille que je vois chaque matin au coin de la rue, près de l'homme qui vend des Evening Standard et de l'autre jeune femme idéaliste qui vend des Big Issues. C'est cette vieille de 80 ans peut-être qui s'assoit dans le coin et qui ne demande rien, toute sale, sans même observer ce million de personnes qui défile devant elle chaque jour. Un regard amer mais fort puissant, qui entre dans le sol, à la recherche d'une quelconque racine, s'il en existe encore entre les stations de l'Underground vieux de 150 ans.

Victoria c'est ma chambre d'hôtel où je vivais sans avoir une livre cinquante-neuf pence pour mon œuf McMuffin chez McDonald le matin et surtout mon café avec un lait s'il vous plaît. C'est aussi ma montée dans la hiérarchie sociale. Et si un homme ne m'avait pas ramassé dans la rue, ne m'avait pas offert un Bean Burger chez Burger King alors que je ne mangeais plus pendant des jours, j'y serais encore. Et malgré mon titre, je ne vivrais pas mieux, car mon titre ne me donne pas davantage d'argent, fait étrange.

Victoria, c'est ma mort lente, la découverte de la vraie vie sociale comme on la connaît dans les grandes villes industrialisées de ce monde. Là où entrer des chiffres dans un ordinateur, à la longue, fini par tuer encore plus que de s'arracher les mains sur un marteau-pilon toute la journée pendant des mois. Mais j'ai eu du plaisir, de bons souvenirs de ma misère. Des nuits où la police m'a retrouvé la tête pendante dans la rivière dans St. James's Park. À cinq heures du matin, me promener en bedaine dans les jardins de la reine, parfois même avec une nouvelle personne rencontrée dans un club la soirée même. Je n'avais même pas de musique alors, mais j'avais le rêve.

Aujourd'hui je suis davantage endetté, mais je mange à ma faim. Plus j'approche du sommet, plus je souffre. Pourquoi suis-je donc venu au monde pour apprécier la misère ? Pourquoi la sécurité me serait-elle un danger à éviter ? Et pourquoi le rêve ne se nourrit que de misère et que la sécurité m'enlève le rêve ? L'espoir en un jour meilleur me garde en vie, mais aussitôt que j'atteins ce meilleur jour, je n'ai qu'un espoir, celui de retourner dans ma misère.

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Aujourd'hui je vois ma réussite comme un moyen de me payer ma misère. Je retournerais dans ma chambre sale et pleine de petites bêtes si j'avais l'argent, et je me débarrasserais du superflu, comme je vivais alors. Avec l'été tout à moi, et Londres tout à moi. À vivre un peu partout, marchant des kilomètres à pied, ou plutôt des milles pour me rendre là où j'entrais gratuitement entendre la musique de Londres. Avec un accès infini dans la vie d'autrui que je rencontrais éparts dans les pubs.

Je ne puis souffrir une autorité quelle qu'elle soit. Même pas la mienne sur un autre. Et pour cela, je suis prêt à me battre contre autrui et contre moi. On pourrait dire que je plie comme un ver de terre, que je m'adapte comme un caméléon à un environnement malsain qui ne demande que la révolution. Mais c'est faux. Je pense encore, je rêve encore, je suis là, à Victoria, au septième étage, mais je suis dehors, je suis ailleurs, je suis partout dans l'Univers où je veux être. Je suis libre, encore libre de jouir de la vie, de souhaiter dix-sept heures trente pour enfin m'envoler alors que je suis déjà si loin.

Et je me demande où je trouve la force de mépriser ces vieux qui roulent en Mercedes, qui travaillent avec moi et qui me sous-estiment avec raison, car je n'aurai jamais leur mentalité. Et je me pose la question, pourquoi peut-on leur offrir une telle voiture et une telle maison pour ce qu'ils accomplissent dans leur misérable vie ? Et j'ai peine à comprendre comment moi, à rentrer des chiffres dans un ordinateur, j'arrive, avec mes collègues, à remporter plusieurs millions de livres sterling par an à quelques hommes en complet-cravate qui ne font absolument rien de leurs journées, sinon peut-être rêver, si cette chance existe encore dans leur cœur. Et tout cet argent que je leur ramène, moi, je ne m'en garde pas suffisamment pour me payer un café, ou pire, une bière.

J'ai fini par accepter ce monde, à le prendre pour acquis et j'arrive à ne plus mépriser personne. Je n'en vois pas la raison, sinon m'empoisonner l'existence. Mais je voudrais fuir, encore une fois, ma vie. C'est déjà planifié dans les astres, la roue est en mouvement quelque part, ma destinée ne peut pas s'arrêter au septième étage d'une tour à bureau, quand bien même ce serait à Victoria et que je roulerais en Mercedes. Mais où fuir ? Fuir m'a emmené à Londres. Je ne sais plus trop où je pourrais fuir, même que j'ai la nette impression que mes problèmes seraient toujours les mêmes. Un problème de naissance

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peut-être, ou psychologique et profond. Mais je sais que tous sont comme moi, que tous pensent de la même manière, et que rien ne change et que rien ne changera et que c'est peut-être mieux ainsi, qui sait.

Il est onze heures trente-sept du soir, ça sent l'été encore une fois, et je me tracasse, mon cœur se met à battre fort, je sais que si je ne vais pas au lit, demain je souffrirai. Plus je tarde à aller me coucher, plus les chiffres n'entreront plus aussi facilement dans la machine et l'on jugera mon potentiel éteint, mes possibilités d'avancement nulles. On me remerciera de mon travail insuffisant en me laissant pourrir dans ce département des télécommunications et de radiodiffusion et je ne sais même pas si c'est mieux de pourrir à cet échelon ou pourrir à un autre plus élevé.

Qu'on le veuille ou non, on embarque dans leur jeu, le stress fini par percer notre cœur et on se retrouve des nuits durant à ne plus être capable de s'évader en pensées vers des horizons où l'air circule. Je voudrais me voir au Château Osterley, à résoudre des mystères à la Sherlock Holmes laissés par un descendant lointain. Je voudrais me perdre autour de la rivière et dans la forêt du Parc Osterley, y dormir la nuit, y faire mon nid. Il semble que je demande trop en ce monde qui vit dans le virtuel et qui ne m'offre que la chance de me créer mon propre monde virtuel à l'intérieur du leur. Et si tous ces mondes se brisent un jour, dans quel état serai-je pour enfin apprécier mon parc ? Les chances seront grandes que le Parc Osterley ne me dira plus rien. C'était une façon de m'évader, de contrebalancer une réalité horrible. Tout s'envolerait, mes rêves, mes espérances, le sens que je donnais à mon existence.

N'y aurait-il donc aucune porte de sortie ? La vie ne serait-elle que de longs corridors sans fin dont même la mort serait le couronnement de l'échec ? N'y aurait-il que l'échec au bout de ce que chacun depuis longtemps considère comme la réussite ? Je vois une porte de sortie, je l'ai décrit en long et en large et même au-delà. Mais j'y suis comme dans un rêve et le lendemain je retourne travailler. Et je ne puis malheureusement pas l'accepter. Je n'ai rien à prouver à personne, je n'ai rien à me prouver moi-même. Je n'ai pas de destinée grandiose à accomplir, je n'ai pas de succès à aller chercher nulle part, je ne veux plus de cette vie, je ne veux plus rien. Il me semble que j'ai tout vu et tout entendu, et que même ce

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que je n'ai pas vu, il me semble que je l'ai vu et que je ne veux plus l'entendre. Je ne veux plus de cette vie, je ne veux plus rien.

 

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À un extrême, il faut répondre par un autre. Je suis sorti avec ma future femme (nous nous marierons un 4 avril) et mon copain en titre au Astoria, Tottenham Court Road. Je ne sais plus trop si nous y étions ou si nous étions ailleurs, mais je me souviens que ma femme draguait un monstre habillé de cuir et que j'ai fait les présentations. Nous avons apeuré tous les touristes innocents dans l'Underground, tous croyaient que nous étions prêts à leur sauter dessus, les voler et les violer peut-être. Une rangée de jeunes hommes presque nus m'ont courtisé, mais j'ai déjà pris des engagements ailleurs, je suis deux fois marié. Ah la vie de couple, avec une fille au clitoris percé d'un jonc de mariage. Elle est souvent sur la cocaïne, elle est dans le rouge dans son compte de banque, elle habite un appartement qui ne lui appartient pas, elle attend que les propriétaires se procurent un ordre d'éviction pour partir, ses amies sont rasées avec une houppe de cheveux sur la tête, on a pu nous voir un peu partout dans les pubs de la ville. Notre mariage sera célébré à Camden et la dame d'honneur est plus masculine que je ne le suis et l'homme d'honneur est un drag queen qui se présente au concours Miss UK Asiatic et a de grandes chances de gagner. Plus rien ne nous arrêtera dans notre délire et je tiens pour acquis que je ne regretterai rien de ce projet de malade mental. N'empêche qu'on aura tout de même des avocats, un contrat prénuptial et mon retour de taxe est en danger, elle veut en garder la moitié. Ne serait-il pas ironique qu'un mariage de convenance, fait pour contourner les lois, puisse se retourner contre moi à cause des lois inhérentes au mariage ? Mais je lui fais confiance, et la suite m'en dira davantage.

Parfois je me demande si je ne devrais pas repartir illico pour le Canada, laisser derrière moi ma vie londonienne, mon premier vrai emploi et puis quoi encore. Ma vie ne devrait pas devenir sérieuse, et en ce moment elle me le semble trop. Je suis encore jeune, mais je suis

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embarqué dans une roue qui ne s'arrêtera pas au prochain feu rouge et il me semble que je prends trop de vitesse. Les voies de sortie n'existeront plus, jusqu'à ce que je découvre que je suis sur l'autoroute pour l'enfer et que je suis damné.

On m'a présenté le grand Directeur général de la compagnie aujourd'hui, tout le monde s'est jeté à ses pieds. Comme j'aurais pu le déduire avec mes préjugés, il est gros, laid et semble ne pas avoir fait grand-chose pour atteindre le sommet. J'aurais eu envie de faire de l'éclat et de l'envoyer royalement chier, mais il aurait eu raison en bout de ligne, on m'aurait mis à la porte et on m'aurait vite oublié. Comme la dernière fois où j'ai mis les pieds à la Sorbonne. Mes professeurs doivent encore se demander ce que je suis devenu, croyant sans doute que j'ai raté ma vie, que j'ai laissé tomber toutes les chances que j'avais de devenir quelqu'un dans ces sociétés.

Même si c'est inconscient, je sais que j'ai déjà mis en route une série d'échappatoires pour me faire mettre à la porte. Déjà le mois d'avis que je dois donner avant de quitter la compagnie me démange, je regrette d'avoir signé un contrat qui stipule que je devrai faire des heures supplémentaires sans être payé. Et je suis incapable de faire comme mon collègue qui marche haut et fort, puissant de son petit titre de coordinateur de marketing et qui se voit déjà directeur général alors qu'il n'a aucune chance. À ce titre, j'aimerais mieux attaquer des touristes sous la ville de Londres. Prendre une femme avec mes deux bras et la traumatiser pour le reste de ses jours. La tuer aussi, pour lui rendre service.

Regardons la vie en face, il existe des solutions, mais je ne les vois pas. Si j'embarque dans la vie avec l'espoir de m'en sortir, je ne m'en sortirai jamais. À la retraite, c'est déjà trop tard. Le mal est fait, la culpabilité nous ronge, les mauvaises décisions nous tuent, les bilans seront toujours négatifs, même pour les directeurs généraux. Les dommages sont permanents. Il me reste la prostitution, mais ça aussi c'est une roue vicieuse, c'est embarquer dans le bateau et ça ne pardonne pas.

Le fait demeure que j'embarquerais dans la vie, mais pas selon ce que les autres en ont fait. Il existe d'autres définitions et c'est à moi de les trouver, sinon de les inventer.

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Je ne me souviens pas où je suis né. Je ne sais même pas si je suis né. Où donc habitais-je, quel est mon passé, ai-je des parents et une famille ? On prend pour acquis que je suis un homme, mais suis-je un homme ?

Je n'ai que des souvenirs de l'été de mes 23 ans. Comme si j'en avais maintenant le double et qu'il ne me resterait plus que les regrets d'un temps passé, sensationnel, avec des clubs comme Popstarz, Mis-Shapes, additionnés de Marianne Faithfull et une personne qui habitait à Russell Square. Dieu que j'étais heureux et cela c'était voilà neuf mois seulement. Je me demande comment l'été de mes 24 ans pourrait être encore mieux. Même l'endroit où j'habite en ce moment à Isleworth-Osterley me ramène des souvenirs d'avant la Belgique que je ne puis plus saisir au moment même. Comme les chansons de Léonard Cohen, qui sont quelque chose de si spécial qu'on a peur de le perdre. Je ne puis apprécier mon état présent, mais si je partais pour Paris le soir même, aucun doute je regretterais mon bien-être actuel.

Comment se rendre compte de l'état présent, comment vivre sa nostalgie au moment où les événements surviennent ? Comme ces journées chaudes de l'été passé, où je rencontrais ce jeune homme de 18 ans et qu'on allait s'exhiber la bedaine sur le gazon du Musée des Beaux Arts ? Et cet autre ami qui avait sur Westbourne Grove un appartement minable, il venait de Liverpool ou quelque chose du genre. On écoutait Radiohead alors. Et l'autre de Clapham qui appartient à un univers que je ne connaîtrai peut-être jamais, même qu'il ne sait peut-être pas apprécier cet univers autant que moi j'ai pu le voir et en jouir.

Ces moments sont là, ils ne mourront pas. À cette époque je savais l'apprécier, je savais que j'étais heureux lorsque je marchais à Piccadilly Circus à cinq heures du matin et que c'était rempli de monde sur Old Compton Street. Je m'achetais un sandwich avec mes derniers pence et la vie avait une signification pour moi. J'allais travailler dans un café, The Box, à Covent Garden, sur le Seven Dials. On m'a jugé incompétent, comme c'est triste. Ne vivrais-je donc que de nostalgie, où le moment présent ne construirait que ma nostalgie future ?

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Voilà pourquoi alors il me faut vivre à plein en tout temps. Mais vis-je à plein en ce moment ? Une chose est sûre, je ne changerais rien à mon passé. Il est comme il devait être et je ne regrette plus rien. Je n'ai aucun regret, malgré tout ce qui m'a tourmenté pendant des mois où je ne souhaitais qu'une chose, mourir. Ma nostalgie me construit, elle fait ce que je suis.

 

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J'ai fait une alliance, une alliance avec l'étranger, l'inconnu. J'ai peur, mais mes peurs s'avéreront vaines. Je suis fort, plus fort qu'avant mon alliance. Je parle de ce que vous ne pensez pas. Car je vois plus loin. Je suis revenu où je devais être, dans un autre plan. J'ai acquis une alliance avec l'inconnu et je découvre de nouveaux horizons. Je suis parvenu plus avant que je ne l'aurais cru possible.

Avant je me tracassais avec les moyens de me protéger, alors que je ne devais que me consacrer à m'associer à part entière, à me fondre à cet inconnu. Alors je n'aurais rien à craindre. Ma vie est tout à leur vouloir comme ma vie leur est due. C'est la paranoïa et la peur qui me conduisent à la faillite, c'est la confiance et la foi qui m'ouvrent toutes les portes que je n'aurais jamais osé franchir. D'autre part je croyais m'enfoncer dans un univers que j'ai toujours méprisé, voilà maintenant que je découvre en cet univers la joie et le bonheur. Qui eut cru.

Ainsi dans cette routine affreuse et ces journées longues j'ai tout de même découvert la possibilité de franchir de nouvelles limites. Mes doigts roulent sur le clavier au-delà des particules qui définissent l'espace. C'est la voie lactée qui a été le symbole de mon alliance, c'est la voie lactée qui est le symbole de mon alliance, c'est la voie lactée qui me montre la voie à suivre, la route vers l'infini, pour autant que j'en garde la confiance et la foi. Là réside tout le secret. Si tout s'écroule, ce sera ma faute, j'aurai failli. Je mériterai alors toute mon infortune et mériterai de souffrir alors même que ce serait une autre possibilité de confronter d'autres univers.  

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Je les méprise toujours, pour cette incapacité de voir comme je vois et de faillir dans cette série de symboles et de rituels qu'ils ont rendus insignifiants alors qu'ils signifiaient tout. Car ils ne voient pas, ils ne verront jamais ce que je vis et ce qu'ils devraient vivre. Je ne les méprise pas pour leur accomplissement, ils ont atteint des sommets que j'envie, mais je les méprise pour ce retour brutal à la réalité qui leur fait vite oublier qu'il y avait un autre niveau de compréhension à toute leur histoire.

À se vautrer dans les récompenses et la reconnaissance des mérites, cela détruit leur actualisation, les ramène un peu plus bas pour satisfaire des besoins plutôt primaires, alors que je sais qu'ils sont capables de bien plus et que cette satisfaction demeurera toujours primaire et qu'alors ils ne seront jamais contentés.

Réussir est une chose, maintenir ce succès en est une autre. Mais être au-dessus de tout cela et de voir à un autre niveau, c'est là la clé. Tout cela est tellement futile que le succès ne devrait jamais être questionné et vérifié. Peut-être, mais cela n'a aucune réelle importance. Ce que j'espère c'est que cette alliance sera longue et prospère, même si l'autre parti me cache des choses, me ment. Ce que je comprends et accepte, à cause des circonstances. Je suis jeune, je suis beau, même si j'en doute à chaque instant, et la vanité n'a rien à voir avec cela. C'est une question de confiance et de motivation. S'il ne me reste plus que cela pour me procurer l'énergie nécessaire à l'accomplissement d'une vie, je ne me cacherai pas une vérité que plusieurs partagent et que personne ne semble contredire. Souvent cela suffit à motiver un peuple. Mais nous serions dans le tort. C'est que nous sommes limités dans nos perceptions, et à défaut de voir ce qui nous construit et nous unit, nous nous motivons à tort avec de fausses apparences, mais elles justifient tout de même ce qui nous unit et nous construit.

Je suis fort, mais le lendemain je me réveille et je me sens faible, dès lors je suis faible. J'ai toute l'énergie du monde en moi, à moi de me construire et de construire mon univers. Je vais vous dire ce que l'on est : on n'est rien. Ce n'est pas triste, car à n'être rien, nous sommes tout à la fois. Nous sommes tout et nous pouvons arrêter le temps et changer l'espace à volonté. En prendre conscience est une première étape, la deuxième est peut-être

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plus difficile à atteindre, mais c'est une quête, la quête d'une vie peut-être, de plusieurs générations peut-être, et c'est pourquoi il faut vivre en nos enfants. Et que finalement ils ont peut-être une autre raison que celle de nous servir et devenir ce que nous voulons qu'ils deviennent alors que nos yeux sont orientés dans une direction tout autre que la leur. Laissons-les aller, ils verront ce que nous voyons, ils en viendront là où il faut, et sinon, c'est qu'ils iront plus loin et ils en reviendront à ce que nous avons entraperçu et verront un jour. Mais j'aime à croire que je peux voir par moi-même sans attendre que mes enfants continuent ou voient ce que je vois et que j'ai entrepris.

On parle beaucoup de mondes artificiels, mais qu'en est-il vraiment si je sais voir ces mondes sans l'aide de drogues ? Je vois l'espace autrement, j'entends comme jamais je n'ai entendu. J'ai une mémoire multipliée par mille et j'ai des émotions incontrôlables. Qu'en fait-on de ces faits ? Les juge-t-on artificiels ? Je voyage dans l'espace et je vois ce qui se passe ailleurs, je sens une présence et j'entre en contact avec cette présence. J'ai acquis une alliance. Qu'en fait-on de ces faits ? Je ne les classerai pas comme rêves grandioses et incompréhensibles, je vais poser la question et je vais aller voir plus loin. Et j'atteindrai cet autre sans l'aide des drogues, et je verrai cet autre sans l'aide des drogues. Et si je dois quitter ce monde, je le quitterai. Mais ce n'est qu'une mort apparente à autrui, c'est une renaissance pour moi, une renaissance dans l'inconnu qui me deviendra connu. Une exploration, une quête de l'infini. Je ne serai pas incompris de tous, et de toute manière je n'en ai rien à foutre. Les lois existent pour être changées, sinon contournées. C'est clair, c'est écrit dans toutes les constitutions sous lesquelles j'ai vécu ou cru vivre.

Je me crois meilleur que tous et je vais m'écraser tout au bout. Je reviendrai prêcher pour que personne ne suive le même chemin qui conduit à un grand ravin sans fond. C'est une possibilité que je considère et que je ne rejette pas. C'est probablement ce qui arrivera, mais je ne serai plus celui qui a parlé ici. Je serai autre et je ne serai plus connecté. Il faudra alors faire attention à ce que cet autre dira, car il ne parlera plus de la vérité d'aujourd'hui, mais d'une autre vérité d'un autre lendemain et qui n'a plus aucune relation avec le présent. Et il vaudrait mieux à cet autre moi de se distancer de ce qu'il ne connaît plus, même s'il a l'expérience de cet ancien moi. Car j'ai un million de moi dans le futur qui tous disent différemment et qui parleront tous à la fois de choses si contraires, car il existe une  

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infinie de choses que je pourrais dire, comme il existe une infinie possibilité de chemins que je puis emprunter. Quelques-uns de ceux-là pourraient m'emmener plus loin que je ne puis le concevoir, si je sais voir aujourd'hui même où je puis vraiment aller, plutôt que de revenir sur les traces du passé et de dénigrer mes aventures en les qualifiant de superficielles et d'erreurs de jeunesse.

J'écris encore parce que je puis écrire ce que je veux, et non d'insipides romans qui ne m'intéressent pas et qui risquent de divertir l'instant d'un moment. On me connaîtra pour cela ou on ne me connaîtra jamais. Et aujourd'hui je dis que cela n'a plus d'importance, ni pour moi, ni pour la postérité, ni pour l'humanité. Tout est relatif. Tout est en expansion ou tout se rétrécit. Tout s'ouvre ou tout se ferme. Qui peut dire vraiment ? Qui sait voir vraiment ? Stephen Hawking ? Einstein ? Newton ? Bien à eux s'ils sont nés, s'ils ont eux la chance de se pencher sur l'univers pour en ressortir des formules et des idées, mais il y a plus et tous leurs dires seront contredis par des dires qui seront eux-mêmes contredis. C'est l'histoire de la philosophie et l'histoire de toute science. Et c'est là un mystère à notre portée, mais intrinsèquement lié à nous, si bien que nous ne pouvons l'avouer qu'en éliminant tout ce que nous avons appris de A jusqu'à Z.

 

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Il pleut aujourd'hui à Londres, c'est la première fois depuis un siècle. Et peut-être la dernière fois ?

 

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Où la vie conduit à une impasse. Où la vie, si bien calculée, avec toutes ses expériences accumulées pour prévenir l'enfer n'a su que prévoir l'enfer. Où l'argent est l'unique préoccupation d'une vie, la réussite et le confort.

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La chance de pouvoir vivre de l'air du temps, à voyager peut-être ou à rencontrer tout et chacun pour rien. On s'en lasse, on se lasse de tout. La solution semble être de ne rien voir de cette vie, de la voir passer de loin, tellement nous sommes dedans à ne pas la voir passer. La maladie des ressources naturelles, les arbres, l'eau, l'électricité, le nucléaire. La sauvegarde du vert. Je m'en fous complètement. Je ne supporte pas ma misère, je ne supporterai pas celle de la planète. Et la prétention. Au sens où on prétend la vie. Sans rien dire de ce qu'il y a à dire, sans vivre ce qu'il y a à vivre.

Je m'étends et je vois en moi un blanc éclatant m'entourer, dirais-je que c'est une sorte de lumière ? Mais alors la connotation est si négative. Parce que j'ai entendu parler de lumière et c'est une fausse image que j'en avais. Ça m'entoure jusqu'à ce que je fonde dans cet entourage pour devenir un avec ce blanc éclatant. Je deviens un avec l'univers, particule par particule, pour m'entremêler dans une sensation de bien être étrange, rempli d'énergie. Je puis atteindre cet état, plus difficile encore de le maintenir. Je ne vais pas en élaborer une philosophie. C'est un fait observable. Peut-être c'est le point de départ pour l'accomplissement de moi-même, pour l'accomplissement d'un monde.

On pourrait m'en parler de façon plus claire, m'expliquer en des termes compréhensibles ce qui se passe en moi. Mais j'avoue être dans la capacité de décrire moi-même la vie et même la façon de procéder pour atteindre la vie. Je suis perdu, dirait-on. Mais encore, je suis moins perdu que celui qui ne s'est jamais trouvé, ou surtout, que celui qui ne s'est jamais perdu.

On voit des gens qui semblent n'avoir aucun problème. Ils arrivent frais le matin, on n'entend rien de leur vie, à croire qu'ils n'en ont pas, qu'ils n'ont jamais vécu. Des gens comme ça, je ne serais pas surpris de voir qu'effectivement ils n'ont pas de vie. Comment demeurer une façade pendant cinquante heures et avoir une vie le reste de la semaine ? Comment demeurer une façade toute sa vie et avoir une vie ? On me demande d'accomplir une certaine tâche, que j'accomplis relativement bien. On a tellement tout identifié qu'en bout de ligne ça porte fruit et que les résultats sont effrayants. Pourtant je n'ai pas la conscience d'accomplir de tels résultats, de travailler envers un certain but. Je ne fais qu'accomplir ma tâche au mieux de mes aptitudes. Ça ressemble à ça la vie d'autrui.

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Rien n'est impossible en ce monde, pour la simple et unique raison que nous n'avons jamais eu la conscience des résultats et même du but à atteindre. Ne me demandez pas à quoi ça ressemble, je l'ignore. J'accomplis ma tâche et puis c'est tout. D'autres ailleurs en font la somme, avec le travail des autres qui m'entourent, ailleurs ils constatent et encaissent le fruit de notre labeur. Dois-je m'indigner, me révolter ? Non.

Si j'étais intelligent, c'est moi qui serais en contrôle de la machine. C'est moi qui demanderais, observerais, cultiverais, et encaisserais. Mais là encore je servirais un autre, un autre but, d'autres objectifs. Je travaillerais à l'ensemble, un plan supérieur, ou du moins supérieur à moi. Et encore, je ne suis pas certain que ce ne serait pas pour mon inconscient que je travaillerais. Cet inconscient semble faire une analyse et conceptualiser l'ensemble de la structure mieux que je ne pourrais jamais le faire. Si mon côté inconscient savait mieux communiquer, je verrais ce que je fais, je comprendrais ma vie, je vivrais.

Pour l'instant je ne sais jouir de rien. Je ne sais rien voir. J'observe et je me crois intelligent à remarquer des détails insignifiants. Parfois il me vient cette urgence de crier et jeter tout le monde par la fenêtre. Et je comprends que je suis à leur niveau. Parfois pire, je rampe plus bas qu'eux, je suis peut-être inférieur à leur niveau. Mais je ne vois que leur surface, des épaves humaines qui semblent toutes être à la dérive. Bonne chance, s'ils arrivent au bon port, et encore, serait-ce qu'il existe un bon port ? On dirait que je pense trop. Sans doute je devrais m'arrêter dans mon élan, cesser de réfléchir et même d'observer, m'enfoncer dans les nouvelles sur Sherlock Holmes de Sir Arthur Conan Doyle et oublier autrui, ma vie, le sens, l'existence. Un jour sans doute je pourrais regretter cet aveuglement, mais là où il n'y a pas de lumière alors que je cherche à m'en étouffer, sans doute il est acceptable de dériver vers la fin de l'océan. Peut-être aussi atteindrai-je le bon port si je continue à dériver ainsi. Autrui viendra jusqu'à moi pour m'éclairer et je rejetterai autrui.

Je n'ai plus la foi, je n'ai plus confiance en rien ni personne. On se meurt sous le charlatanisme à droite et à gauche, je ne vais pas m'enfoncer dans quoi que ce soit, je serai toujours sur le mauvais chemin. Seul ce que je puis expérimenter moi-même et voir moi-même m'apportera une lumière. J'ai demandé que l'on me guide, jusqu'à maintenant je n'ai fait qu'assimiler, trier, rejeter. Vivons-nous une existence linéaire ou sommes-nous à un  

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certain point de l'espace et du temps, et passé ce point, soudainement, il y a le passé et le futur ? Ce futur rempli des conséquences de nos expériences et actions passées ?

Chaque nuit je n'existe nulle part et partout à la fois, sans chronologie aucune, sans mémoire d'une existence linéaire quelconque. On a observé que, sans le rêve et l'éclatement de l'espace/temps qu'il apporte, on meurt. Mais sans cette existence linéaire, la vie en pensée est endurable. Cette existence linéaire ne semble exister que pour permettre d'amasser des informations qui serviront à remplir l'état infini d'un autre monde. Et que c'est l'accumulation de l'expérience qui permet aux frontières de l'autre monde de s'élargir. Tout ce qui est pensé, imaginé, se reflète dans l'autre monde comme une nouvelle avenue vers d'innombrables variables indéfinies, pour ne pas dire infinies. Pour moi, l'état de veille est l'état inconscient, et l'état inconscient, ou endormi, est l'état éveillé où enfin je respire les vraies lois qui gouvernent notre existence et qui forment notre essence (si on peut encore utiliser ces mots, pour ce qu'ils signifient vraiment).

 

 

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Note de l'auteur : Bien que révolutionnaire et central au livre, le prochain chapitre est très théorique. Les chapitres qui suivent ensuite ne sont pas théoriques.

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Que ce monde éclectique est relatif au point où mathématiquement c'est prouvé que le temps et l'espace (la distance) sont des données variables. Ainsi on peut aller dans le passé ou le futur peu importe le moyen physique ou spirituel, puisque le tout est relatif et variable et que selon un certain point de vue, tout dans l'univers peut être situé en un même point. Et que, si nous changions le passé, le retour au présent montrerait une ligne du temps différente et que l'autre ligne du temps dans laquelle nous vivions existe toujours, puisque nous l'avons vue, entendue et vécue.

Et ces paradoxes du cycle temporel qui fait qu'un événement A a besoin de B pour s'accomplir et que cet événement B a besoin de C comme C a besoin de A ; c'est au niveau des idées que ça se passe et qu'effectivement c'est dangereux de demeurer coincé dans une roue temporelle. Car de C on retourne à A et que c'est possible de tourner en rond sans que l'on s'en rende compte. Puisque entre A, B et C, un tas d'événements différents surviennent, et il vient un temps où une conséquence provoque une action qui elle-même devient la source de cette conséquence qui avait une autre source à l'origine, et voilà le paradoxe expliqué.

L'existence est comme un de ces programmes complexes d'ordinateur qui sont possibles à comprendre pour qui s'y investit ou y est confronté. Nos actions semblent s'inscrire dans des formules mathématiques qui peuvent former une boucle dont le temps n'a plus d'importance au sens où nous l'entendons. Tout paradoxe semble s'inscrire en une formule mathématique qui montre une logique implacable mais difficilement acceptable pour qui n'en voit ni le début ni la fin. Mais existe-t-il effectivement un début et une fin ? Une conséquence (un effet) sans action (cause) apparente n'est pas sans action. Si l'action semble avoir comme source sa propre conséquence, il faut retourner à cette formule mathématique que l'on ignore encore peut-être. Une formule dont une conséquence, je le répète, peut apporter une sorte d'engrenage où nous ne pouvons sortir, car nous n'en connaissons pas les principes et nous sommes prisonniers de l'espace et du temps, du linéaire, à la merci des données variables. Je n'ai pas le temps de me lancer dans des calculs mathématiques, F = ma, E = mc2, et puis quoi d'autres, mes cours de physique sont loin, mais il est clair que l'on peut influencer la variable du temps.

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C'est la théorie de la relativité d'Einstein dont j'avoue ne pas connaître entièrement, et que cela n'a aucune importance en ce monde éclectique en apparence. De toute manière, ce n'est pas mon rôle de faire des démonstrations mathématiques, je deviendrais encore plus inaccessible, spécialisé, et je n'intéresserais qu'un petit nombre de personnes sans imagination. Or, il faut demeurer accessible à ceux qui comme moi ont de l'imagination, sinon il n'y a pas d'évolution. Sans preuve, rien n'existe, du moins rien n'existe encore, et c'est ce qui importe.

Un vaisseau spatial qui voyage dans le passé à une époque où il existe déjà, implique qu'il existe deux vaisseaux, comme il existe deux fois la même personne qui serait revenue dans le passé. Or, je pourrais exister dans la même ligne du temps un millier de fois, un million de fois, une infinité de moi pourrait retourner dans le passé, tous avec une conscience différente, mais avec les mêmes particularités physiques et morales, ou peut-être même avec des particularités physiques et morales différentes. Notre univers est infini en grandeur et en petitesse mais également en superposition. Si cette infinité de moi peuvent retourner dans le passé et exister au même moment, c'est qu'il existe une infinité d'univers parallèles superposés, autant que l'imagination à elle seule peut en créer.

L'imagination rassemble la matière et la rend vivante en un espace qui est lui-même infini. Il y a de la place pour une infinité d'univers, puisque l'espace est relatif. Et une même personne peut se retrouver à plusieurs endroits différents en même temps puisque le temps est relatif. Jusqu'à quel point peut-on exercer un contrôle sur cette existence, se sortir de nos conceptions et nos limitations ? Pourquoi ne savons-nous pas voir et agir plus librement dans un tel univers ? C'est là la question. Comment aller au-delà de toutes ces barrières ? Certains passent au travers, voient infiniment plus, agissent au-delà de nos connaissances. Mais ils demeurent incompris dans leurs explications, peut-être parce qu'eux-mêmes n'en savent pas voir le début ni la fin, s'il existe un début et une fin. Là où le passé est le futur et le présent tout à la fois, où seules la conscience et l'imagination peuvent agir et en faire la distinction, la distinction du passé, du présent et du futur. Nous existons partout à la fois dans le temps et l'univers.  Nous existons partout à la fois dans        

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l'espace et sur les différentes lignes du temps. Partout dans le passé, le présent et l'avenir.

Il serait théoriquement impossible de dépasser la vitesse de la lumière parce que la masse et l'énergie deviendraient infinies. Je pense qu'il est possible d'aller plus rapidement que la vitesse de la lumière et que plusieurs particules dans cet univers vont plus vite que la vitesse de la lumière, car tout est relatif. On calcule la vitesse de la lumière (C) par le temps que prend la lumière pour se rendre d'un point A à un point B. Le problème est que peu importe notre vitesse ou notre position, le temps et la distance sont relatifs et s'ajustent en sorte que l'on calcule toujours le temps que prend la lumière pour se rendre d'un point A au point B comme étant C : 300,000 km/s.

Ainsi, si ma mère s'en va dans une fusée en direction de la planète Mars à 20 fois la vitesse de la lumière, sa montre fonctionnera non seulement plus lentement que la mienne, mais une règle d'un mètre qu'elle aurait emportée avec elle rétrécirait considérablement comparée à ma règle d'un mètre sur la Terre. Ainsi, tous deux nous calculerions la vitesse de la lumière comme étant 300,000 km/s en utilisant notre temps et notre distance relatives. Cependant, ma mère, comparée à moi, irait tout de même à 20 fois la vitesse de la lumière. La limite d'Einstein n'implique pas qu'il est impossible d'aller plus vite que la vitesse de la lumière, la limite d'Einstein implique que peu importe la vitesse à laquelle nous allons, nous calculerons toujours la vitesse de la lumière comme étant C, même si comparé à quelqu'un d'autre nous allons 20 fois plus rapidement que ce C. La vitesse de la lumière est constante dans notre propre cadre de référence, ou n'importe quel cadre de référence, car le temps et la distance changent avec nous. Mais cela implique que la vitesse de la lumière est également relative, elle est différente pour chaque cadre de référence. Je n'ai pas de preuve à tout ce blabla, cependant juste à considérer l'hypothèse, on règle d'éternels problèmes en physique qui existent depuis la naissance de cette science.

Il n'y a aucune limite à la vitesse que l'on peut atteindre. Toutes les équations d'Einstein qui utilisent C ne décrivent que ce que l'on voit, ce qui nous arrive à la vitesse de la lumière. Mais ces équations ne décrivent pas ce qui se passe dans l'univers, et ce C doit être remplacé par une valeur variable qui reflète la relativité de toutes les variables. Ainsi les particules dans les accélérateurs de particules ne vont pas à 99.99999 % la vitesse de la lumière, ces particules vont à plusieurs fois la vitesse de la lumière. Mais cela, seulement relativement à notre point de vue.

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La vitesse de ces particules, comme la vitesse de la lumière, est relative et changeante selon le point de vue. Notre point de vue (notre cadre de référence) se définit par le taux auquel le temps s'écoule là où nous sommes, et la longueur de notre règle d'un mètre. Ces variables se définissent par notre accélération, notre vitesse. Plus on accélère, plus le temps et la distance changent. La masse manquante dans l'univers n'est plus un mystère, la masse de tout objet, comme par exemple la masse du Soleil, est relative à notre cadre de référence. Même chose pour une particule. La masse d'un électron peut être aussi grande sinon plus grande que la masse de la Terre, tout dépend du point de vue.

Je crois en une relativité universelle. Tout est relatif : le temps, la distance, la grosseur, la vitesse, la masse, le volume, l'énergie et l'Univers. La Relativité d'Einstein n'explique que ce que l'on voit, un ciel congelé, mais n'explique pas la réalité (les étoiles dans l'espace pourraient aller bien plus rapidement si nous allions à des vitesses plus grandes). Et même que la Mécanique Quantique qui dépend de nos instruments de mesure qui utilisent la lumière (et la lumière nous rapporte des images à une vitesse qui ne représente pas la réalité, en plus de changer la réalité observée), présente des solutions qui laissent à désirer, mais qui devrait tout de même expliquer le mouvement des étoiles aussitôt que notre vitesse dépasse celle de la lumière.

Donc, si nous dépassons une certaine vitesse, c'est l'éclatement de la linéarité de l'espace et du temps, la masse et l'énergie ne deviennent pas infinies. Alors nous existons au niveau de la conscience, du monde des idées (ou des concepts) qui forme et compose le tout. Car il n'existe qu'une seule façon de conceptualiser un tel univers, ce n'est plus par ce que l'on voit.

Un autre paradoxe expliqué : Si quelqu'un invente une certaine technologie et que cette technologie voyage dans le passé, alors cette technologie est déjà inventée lorsque arrive le temps à l'inventeur de la créer. Bien sûr il n'a plus besoin de l'inventer, il n'a même pas besoin d'avoir la conscience de l'avoir inventée. Il pourrait même n'avoir jamais existé, sans jamais avoir eu la chance de penser sa technologie. N'en demeure pas moins que, sur une certaine ligne de l'espace/temps, il a inventé cette technologie, même si personne n'a la moindre idée d'où cette technologie provient. Une infinité de possibilités et d'avenues pour une infinité de mondes et d'univers. On parle théorie, la pratique est autre chose.

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Où étais-je moi l'an passé ? Au paradis. Et le paradis s'appelait liberté, le célibat. Je sortais au milieu du centre-ville de Londres, j'habitais un appartement perdu près du parc Osterley, je traversais le parc Hampton à cinq heures du matin, parfois accompagné de la jeunesse et la beauté qui osait traverser le Tout-Londres pour venir dormir avec moi dans mon petit lit. Mais cela n'est rien. C'est la musique, l'atmosphère du centre-ville, le club Hanover Grand sur Hanover Street qui enchantaient le tout. Mais aussi à Westbourne Park, à Maida Vale, là où je jouissais à l'intérieur de mes rêves, avec Southpaw Grammar et Dagenham Dave. Mais en avais-je conscience alors ? Et comment, je vivais pour la première fois. Je savourais la vie, l'appréciant davantage à chaque seconde. Ce n'était pas cette nostalgie qui tout à coup nous prend et nous fait réaliser combien nous étions heureux avant, ou nous fait regretter ces temps incroyables. Non, je m'éclatais à vive joie, j'étais heureux juste à marcher dans la rue, à écouter la musique de Londres. C'est ce que Londres m'a apporté et ça a duré deux ans.

Aujourd'hui je me demande ce qu'il en reste. Je vis moins à fleur de peau où je ressentais l'existence me traverser comme s'il n'y avait plus rien qui orbitait autour de moi, comme si les lendemains n'existaient plus. Je veux vivre comme je vivais ! Je veux recréer ces atmosphères ! Ces sensations impressionnantes qui marquent une vie, qui écrivent l'histoire et l'existence ! Cette énergie inépuisable qui me pousse à partir seul la nuit à travers Londres, à franchir la porte d'un club, à descendre dans les affres de l'inconnu. Découvrir la vie exister, les gens exister, apprendre à les connaître, bâtir nos motivations, nos vies, nos nostalgies. Un jour on se réveille et ces mêmes endroits ont perdu leur magie. Faut-il en trouver d'autres ou mourir dans sa nostalgie ? Ce n'est pas une question d'âge ou de jeunesse, ce sont les circonstances. Vouloir vivre et prendre des décisions en conséquences. Maintenant il me faudrait voir plus loin, découvrir d'autres lieux, d'autres circonstances. Je suis en stagnation, je déteste ce genre de situation. Il me faut plus, il me    

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faut davantage, il me faut aspirer la vie et la recracher avec force et douleur peut-être, mais tout de même l'apprécier à en mourir.

Dieu que j'étais heureux. Au sommet de ma misère, jamais je n'aurais cru qu'elle me conduirait là où j'ai toujours voulu aller, découvrir ce que je n'osais à peine dans mes rêves. C'est une honte que plusieurs personnes n'aient jamais eu la force ou la chance d'accomplir de tels événements qui remplissent leur vie entière par la suite.

Après Londres, j'ai peine à me souvenir de Paris. On m'en ferme toujours la porte de toute manière, je suis un immigrant illégal, souvenons-nous-en. Mais je sais apprécier l'univers d'Anne Hébert. Son petit appartement dans le Quartier latin, juste à côté de la Sorbonne où je faisais semblant d'étudier, devait lui plaire et construire un tas de souvenirs qui aujourd'hui devraient transcender sa littérature. Et ce sera moi un jour, je retournerai à Paris en vainqueur. J'habiterai Paris, au sommet de la Seine, je serai l'univers en entier qui sait apprécier et construire le Paris de demain. Paris vit trop dans le passé pour que je ne désire pas reconstruire mes motivations au futur. Pas pour ceux qui y ont vécu voilà des siècles, mais pour le Paris que moi je découvrirai et apprécierai vraiment. Je n'en ai jamais vraiment eu la chance. Je vis de musique, Paris est la ville littéraire. Or, je regrette de le dire, on ne s'éclate pas autant en littérature qu'en musique. Mais j'accepte mon rôle de pseudo écrivain, j'assume mon médium et j'apprendrai à motiver tout autant, à faire partir les gens de cette planète, à voler haut dans le ciel loin de leurs pensées traditionnelles. C'est le nouveau millénaire, réveillez-vous ! On oubliera les morts et on reconstruira la vie! Je l'ai déjà fait à Londres, j'attends maintenant de le faire à Paris.

On m'a ouvert toutes les portes en Angleterre. Comment pourrais-je détester la reine ? D'autant plus que je travaille juste à côté d'elle à Victoria, et que Victoria me ramène à Oscar Wilde, et moi j'oublie parfois que la reine s'appelle Élizabeth II et non Victoria. Je devrais déjà construire le mythe d'Élizabeth, mais elle n'a pas, comme Victoria, été à la tête d'une nouvelle ère (ou l'a-t-elle été ? Faudra-t-il attendre sa mort pour que l'on fasse le bilan ?). À moi de la construire la nouvelle ère ! J'imagine déjà les gens lire ceci dans un wagon de l'Underground. Pourraient-ils vouloir sauter dans les airs, s'évader par la fenêtre, courir dans les corridors du tube, sortir par les voies d'aérations et contrôler leur univers ?   Ah, si

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je pouvais transmettre par la musique une telle motivation. Si on pouvait lire et partir comme seul la musique le permet. En deux mois construire Southpaw Grammar, et des années de nostalgie pour moi qui reverrai les murs d'Harrow Road, de Paddington, jusqu'à Kensal Green. Si les mots avaient la même puissance que les notes, vous sentiriez toute la puissance et la motivation qui se dégagent de mon être, vous seriez changés à jamais.

 

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Je suis en ce moment dans une des pires passes de ma vie. On me menace de briser mon alliance avec l'inconnu et je ne vois aucune porte de sortie à l'horizon. Je vais tout perdre, ma carrière, l'amour, la sécurité, la stabilité, le goût de vivre. Il semble que la bureaucratie rendra le tout extrêmement difficile, et j'avoue que je souhaiterais cette alliance annulée au plus tôt afin de m'éviter le trauma qui s'ensuit dans de telles conditions.

Le confort et la technologie nous ont apporté un style de vie différent, mais la vie est tout aussi infernale dès qu'il faut souscrire à une infinité de lois dont personne n'a la moindre idée. La justice en ce moment est souvent inévitable et elle coûte toutes nos maigres possessions, et même davantage. Sans compter que la justice est tout sauf la recherche de la vérité. Elle n'est devenue qu'un débat d'arguments, de mensonges et d'interprétations afin de contourner les lois. Le monde dans lequel on vit n'a rien d'enviable pour nos ancêtres, chaque temps possédait ses avantages et ses inconvénients, chaque époque n'est pas mieux qu'une autre.

À travers les obstacles et les épreuves qui marquent ma route, j'ai eu des flashs très clair d'avoir vécu une route similaire, dont j'ai maintenant la chance de changer un peu le cours des différentes possibilités qui s'offrent à moi. Les déjà-vu. L'univers est à l'image de la Terre, une grande sphère avec une ou plusieurs dimensions en plus, autres que la longueur, la largeur et la profondeur. Le temps peut être arrêté, et à n'importe quel point de la sphère, correspondra un temps particulier. C'est ce que les scientistes appellent le temps imaginaire, bien que ce temps ne soit qu'un concept mathématique.

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Selon la position que l'on veut adopter dans l'univers, on peut se retrouver à n'importe quel temps de la formation de l'univers ou des événements de notre vie. Le plus souvent inconsciemment, on peut retourner dans le passé et vivre les mêmes épreuves des centaines de fois avant de pouvoir continuer avec sa vie et d'autres épreuves.

Mon alliance sera brisée, j'en ai la certitude. Je ne comprends pas pourquoi je suis comme prisonnier d'une boucle dans l'espace/temps qui me replace là où je souhaiterais ne pas être. Comment pourrais-je revivre les mêmes événements ? Simple, toutes les différentes possibilités imaginables d'une route existent, selon la théorie de la mécanique quantique, où l'on a observé qu'une simple particule, parfois, se trouve en plusieurs endroits en même temps. Ainsi je crois qu'il est possible de revenir à une possibilité différente, à changer sensiblement une route selon ce que l'on désire apprendre ou changer dans notre vie. C'est dans des moments critiques que ces images me reviennent, les moments forts de ma vie qui peuvent revenir à mon esprit au-delà de ma conscience. Je sais voir que j'ai fait des erreurs, je sais voir que j'en ferai d'autres, et j'essaie de voir à ne pas faire les mêmes erreurs. Ainsi je dois penser une deuxième fois avant de faire ce qui semble être la meilleure solution. C'est peut-être une chance pour moi d'explorer différentes possibilités de moments difficiles, de revenir sur une ligne du temps différente mais presque similaire pour voir jusqu'où je puis conduire les événements de ma vie. Notre existence ne semble pas linéaire, elle ne semble pas avancer selon la ligne du temps réelle, mais selon la ligne du temps imaginaire (pour tous ces concepts, je vous reporte aux livres de Stephen Hawking, Black Holes and Baby Universes, and other essays et A Brief History of Time).

Les lois de la physique sont symétriques dans le temps. Aussi, pour une particule qui existe, une antiparticule existe également (c'est un fait observé et réel). Ce qui nous ramène un peu à la théorie des contraires de Socrate et Platon. Pour un humain fait de matière qui existe, il pourrait exister un autre humain fait d'antimatière, encore que la science se demande si les particules qui nous composent possèdent toujours leurs antiparticules (je crois que cette question a déjà été répondue, mais mes connaissances sont limitées).

Il y a davantage à voir dans cet univers et à découvrir que jamais aucun philosophe jusqu'ici

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n'a su voir. La science elle-même nous apportera la révolution spirituelle que plusieurs souhaitent ou voient venir depuis longtemps. Il faut juste espérer que personne ne saisira cette chance pour s'aliéner un peuple. Devant l'insondable qui devient lumière, l'humain devient vulnérable envers son maître s'il veut apprendre et partager un morceau de cette lumière. Un contrôle quel qu'il soit dans la transmission du savoir est une arme terrible. C'est pourquoi certaines sectes religieuses arrivent à provoquer des suicides collectifs avec la confiance qu'elles ont su gagner juste par la transmission d'un savoir dont seulement quelques personnes soupçonnent l'existence.

Ma conscience, mon sens immanent de culpabilité, c'est ce qui conduit ma vie. Je pourrais me foutre d'autrui, causer autant de troubles qu'il m'en est permis, avoir la meilleure des consciences à travers mon égoïsme et perdre définitivement ce sens de la culpabilité. Je pourrais redéfinir en moi le concept du bien et du mal, redessiner les frontières à volonté et ne pas souffrir pour autrui. Souffrir par soi-même est la clé de l'expérience. Ce qu'on nous a dit qui est mal est notre quête vers le fini, là où l'océan termine et que le néant nous attend. Les données de base de notre expérience à acquérir. Or, je puis être fort seulement si ma conscience se situe au-delà des problèmes qu'autrui me fournit.

Je n'ai pas cent ans à perdre avec la perte d'une alliance, avec l'entrée dans le grand monde, avec la bataille de pouvoir demeurer où je veux sur cette planète. Je suis au-dessus de tout cela parce que c'est moi qui décide et qui provoque ma destinée. C'est moi qui construis les lois et qui m'oblige inconsciemment à prendre cette route plutôt qu'une autre. Il existe toujours des solutions à tout et des épreuves à surmonter, les plus grands conflits trouvent toujours des solutions, reste à voir jusqu'où nous sommes prêts à aller dans la recherche de ces solutions, reste à voir ce qui est vraiment le mieux pour nous. On ne sait jamais clairement voir notre destinée, mais on la provoque selon notre volonté. On m'arrêtera bientôt, on m'expulsera de tous les pays, on me mettra peut-être en prison pour tout ce que j'ai fait d'illégal en ce monde, et tout cela je l'accepte avec fierté. Je l'utilise pour me motiver au-delà de l'absolu que je crois que l'on m'impose, mais c'est à moi de rendre au tout le mouvement. Et je n'ai pas l'intention de faillir à la tâche.

La vie me tue, malgré tous les mécanismes que je m'invente pour me convaincre du

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contraire. Exister me tue, là où mon niveau de compréhension de l'existence se situe. Autrui me détruit, je le laisse me détruire parce que j'embarque dans ces jeux même si souvent c'est moi, consciemment, qui provoque ce calvaire. Une journée est une chose insupportable, aucune journée ne semble se ressembler dans le sens où chaque jour j'accumule de nouvelles raisons de sombrer dans un grand gouffre, mais si je fais un bilan, toutes ces journées sont les mêmes et je revis sans cesse la même journée. Parfois je prends un recul et je tente de voir s'il y a une évolution à ma vie ou si au contraire il ne s'agit que d'une grande régression. Être de plus en plus heureux pourrait être un facteur déterminant, mais je souffre tant que je suis aveugle. Avec le temps il me reste la nostalgie des bons moments pour m'indiquer une certaine évolution. Je suis malade moralement, tellement malade qu'il ne me reste que des solutions radicales pour m'en sortir. Solutions que je n'ose pas prendre, et même, que je ne puis même pas prendre sinon au prix de conséquences terrifiantes et impardonnables.

J'ai entendu parler de vastes espaces sur cette planète, un grand ciel bleu avec un vent de printemps suffisant pour me propulser dans l'atmosphère. Je rêve parfois de pouvoir oublier toutes mes obligations et mes démêlés avec la justice et autrui pour m'envoler loin de cette construction insipide que l'on fait de notre quotidien. Je vois la mer battre son fouet sur mon radeau, en plein centre de l'océan, vers aucun horizon défini, et je me dis, ça ne vaut pas la peine de revenir au bord ou de tenter de s'en sortir. Une naissance dans de telles conditions n'est pas souhaitable. Une destinée à accomplir dans de telles conditions n'est pas motivant.

Si seulement je pouvais battre ces enfants pour les arrêter dans leur élan et dans la destruction de ma vie, comme un bon père qui va détruire toutes ces relations futures avec sa famille pour ramener son peuple sur la terre ferme. Au moins je n'aurais pas à entendre les débats de toutes sortes qui sévissent sur cette planète, surtout, ne pas y prendre part. Mon corps est déjà si empoisonné, que d'y prendre part serait la fin de ma vie consciente. Parce que dans un débat, quel qu'il soit, on arrête de penser, on ne réfléchit plus, on perd la raison devant l'adversaire, et une bombe H est la seule solution pour mettre un terme aux infinies discussions.

Je sais que je viens de dire le contraire de ce que j'ai affirmé un peu avant. Mais alors,

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mon point de vue était autre, je parlais d'autre chose, ce n'est pas une contradiction. De toute manière, j'ai déjà dit ailleurs que l'homme est un être de contradiction, comme l'univers, et qu'il ne faut pas espérer que l'homme brille de cohérence, car alors il mentirait, à tenter d'adapter l'univers à ses propres principes, principes définis par lui-même. Une personne qui affirme quelque chose et qui en affirme une autre tout à fait contraire peu après, est une personne cohérente. Il suffit d'identifier ses intérêts, et je suppose que, selon les points de vue, ses intérêts seront toujours nobles, ou du moins compréhensibles. C'est la cohérence de l'éclectisme.

L'an zéro est une date fictive, je veux dire que ce n'est qu'une convention. Compter les années avec des chiffres est également une convention. Le temps n'est qu'une convention dont parfois on aimerait se passer. L'an 2000 n'a donc rien de particulier, rien ne devra changer soudainement, une nouvelle ère ne commencera pas avec le nouveau millénaire. Sauf si justement tout le monde se met à croire le contraire, à vouloir un changement révolutionnaire, à provoquer une rupture avec le passé. Dans ce cas, oui, les conventions influencent tout. Si on croit que Jésus-Christ va réapparaître, ça c'est autre chose. Pourquoi réapparaîtrait-il selon nos propres conventions ?

Croire que le monde deviendra meilleur, que l'homme soudainement va se mettre à oublier ses propres petits intérêts mesquins pour les soumettre aux intérêts mesquins de l'ensemble, c'est rêver en couleur. Espérer soumettre l'humanité à faire le bien, devenir bien pensante et ouvrir son cœur à son prochain, est un projet dérisoire. Seul un changement dans les mentalités, peut-être aidé par une cause extérieure, pourrait changer quelque chose. Le lavage de cerveau d'une génération, comme on a construit une armée d'écologistes dernièrement qui ne vit que pour sauver la planète, me fait pitié et prouve que l'on peut tout de même conscientiser et conditionner une génération dans le but d'apporter un monde meilleur. On fera de nos enfants ce que l'on voudra, et par conséquent on fera de l'homme ce que l'on voudra, mais ce processus sera toujours artificiel et l'on ne construira que de l'artifice.

Comme cet homme religieux qui ne jure que par son Dieu et n'osera jamais avancer quoi que ce soit puisqu'il ne lui appartient pas de faire ses propres décisions. Qui se mettra à prier des journées entières sans trop comprendre ce qu'il fait et pourquoi il le fait. Qui n'a plus le temps de penser à quoi que ce soit d'autre, et de toute manière, penser par lui-même

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lui est interdit. Oh oui, on peut construire ce que l'on veut, on peut pleurer sur les résultats, ou on peut se féliciter de ce qu'on croit être une réussite absolue et non questionnable. Je ne reprendrai pas ici les théories de Rousseau, elles ont été détruites et je me demande comment. Oh je sais que vous pouvez tout m'expliquer, mais je ne veux plus de vos explications, de vos analyses et de vos lignes directrices.

Je parle plutôt de la vie, la somme des expériences d'un humain pris au hasard. Semblerait qu'il vit en un temps linéaire, où selon un point où il se situe, il accumulerait des actions et les conséquences se refléteraient dans son futur, alors que ce qu'il aurait vécu avant serait maintenant le passé. Or, si l'on prend pour acquis que l'existence est justement la somme des expériences et que le tout n'est qu'une construction dans la mémoire, dans notre conscience, ainsi il n'y a une linéarité du temps et de l'espace que sur le terrain d'apprentissage. En fait, la somme des expériences se trouve ailleurs où le temps et l'espace sont éclatés. La physique et la chimie sont de moindre importance dans ce contexte, car elles concernent le monde physique, le support qui ne serait qu'un outil d'apprentissage.

J'arrive à me croire aisément dans mes théories, tout comme n'importe quel philosophe ou scientiste qui semblerait tout à fait en dehors de la voie, pour la simple raison que tout n'est que le fruit de l'imagination et de l'interprétation. Tout ce que tout le monde a dit a toujours été vrai, car ce qui est pensé existe. Est-ce que j'ai été créé ? Conceptualisé, créé comme on crée une idée, des images, de la matière dans nos têtes. Un vaisseau spatial qui prendrait pour direction le centre de notre voie lactée, prendrait quelques années peut-être pour se rendre à destination (s'il dépasse amplement la vitesse de la lumière, ce qui est possible selon Stephen Hawking). Par contre, ces quelques années deviendraient quelques centaines de milliers d'années pour ceux qui seraient demeurés sur la Terre. N'est-ce pas là une démonstration de la relativité du temps et de l'espace ? Qui ne seraient que de mers concepts. On peut également, théoriquement (selon Stephen Hawking), prendre un humain, le décomposer atome par atome et le reconstituer entièrement ailleurs, peut-être même en le faisant passer dans un câble ou par air telles les ondes, comme avec le téléphone ou la télévision. On peut transformer la matière à volonté, sans doute même selon la volonté elle-même. Notre essence alors demeurerait-elle ? Notre conscience, notre âme, si un tel

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concept peut être pris pour acquis, demeurerait-elle ? Peu importe, la linéarité du temps, la chronologie, semble presque, dans un tel contexte, ne plus exister. Certainement dans la mémoire, où l'on peut être partout à la fois et nulle part sur n'importe quelle ligne d'un temps éclaté. Nous existons partout à la fois et nulle part à la fois, en n'importe quel point du temps.

Je peux me visualiser hors de notre univers, partie intégrante d'autres univers différents de celui que nous observons et analysons depuis quelques milliers d'années. Je peux me visualiser dans le passé avant la constitution de notre univers et après dans le futur lors de son inexistence. Aurait-il existé alors, aurions-nous existé alors ? Allions-nous exister alors, l'univers allait-il exister alors ?

 

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Ils ont détruit ma vie entière. Ma carrière, mon droit de demeurer ici, mon droit à l'amour, mon droit à la survie. Ils ont tout pris, même l'intérieur de moi-même, mes rêves et mes idéaux. Ils m'ont dérobé de la faculté de penser librement, maintenant je ne suis que haine vers l'infini. Énergie destructrice prête à exploser à n'importe quel moment. J'ai été traité comme un pestiféré qui allait leur transmettre la mort. Avec le mépris et le silence, alors qu'en arrière du mur le poulailler au complet jacassait à mon propos, planifiait la mort de mon avenir dans l'œuf. Et le courage leur a manqué pour lever les armes et me montrer la porte ! Le courage leur a manqué pour venir me souhaiter bonne chance dans la misère où ils m'envoyaient. Le courage leur a manqué même pour me regarder dans les yeux. Le courage leur a manqué. Mais leur mépris est resté gravé dans ma mémoire pour l'éternité. Ces pauvres âmes sans routes définies à suivre qui se perdent dans les corridors de ces bâtiments, j'ai pitié d'elles. Je marcherai trois journées, deux journées, une journée seul dans les bois loin d'eux alors qu'ils seront enfermés que ce sera déjà une réussite. Je ne survivrai peut-être rien, mais cette journée loin dans les bois, loin d'eux, sera une victoire, et le tout en aura valu la peine.

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J'ai vu la beauté du monde m'éclater dans les yeux. J'ai vu l'arsenal qui se construisait à deux blocs de moi et qui servirait à m'achever. J'ai vu venir ma mort, mais c'est récent, je n'ai rien su voir pendant des mois. Au loin, j'ai une centaine de personnes qui décident mon avenir, ma destinée, et tout cela est inconscient. Moi je souffre, alors que je devrais me réjouir du changement, même s'il m'est imposé et que j'aurais aimé mieux ne pas le voir. Il semblerait que je sois le diable et qu'il me faille disparaître. Eh bien, je suis le diable mais je resterai aussi longtemps que je le pourrai.

Hélas, s'ils souffrent ma présence, ils ignorent que je souffre davantage la leur. Je porte ma croix et je jure, je jure de les frapper, sinon de les écraser de cette croix. Ils verront la face de Dieu. Et ils seront encore aveugles. Ils sont méchants par nature, ils ignorent le mal qu'ils causent juste à prononcer une parole. Ils brisent ma vie et mes rêves, ils souhaitent ainsi vivre et atteindre leur monde idéal. Mais il n'y a rien pour eux au bout du tunnel. Ils découvriront qu'une bonne vie est incompatible avec leur méchanceté et leur manque de considération pour autrui. Je ne souhaite pas qu'ils faillissent dans leur quête comme ils me mènent à la dérive vers des horizons inconnus. Je serai celui qui grandira de cet exil. Ils seront ceux qui mourront dans leur petit univers limité et stagnant, régularisé à pleine capacité.

Partout où je vais je crée mon propre univers qui devient mon chez-moi. Mais partout où je vais il n'y a que l'exil qui m'attend. Vivre pour moi n'est peut-être que cette succession de chez-moi qui me sont interdits. Un rejet absolu et universel de tout ce que je représente, peu importe quelle forme cela peut prendre. J'ai cependant peut-être une prison qui m'attend au bout d'un voyage. Alors j'aurai gagné, je serai toujours là, ils soutiendront mon existence, pourvoiront à mes besoins primaires et j'aurai toujours la liberté de l'imagination. Chaque jour je serai loin de ma prison, ressassant la somme de mes expériences et la somme des univers. Je vivrai dans l'ailleurs, aussi loin que mon imagination me mènera. Je serai là en prison, mais je ne serai pas là en prison. Je serai près d'eux mais je serai loin d'eux. Je vais me connecter à d'autres sources d'énergie, je vais oublier leur misère et le calvaire qu'ils se construisent, et je sourirai à la pensée que jadis je me suis battu pour partager cela avec eux. Il y a tellement plus dans ce monde, la sensation du grand air, la sensation de la construction du monde,

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la sensation de faire partie d'un ensemble qui va au-delà de ces problèmes. Je vis loin de leur vie (je dois tenter de m'en convaincre du moins), j'éclate dans l'espace pendant qu'ils marmonnent dans leur cage. J'ai cru les entendre cui-cuiter, "cui-cui !", c'est tout ce qu'ils savent faire. Et picorer les graines pour lesquelles ils se sont battus. Moi je me nourris d'autre chose, ma voix porte au-delà des frontières. Je crie à la vie ! Et je les mets au défi de m'arrêter dans mon élan. J'éclate dans l'espace et je crie à la vie !

Je vois tout tel que c'est vraiment et cela n'a rien à voir avec ce qu'ils interprètent de leur réalité. Je ne fais pas du mieux avec rien. Tout est mieux, rien n'est rien. J'ai toujours accompli ce que je désirais accomplir, même lorsque je ne le voulais pas, je l'ai voulu. C'est la seule explication puisque j'y ai toujours vu mieux, même au sommet d'une misère suffisante pour écraser et étouffer ces oisillons enfermés. Ce n'est peut-être qu'une façon de voir, de comprendre et d'interpréter, mais cette façon existe. Je la prends sans naïveté, pleinement conscient de cette misère destructrice. C'est que rien ne peut plus m'atteindre. Je vis au-delà du calvaire. Et si je manque d'énergie parfois, que cela ne m'arrête pas. C'est la sensation qui compte et non l'événement. Si je n'éprouve rien face à l'enfer, je suis sauvé.

Je vois encore beaucoup de larmes en ce monde, je n'en ai aucune à verser. Je puis encore partir, me sauver tout en confrontant leurs limites. C'est dans la nature humaine de s'inventer un paquet de limites et d'obstacles, et c'est à un autre niveau que l'on savoure la liberté. Je suis heureux. Je me résigne aussi, mais ce n'est pas une résignation. Toujours mieux m'attend ailleurs. D'autres motivations là où un monde stérile a tout détruit.

J'ai de la classe pourtant. On m'accepte pour cette classe en certains endroits. En d'autres on me méprise pour cette classe et ces bonnes manières. Je me méprise pour cette classe et ces bonnes manières que l'on m'impose. Mais il n'y a pas de raison. On vit avec ces conventions, aussi stupides et inutiles qu'elles puissent être. L'important est de ne pas embarquer trop sérieusement dans ce jeu. Je ne m'arrêterai jamais pour cette classe ou ce manque de classe. Et j'ai pitié de ceux que ça arrête.

Oh oui, j'ai encore de la motivation, même si je l'oublie parfois. J'ai toute la motivation du monde pour détruire ou vivre au-delà des constructions des autres. Je n'en ai rien à foutre de l'univers d'autrui, je suis en marge, je suis à part. Je semble vivre les mêmes choses qu'eux, mais j'en retire quelque chose de différent, et j'en transmettrai quelque chose de

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différent, du moins c'est mon intention. La vie en vaut la peine, pourvu que l'on sache voir différemment. Autrui n'est d'aucune aide dans ce processus. Si je ne satisfais pas mes besoins primaires, j'en satisferai d'autres secondaires qui me deviendront primaires.

J'ai perdu toutes mes relations avec le monde ! Mais je ne mourrai pas d'amertume, de pitié pour moi-même et d'autodestruction. Une seule porte m'est fermée, le reste de l'univers me reste à explorer. J'ai vu la fin venir, tous les arguments ont été futiles, tous mes efforts se sont avérés inutiles, malgré que je ne sois pas fébrile. Au contraire, c'était inévitable. Il y a toujours plus que nous ignorons. Si j'avais su ce plus, j'aurais refusé de me battre. J'aurais accueilli la mort à bras ouvert et ç'aurait été un succès plutôt qu'un échec et mat.

Je suis l'unité qui pourrait faire la différence. Je suis l'unité qui peut faire la différence. Je suis l'unité qui fait la différence ! Ils ne m'ont tué que dans leur esprit. Je suis toujours vivant et ils me verront renaître de mes cendres. Je serai alors indestructible, car il n'y aura plus un gramme de dépendance. Ils m'ont tué mais je vivrai encore plus ! Ce n'est pas la mort que l'on m'a offert, mais la liberté. Sans doute ils en sont un peu conscients. Sinon, c'est qu'ils ne me comprendront jamais. C'est probablement mieux ainsi.

Je suis éliminé des hiérarchies universelles pour mieux les conquérir, pour mieux arriver au sommet. On ne monte jamais de toute manière. Si on monte un peu, c'est pour redescendre peu longtemps après ou disparaître de ces hiérarchies. Il faut arriver de nulle part et atteindre directement le sommet. J'ignore encore comment, mais cela arrivera. J'en suis convaincu. Je suis destiné à un grand avenir, malgré ces obstacles qui m'achèvent. L'humanité est destinée à un grand avenir, même si elle se tue elle-même. Elle renaîtra de ses cendres.

Je ne parle plus leur langage, mais je comprends entre les lignes. Je déduis tous les signaux qui pourtant n'existent pas. Je vois la vie telle qu'elle est et non pas comme ils la voient. Heureusement, sinon je serais définitivement mort et mes molécules se rétracteraient jusqu'à ce que l'on constate le Big Crunch.

C'est beau l'amour lorsque les gens se détestent à s'entre-tuer. C'est beau l'amour alors que la seule issue est la mort. C'est beau l'amour autant que l'on sache interpréter cette mort. Je leur montrerai ce qui est vraiment. Je leur montrerai de quoi l'univers est composé. Cependant ils ne réussiront pas à comprendre que ce monde est composé d'autre chose que

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d'une cour de justice et d'avocats omnipotents.

Dans quelques heures de leur temps j'entendrai le verdict, leur condamnation à mort, ma condamnation à enfin respirer et explorer le reste du monde. On meurt trop facilement en ce monde pour accepter la mort trop facilement. La vie est trop difficile à trouver pour la refuser lorsqu'elle se présente à nous. Je suis trop profond dans la terre pour qu'ils puissent m'atteindre. Pour qu'ils puissent influencer mon existence à ce point. Je suis trop profond pour ceux qui ne vivent qu'en surface. Bientôt je serai inaccessible et ils n'en auront aucun regret.

On croit toujours faire ce qu'il y a de mieux pour la simple raison que c'est vrai que l'on fait toujours mieux, même si c'est un non qui dirige notre avenir. Même si c'est un non qui semble tout détruire alors que la construction commence par un non. Un oui nous conduit dans des embranchements spécialisés où il n'existe aucune porte de sortie, aucune ouverture vers l'infini. Un non ferme des portes jugées essentielles pour ouvrir les portes de la vraie essence.

Je ne fais pas encore de miracles, mais ça s'en vient. Tout ce que je toucherai changera à ce que l'on juge bien. Mais que ce soit dit, il n'y a ni bien ni mal en ce monde de conventions. Les bonnes nouvelles c'est les mauvaises nouvelles et les mauvaises nouvelles c'est les bonnes nouvelles. L'amour c'est l'enfer et l'enfer c'est l'amour. La liberté c'est la prison et la prison c'est la liberté. La vie c'est la mort et la mort c'est la vie. Le ciel est orageux, le ciel est toujours orageux. C'est qu'il faut voir le soleil à travers les nuages. Il faut transcender la mort par la vie. Il faut vivre parce que l'on vit, tout simplement.

Il est difficile d'être sage sans avoir vécu le calvaire, sans avoir vu l'enfer. Il serait triste qu'après avoir vécu le calvaire et vu l'enfer, l'on ne devienne pas un peu plus sage. Puisque alors, nous n'aurions pas su voir au-delà des mécanismes de l'existence.

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Les mouches nous tournent autour et nous n'avons jamais eu la force de les repousser de notre main. Nous nous laissons manger comme s'il n'y avait plus de lendemain.

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Roland Michel Tremblay           L'Éclectisme           www.anarchistecouronne.com

Notre monde est artificiel autant que nous aurions pu le souhaiter pour faciliter notre existence. Sommes-nous capables de grandes choses ? Étions-nous destinés à devenir de grands conquérants de l'univers qui doivent attendre des millénaires pour arriver à leurs fins, alors que les civilisations ne sont pas là pour durer ? De quoi sert de grandes personnalités si elles disparaissent dans le creux des grandes villes. Le talent est fort souvent synonyme de médiocrité, c'est que personne ne sait en voir la différence jusqu'à ce que le chef de file annonce sa propre opinion. Il faudrait sans cesse vivre au présent plutôt que dans le passé ou dans le futur. Nos rêves ne sont pas faits pour être atteints, mais pour nous motiver à continuer. Le problème c'est que l'on perd toujours la foi.

Je meurs d'inaction alors que l'action me tue. Je ne sais plus voir une heure à l'avance ce qui se produira dans ma simple vie. Le monde a toujours été mieux en imagination, les idées d'un idéaliste extrémiste prêt à tout remettre en question, jusqu'à ce qu'on méconnaisse même ce que veut dire le mot loi ou les mots obligation sociale. Le diable insidieux marque notre destinée de ce qui devrait être meilleur. Mais plutôt cela découvre mon côté diabolique. Dois-je prendre ma vie en main alors que c'est la dernière chose qui me vient à l'esprit? Prendre le contrôle sur ma vie par respect pour autrui qui me juge, par respect pour moi-même qui me juge. Inapte à accomplir