Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.

Auteur Sujet: LA HAINITUDE ( Théatre)  (Lu 1838 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

aristee

  • Membre Actif
  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 307
    • Voir le profil
LA HAINITUDE ( Théatre)
« le: dimanche 06 mai 2007 - 06:44:41 »

       PERSONNAGES
 Marc Gendre jeune étudiant
 Rémi  Vallet jeune étudiant
  Madame Gendre, mère de Marc
  Monsieur gendre, père de Marc
  Madame Vallet  mère de Rémi
  Monsieur Vallet père de Rémi



  Le rideau se lève sur un grand studio. Il est occupé par deux étudiants qui au premier coup d’œil sont, à l’évidence, très différents.
 A droite, un lit. Il est défait, les couvertures trainent par terre,  une petite armoire dont les portes ouvrtes font voir des vétements suspendus à la «  décrochez moi ça »  . Sur une chaise, du linge sale  et vers le centre de la scène, un bureau surchargé de livres, de papiers, en désordre.
 A gauche de la scène, les mêmes meubles, mais tous est dans un ordre méticuleux.Le lit est fait, l’armoire fermée,. Rien ne traine sur la chaise, et sur le bureau il n’y a qu’un sous main un porte crayons contenant divers stylos et une pile de 3 ou quatre livres..
   La scène est vide au moment ou le rideau se lève, et, très vite, par la gauche, entre Marc. Il est jeune, très BCBG, pénètre dans sa partie du studio et aperçoit la pagaïe dans la partie occupée par son copain
 MARC
  Mais ce n’est pas possible de vivre dans ce désordre. C’est un chic type Rémi, mais, là, vraiment….regardez moi ça ! le lit n’est pas fait, son linge traine partout, quand à son bureau….je me demande comment il arrive à s’y retrouver.
 ( Rémi entre par la même porte. Il entend les derniers mots de Marc
 REMI
 Ne te fais pas de mauvais sang pour moi ! je m’y retrouve très bien ! Chacun a sa façon de vivre. Tu vois, en ce qui me concerne, je ne pourrais pas vivre dans une ambiance aseptisée, froide…..( Il fait voir son domaine d’une large cercle de son bras droit)  Lorsque l’on voit mon petit coin, on sait qu’il est habité ! ( Il se retourne vers son copain et fait voir le domaine de ce dernier) Tandis que «  chez toi », on a l’impression d’être dans un musée.
 MARC
 Pourquoi un musée ? Il n’y a pas de vieilles choses chez moi. Il y a de l’ordre, c’est tout à fait différent !
 REMI
 Bon, bon, ça va ! on ne va pas se disputer. Sur ce plan, nous ne nous mettrons jamais d’accord.
 MARC
 Tu as raison : On ne va pas se disputer. Mais je ne te le cache pas : Ca me gène de voir cette pagaïe, ce désordre…..et puis, ça doit être plein de microbes.. ;
 REMI
 Alors, là, je t’arrète ! Je veux bien être un peu désordre, mais je me lave, je suis propre !
 MARC
 Toi, oui, tu es propre, mais….Bon ! tu as raison, nous n’allons pas nous disputer
 REMI
 Ecoute ! si mon désordre offense ta vue, ce que nous pouvons faire c’est mettre un rideau pour séparer nos deux domaines.
 MARC
 Merci ! Oui, c’est une bonne idée ! comme ça chacun sera chez soi. Nous n’avons qu’un seul loyer et nous serons comme indépendants. ‘( une pause).
  REMI
 Bon. Je vais travailler un peu ( il va s’asseoir devant son bureau saisit un livre et prend des notes)
 MARC
  Je vais en faire autant ! ( il va également s’asseoir devant son bureau, mais au lieu de travailler, il reste la tête en l’air, comme s’il révassait. Au bout d’un instant..)
  Tu es content de ton boulot chez Leclerc ?
   REMI (sans lever la tête, et continuant à travailler)
  Oui. Ca va, Merci, merci ( Un temps, puis il lève la tête et regarde Marc)
 Tu as envie de travailler aussi.
 MARC
 Oh, non !!!Pas question ! Tu es fou !Pourquoi j’irais travailler ?
 REMI
 C’est vrai que tu as de la chance. Tes parents payent ta part de location et te donnent une mensualité
 MARC
 Oui, j’ai plus de chance que toi. Il faut que tu te débrouilles tout seul. Mais cela n’empèche pas…….
 REMI
Cela n’empèche pas quoi ?
 MARC ( hésitant)
  Je parie que tu n’as pas de dettes !
 REMI
 Ben, non ! je n’ai pas de dette. Je fais attention
 MARC
 Faire attention ! faire attention ! Moi aussi j’ai fait attention, et pourtant..
 REMI
 Et pourtant quoi ? Si tu veux me dire quelque chose, dis le !
 MARC ( de plus en plus ennuyé)
  Remarque, je n’ai qu’une dette…mais il faut que je la règle avant demain.
 REMI
 Tu as acheté quelques chose ?
 MARC
 Non. Je n’ai rien acheté. C’est une dette de jeu.
 REMI
 Tu joues, toi ? Mais tu es idiot !!
 MARC
 C’est idiot quand on perd, mais quand on gagne ! Hein ??  ( un temps) Tu as un peu d’argent de coté ?
 REMI
 Un peu, mais pas grand-chose. Je ne gagne pas des fortunes chez Leclerc, alors avec le loyer, les livres et la bouffe…..Tu dois combien ?
 MARC
 3000 Euros !
 REMI
 3000 Euros ? Mais tu es fou de jouer des sommes pareilles ! je ne peux pas t’aider. Comment vas-tu faire ?
 MARC
 Oh, si je voyais ma mère seule ce ne serait pas un problème ! Mais mon père et ma mère vont venir ensemble, et si je demande 3000 euros à mon père…Hou là là !!!Il parlerait de me couper les vivres. Remarque, il ne le ferait pas, mais c’est pour dire…
      ( un moment se silence)
 MARC
 Mais j’y pense, tu pourrais m’aider.
 REMI
 Je te l’ai dit : je suis loin d’avoir 3000 euros…
 MARC
 Ce n’est pas ce que je te demande. Quand mes parents viendront, il faudra absolument que je voie ma mère seule. Pourrais tu occuper mon père. ? Tiens ! j’ai une idée : Tu fais ton droit, et mon père est licencié en droit. Vous pourriez parler de ça, non ?
 REMI
 Je veux bien essayer. Mais quand même, je serais surpris si ta mère t’allongeait 3000 euros, comme ça, sans explication..
 MARC
 Oh, mais ma mère m’aime bien….
 REMI
 La mienne aussi, mais tout de même…..
 MARC
  Ne te casse pas la tête. J’en fais mon affaire. Dis donc, si ça ne te fait rien, nous allons mettre un peu d’ordre chez toi. Il faut que tu fasses une bonne impression à mon père.
    Les deux amis font le lit, debarassent la chaise, ferment les portes de l’armoire, et mettent un semblant d’ordre sur le bureau
 ( A suivre)
 http://aristee.canalblog.com/
 http://abeilles.apiculture.free.fr/
IP archivée

aristee

  • Membre Actif
  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 307
    • Voir le profil
Re : LA HAINITUDE ( Théatre)
« Réponse #1 le: lundi 07 mai 2007 - 06:32:54 »

   REMI
 Tu es sur que tes parents vont venir aujourd’hui ? Parce que sur un bureau rangé en apparence, je ne m’y reconnais plus. J’ai besoin pour travailler d’être dans mon ordre à moi, que tu appelles ma pagaïe….
    On frappe à la porte au fond à gauche
 MARC( A voix basse)
 Tu n’auras pas longtemps à attendre.Ce sont certainement mes parents ! Je compte sur toi !!Amène mon père de ton coté !
 ( Il va ouvrir, et entrent un homme et une femme, élégants l’un et l’autre. Rémi, après les avoir embrassé)
 MARC
  Je vous présente mon ami Rémi qui partage le studio avec moi. Rémi, ce sont mes parents
   ( On se serre la main)
 MADAME GENDRE
  Je vois que vous êtes bien installés. Vous devez bien vous entendre. Je vois, Marc que tout comme Rémi, vous avez le gout de l’ordre
 MARC ( sans rire)
 C’est vrai, Rémi est très ordonné. Presque plus que moi
 REMI (qui ne peut cacher un sourire)
  Tu exagères Marc. Il est impossible d’être plus ordonné que toi.
 MONSIEUR GENDRE
 Le principal est que vous vous entendiez bien. ( s’adressant à Rémi) Alors jeune homme, quelles études faites vous ?
 REMI
  Je fais du droit, Monsieur !
 MONSIEUR GENDRE
 Du droit ? Ah, mais c’est très bien ça ! Moi aussi j’ai fait une licence en droit. Il n’y a pas d’études qui ne soient aussi utiles dans la vie. Même si les connaissances en droit ne sont pas utilisées sur le plan professionnel, dans la vie courante, on a toujours besoin d’avoir une tournure d’esprit de juriste. Avant de signer un bail, un contrat d’assurances etc.. on se félicite de savoir éviter les chausses trappes..Dans quelle matière travaillez vous en ce moment ?
 REMI
 Je fais du Civil, et j’en suis au droit des responsabilités.
 MONSIEUR GENDRE (qui s’est avancé vers le bureau de Rémi)
  C’est un domaine interessant. ARTICLE 1382 et suivants. En droit français, c’est toujours le gardien qui est responsable. Gardien des enfants, des animaux, des biens. Ce sont les gardiens et non les propriétaires
 REMI
 Sauf en ce qui concerne les propriétaires d’immeubles !
 MONSIEUR GENDRE
 Sauf les propriétaires d’immeubles. C’est bien jeune homme ! Vous avez déjà bien assimilé la question.
   ( Pendant que Monsieur Gendre et Rémi discutent) Marc a attiré sa mère de l’autre coté du studio. Il lui parle et l’on voit Madame Gendre faire un chèque et le remettre à son fils, en veillant à ce que son mari ne la voie pas)
  MONSIEUR GENDRE (s’adressant toujours à Rémi)
  Savez vous à quoi vous vous destinez ?
 REMI
 Non. Pas encore. Ce que je sais, c’est que je ne deviendrai pas avocat
  MONSIEUR GENDRE
  Et pourquoi ça ? Le métier d’avocat est varié, gratifiant..
 REMI
 Oh, la raison est simple : Je ne pourrais pas être avocat, parce qu’il me serait impossible de défendre une cause à laquelle je ne croirais pas
  MONSIEUR GENDRE
  Vous êtes un garçon attachant. Je n’ai pas non plus voulu m’inscrire au barreau pour la même raison.
 ( Pendant cette discussion, Marc et sa mère reviennent vers l’avant scène et rejoignent Rémi et Monsieur Gendre)
 MONSIEUR GENDRE
 Alors, et toi fiston, ou en es tu ?
 MARC
 Oh, ça va, ça va ! Je pense que je vais arriver, mais je me demande si je n’ai pas fait une erreur d’aiguillage. J’aime l’ordre et peut être que le Droit aurait été plus dans mes cordes
 MONSIEUR GENDRE
 Tu n’as pas voulu m’écouter ! Tu te rends compte- un peu tard- que j’avais raison. Mais Monsieur ne voulait pas se laisser influence par son père. En tous cas, il est trop tard pour changer. Tu as voulu être médecin, tu seras médecin…..ou infirmier.
 MADAME GENDRE
 ( à son mari)
  Pourquoi es tu désagréable avec cet enfant. Il a toujours réussi à ses examens. Bien sûr il sera médecin, et même spécialiste( à Marc) n’est ce pas mon chéri ?
 MARC
 Bien sûr Maman ! Ne te tracasse pas : je serai médecin.
 MONSIEUR GENDRE
 Nous verrons bien. Bon, il faut que nous y allions ! Nous étions passés ta mère et moi pour voir comment vous étiez installés , et….si vous vous entendiez bien tous les deux. Nous sommes rassurés. Ton camarade Rémi est quelqu’un de bien ( en souriant) d’ailleurs un juriste ne peut être que bien. Allons ! ( s’adressant à sa femme) nous partons ?
 ( Il embrasse son fils, serre la main de Rémi, Madame Gendre embrasse les deux garçons et ils sortent)
 MARC
 Ouf ! tout s’est bien passé. Je te remercie Rémi de m’avoir aidé. Maman m’a fait un chèque et Papa n’y a vu que du feu !!!!
 REMI
 Je n’en reviens pas ! Ta mère t’a fait un chèque de 3000 euros, comme ça ! sans explication ?
 MARC
 Ben quoi ? Je lui ai dit que j’avais besoin de 4000 euros et elle m’a fait un chèque.
 REMI
 De 3000, pas de quatre mille !
 MARC
 Pendant que j’y étais, je lui ai demandé 4000 euros. Ce n’est pas plus long de faire un chèque de 4000 euros qu’un chèque de 3000. Bien d’accord ?
 REMI
 Je n’ai pas à donner ou ne pas donner d’accord. Je suis soufflé, tout simplement !
 MARC
 En tous cas, c’est à charge de revanche. Si tu as besoin d’un service, n’hésite pas à me le demander.
       ( Après un moment de silence)
 REMI
 Demain après midi, mes parents doivent venir . Si ma mère vient seule, ça ira. S’ils viennent tous les deux, je te demanderais le même service. Exactement le même service que celui que je t’ai rendu. Tu tacheras de retenir l’attention de mon père. Il faut que je parle à ma mère.
 MARC
 Ah bon ! Mon exemple t’a inspiré. Tu vas taper ta mère ?
 REMI
 Non. Ce n’est pas tout à fait ça. Mon père est provisoirement au chomage. Moi, j’ai un peu d’économie. Oh pas grand-chose, mais ça peut les aider. Mon père n’acceptera jamais que je leur donne de l’argent. Par amour propre. Maman comprendra beaucoup mieux.
        ( Un long silence)
 MARC
 Rémi, je me sens moche, mais moche. Ecoute ! Tu ne veux pas que je continue à me sentir moche ? Tu es un ami ? Alors voilà : J’ai un chèque de 4000n euros. J’ai une dette incontournable de 3000 euros. Fais moi plaisir, accepte que je te fasse un chèque de 1000 euros pour tes parents.
 REMI
 Merci ;, Marc, tu es un chic type ! mais je crois que je ressemble beaucoup à mon père. Je te remercie mais je ne peux accepter.
  Maintenant, il serait sage que nous nous mettions à travailler. Tu ne crois pas ?
  Marc et Rémi s’installent devant leurs tables- bureaux, et commencent à travailler pendant que le rideau tombe.
 ( A suivre)
 http://aristee.canalblog.com/
 http://abeilles.apiculture.free.fr/
IP archivée

aristee

  • Membre Actif
  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 307
    • Voir le profil
Re : LA HAINITUDE ( Théatre)
« Réponse #2 le: mardi 08 mai 2007 - 06:45:47 »

          Lorsque le rideau se lève, sur le même décor, Marc et Rémi ne semblent pas avoir bougé. Pourtant quelques jours  se sont écoulés
 REMI ( relevant la tête)
  Au fait, Marc, je te t’avais pas remercié. Tu as bien su détourner l’attention de mon père hier après midi et j’ai pu, à son insu, glisser un peu d’argent à ma mère.
 MARC
 Tu m’avais rendu le même service,….et mes motivations étaient moins nobles, je le reconnais. A propos….oui, pour une fois mon «  à propos » vient bien à propos…tu sais les 3000 euros dont j’avais absolument besoin ?
 REMI
 Oui. Tu avais une dette de jeu.
 MARC
 Et bien non, justement !! Je n’avais pas de dette de jeu. Je ne voulais pas t’en parler, mais d’une part, tu es un ami, un vrai. Et d’autre part, cela va me faire du bien d’en parler à quelqu’un. Voilà :
   Te souviens tu il y a une quinzaine de jours, tu étais allé passer le week end chez tes parents ?
 REMI
 Je m’en souviens parfaitement.
 MARC
  J’avais une petite amie, Lise….je ne sais pas si tu la connais
 REMI
 C’est la petite brunette qui rit tout le temps, et qui fait du droit, comme moi ?
 MARC
 Oui. C’est elle. Je l’ai amenée ici ce week end là, et..bon,……. je ne te fais pas un dessin.. Je ne l’ai plus revue. Mais il y a 4 ou 5 jours, son frère est venu me voir. Il m’a dit.
   «  Je suis le frère de Lise. Je sais que tu as couché avec elle. Elle me l’a avoué. Depuis, tu n’as même pas pris la peine de prendre de ses nouvelles. Tu es un salaud. La liberté des mœurs a une limite. Et puis…je ne vais pas tourner autour du pot. J’ai joué au poker et j’ai perdu 3000 euros. Alors tu me donnes ces 3000 euros, ou je vais voir tes parents, et j’exige que tu te maries avec ma sœur »
    Ma première réaction a été d’éclater de rire et de lui dire : Tu te trompes d’époque, mec. D’ailleurs ta sœur est majeure, et si tu veux aller voir mes parents, vas y ! ils riront bien et tu n’auras pas tes 3000 francs.
    Il m’a répondu que 3000 francs ce n’était pas grand-chose pour moi, et que peut être que mes parents ne riraient pas tellement . D’ailleurs m’a-t-il ajouté, si tu ne veux pas me dépanner, je saurais te le faire regretter. Tu te mordras les doigts de ne pas m’avoir donné ces malheureux 3000 euros.
  Je sais bien, ou du moins je me doute, que ces menaces n’étaient pas sérieuses…mais enfin, il avait raison au moins sur un point : 3000 euros ce n’est pas grand-chose, et tu connais la suite.
  REMI
 Merci pour ta confiance et pour m’avoir raconté cette histoire. Mais maintenant la question est réglée, non ?
  MARC
  Je croyais aussi qu’elle était réglée. Mais il est venu me voir ce matin à la fac. J’ai d’abord cru qu’il voulait renouveler son chantage et je m’apprétais à l’envoyer sur les roses. Mais il m’a dit : Ma sœur est enceinte. Elle ne peut l’être que de toi. Alors tu as deux solutions. Tu te maries avec Lise, ou bien tu me verses 3000 euros jusqu’à son accouchement, et à partir de la naissance du gosse, tu verseras à elle 3000 francs pour participer à son.entretien. J’en ai parlé à ma sœur. Elle est d’accord pour garder l’enfant, recevoir 3000 euros par mois, et ne rien te demander de plus.
    Tu te rends compte de la cata !!!Je lui ai dit que l’enfant n’était peut être pas de moi. Qu’elle était seule responsable puisqu’elle m’avait dit qu’elle prenait la pillule….
   Il a rigolé et m’a répondu qu’à la naissance du bébé, il serait facile avec les moyens modernes, de prouver que l’enfant est de moi, et qu’à ce moment, puisque j’avais refusé un accord amiable, les exigences de Lises seraient beaucoup plus importantes. Voilà ou j’en suis. J’ai trois jours pour me décider. Qu’en penses tu ?
  REMI
  Je pense tout d’abord que le frère de Lise est un vrai salaud. Je ne peux pas croire que la petite Lise soit de la même espèce. Es tu certain que le gars que tu as vu est bien son frère ?
  MARC
 Sur ce point, malheureusement aucun doute. Tu penses bien que je me suis renseigné.
 REMI
 Bon. C’est bien son frère. Maintenant as-tu la preuve qu’elle est vraiment enceinte ? Et ensuite, si elle l’est vraiment, es tu certain qu’elle refuse une IVG ?
 MARC
  Je te l’ai dit : c’est ce matin que le frère est venu me raconter tout ça. Je n’ai pas revu Lise depuis ce satané week end..
 REMI
 Il est évidemment urgent d’aller la voir. Ne serait ce que les 3000 francs à verser au frère pendant la grossesse…ça me parait un peu gros ! Pourquoi est ce le frère qui recevrait l’argent ? Non. Il y a quelque chose de curieux. Moi, je vais en fac, faire une enquète sur Lise. Je vais essayer de savoir si elle est réputée pour être une fille facile. Toi, tu devrais enquéter sur le frère. Que fait il ? Ou travaille t il ? Quelle est sa réputation ?
    Il faut absolument que nous ayons des portraits les plus ressemblants possibles du frère et de la sœur. Ensuite, mais ensuite seulement, nous déciderons de ce que nous ferons. D’accord ?
 MARC
  Je ne peux que montrer d’accord avec toi. Je suis dans le brouillard. Merci Rémi.
  ( Au moment ou les deux amis s’apprettent à sortir, on frappe à la porte, et Rémi va ouvrir.
C’est une petite brunette qui entre.Elle est particulièrement agitée)
 REMI
 Tiens ? Lise. Je ne te connais que de vue, mais j’ai entendu parler de toi ces jours ci
 LISE
 Je m’en doute, puisque tu es le copain de Marc.
 REMI
 Entre, entre, et assieds toi. Nous allons pouvoir tirer au clair une affaire bien nébuleuse.
    Lise va s’asseoir sur une chaise, Marc et Remi sont sur le pied de leur lit.
 MARC
 Bonjour, Lise. Puisque tu viens nous voir, c’est que tu as quelque chose à nous dire. Nous t’écoutons.
 LISE
  Et bien voilà. Robert ( c’est mon frère) t’a dit que j’étais enceinte et il demandait que tu verses 3000 euros par mois, en dédommagement
 MARC
 Oui. Il a demandé 3000 euros pour lui jusqu’à l’accouchement puis 3000 euros par mois pour toi après l’accouchement.
   Mais je te demande d’être de bonne foi.. Lorsque nous sommes venus ici, je t’avas demandé si tu prenais la pillule, et tu m’a répondu oui. Tu le reconnais. ?
 LISE
 Je ne m’en souviens plus, mais ça n’a pas une grande importance.
 MARC
  Pas d’importance ??? Mais…Tout d’abord es tu enceinte ?
 LISE
 Oui. J’attends un bébé .
 REMI
 Je suppose que tu as passé des examens. Depuis quand es tu enceinte ?
 LISE
 Depuis un mois et demi, je pense.
 MARC
 Tu penses, tu penses !!!! Il faut des certitudes. Et puis, en dehors de moi, avec qui as-tu couché ?
 LISE
 Oh Marc !! Comment peux tu me demander ça ? Je n’ai couché qu’avec toi bien sur…et tu sais dans quelles circonstances……….
 MARC
 Tu le dis. Mais tu ne peux en apporter la preuve !
 LISE
 Oh, écoute le problème n’est pas là. Je suis enceinte, et l’enfant est de toi. C’est certain. Tu sais d’ailleurs qu’après la naissance, il serait facile de le prouver. Non. Le problème n’est pas là
 ( A suivre)
 http://aristee.canalblog.com/
 http://abeilles.apiculture.free.fr/
IP archivée

aristee

  • Membre Actif
  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 307
    • Voir le profil
Re : LA HAINITUDE ( Théatre)
« Réponse #3 le: mercredi 09 mai 2007 - 06:37:56 »

 MARC ( qui se met en colère)
 Ah ? Tu trouves que ce n’est pas un grave problème ? Mais tu es inconsciente ! Tu ne te rends pas compte……….. avec mes parents…
 REMI ( l’interrompant)
 Marc, laisse la parler. Attendons d’avoir tous les éléments en main .Elle est venue parler : qu’elle le fasse. !
  (S’adressant à Lise)
  Tu dis que le problème de ta grossesse n’est pas le vrai problème. Alors ou est il ce problème ?
 LISE
  Je tiens tout d’abord à dire que je n’approuve pas ce que vous a dit mon frère Robert. Il veut tirer un bénéfice de la situation..  Je trouve ça dégoutant
 MARC
 Ca me fait plaisir que ton jugement sur ton frère rejoigne le notre. Maintenant , parle, nous t’écoutons.
 LISE
  Je suis enceinte. Il y a deux solutions. Je garde le bébé ou je vais subir une IVG. Je ne veux pas d’une IVG. Je garderai donc l’enfant
 MARC
 Mais si cet enfant est de moi, j’ai mon mot à dire, non ? Moi, je préfère une IVG
 LISE
 Bien sûr, pour toi c’est plus simple. Il n’y aurait plus de problème. Mais, moi, je veux garder mon bébé.
 MARC
 Ah !! tu vois ? Tu as dis « mon bébé » tu considères qu’il est à toi et à toi seul. Moi, puisque je n’ai pas droit à la parole, je suis en dehors de ton problème.
  LISE
 C’est quand même un peu simpliste. Tu es le père. C’est une certitude.
 MARC
 Mais alors, ou veux tu en venir ? Je n’y comprends rien !
 REMI ( a Marc)
  Laisse la parler. Qu’elle dise ce qu’elle a à dire jusqu’au bout. Tais toi un peu Marc.
 LISA
 Merci Rémi. Donc, cet enfant, c’est moi qui le porte, et je veux le garder .Mon frère est totalement en dehors du problème  et ne retirera aucun bénéfice de la situation. D’ailleurs, nous nous sommes disputés et nous ne nous reverrons plus.
   Jusqu’à l’accouchement, je n’ai besoin de rien, ou plus exactement, je me débrouuillerai seule pour faire face aux quelques dépenses. Lorsqu’il sera né, ce sera un autre problème.
 Il est certain, Marc, que nous ne nous connaissons pas beaucoup. Je comprendrais parfaitement que ton envie de te marier avec moi,    ne te soit pas très agréable. D’ailleurs moi-même……
 MARC
 Quoi ? Tu ne me trouves pas assez bien pour toi ? Quel culot !!
 LISE
 Ah bon ? Alors, marions nous.
 MARC
 Mais je n’ai pas dit ça ! je ne veux pas me marier avec toi, avec ou sans enfant.. Mais c’est toi qui a dit…
 LISE
 J’ai dit que moi non plus je ne désirais pas me marier avec toi.
 MARC
 Mais enfin que me reproches tu ?
 REMI
 Ecoute, Marc ! Il faudrait que tu cesses de faire l’idiot. Elle ne veut pas se marier avec toi, tu ne veux pas te marier avec elle, donc sur ce plan tout est bien. Laisse là continuer
 MARC
 Mais elle est vexante. Pourquoi ne veut elle pas se marier avec moi ? Que me reproche t elle ?
 LISE
 Et toi que me reproches tu pour ne pas vouloir te marier avec moi ?
 MARC
 Mais ce n’est pas la même chose, ça n’a rien à voir !
  REMI
  Vous êtes des gamins !!! Allez vous parler sérieusement, enfin ? La venue d’un enfant est une chose grave. Tu nous as dit, Lise que tu avais des choses à dire. Dis les, et toi Marc, arrète de l’interrompre à tout bout de champs/
 LISE
 Rémi, vous êtes un sage. Donc, j’attends un enfant. Il est de  Marc, mais je ne veux  ni d’IVG, ni de mariage avec Marc. Je veux me débrouiller seule. Il n’y a qu’une seule chose que je veux demander à Marc. Je voudrais que lorsque l’enfant naitra, Marc le reconnaisse et lui donne son nom. Je veux que légalement mon enfant ait un père, même s’il ne doit pas le  voir de toute sa vie. Je m’arrangerai avec l’enfant quand il sera en age de comprendre. Je te promets, Marc, qu’aprés avoir reconnu l’enfant, je ne te demanderai plus rien
 MARC
  Tu es drole, toi ! Si je reconnais l’enfant j’aurais des devoirs envers lui, et puis mes parents..
 REMI
 Si je puis me permettre, Marc, il ne me semble pas nécessaire que tes parents soient au courant puisque Lise s’engage à ne jamais rien te demander après la reconnaissance.
 MARC
 Elle s’engage, elle s’engage…….Elle s’engage aujourd’hui, mais qui me dit que plus tard…Tu es drôle, Remi !!
«  c’est sans danger, puisque Lise veut avant tout que son enfant ait un père, tu n’as qu’a le reconnaître !! »
   ( un long moment de silence)
REMI
   Réfléchis bien, Marc ! Lise ne te demande pas grand-chose. Pour son futur enfant, elle ne veut pas être une fille mère. Elle te demande simplement de le reconnaître, et te décharge de tous tes devoirs envers l’enfant. C’est le moins que tu puisses faire, et cela ne t’engage pas beaucoup.
  MARC
  Mais enfin, je ne veux pas reconnaître un enfant…dont je ne suis même pas certain d’être le père
 REMI
  Tu es sûr de ne pas vouloir faire ce que Lise te demande ?
 MARC
 Non. Je ne veux pas
      Un très long silence
  REMI ( à Lise)
  Si je reconnais l’enfant à sa naissance, peux tu t’ engager envers moi de ne jamais rien me demander ?
 LISE
 Oh ! Tu es vraiment chic Rémi.Je m’y engage, devant témoin, et je te signerais un papier si tu le désires. D’ailleurs, tu as une sécurité absolue. Tu sais parfaitement que tu n’es pas le père et qu’éventuellement, si je ne tenais pas mes engagements( ce qui ne se produira pas) tu pourrais toujours prouver que tu n’es pas le père par une analyse ADN
 REMI
 Je crois en ta parole, Lise. D’accord. Je reconnaitrai ton enfant
 LISE
 Merci, Remi , merci mille fois. Je suis très heureuse d’attendre un enfant, et il ne portera pas le nom d’une fille mère. J’arrangerai les choses et il n’en souffrira pas.
 MARC ( un peu penaud)
  Décidement, encore une fois, tu es bien meilleur que moi. Tu vas finir par me foutre des complexes.
 REMI
 Mais, non ! il n’y a pas de raisons. Nous avons des situations familiales très différentes qui nous permettent d’agir différemment.
  MARC
 Quand même, Rémi, tu es vraiment un chic type.
  REMI
  Bon. C’est décidé, n’en parlons plus. Je vais préparer un papier que nous signerons tous les trois.
        Le rideau tombe
 ( A suivre)
 http://aristee.canalblog.com/
 http://abeilles.apiculture.free.fr/
IP archivée

aristee

  • Membre Actif
  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 307
    • Voir le profil
Re : LA HAINITUDE ( Théatre)
« Réponse #4 le: vendredi 11 mai 2007 - 06:48:05 »

                                          6 ans plus tard
   Lorsque le rideau se lève, nous sommes dans une salle de séjour confortable.Deux portes à gauche, deux portes à droite, une porte au fond à droite qui mène à l’entrée.
    4 fauteuils, un divan,un meuble télévision fermé, Trois petites tables basses, au fond à gauche, un bar.
    REMI, seul en scène, assis dans un fauteuil, compulse un agenda.
 REMI ( Il parle très fort, en s’adressant à un personne qui est dans la pièce voisine.)
  Chérie, je vois que sur l’agenda, tu as noté à la date d’aujourd’hui à 15 heures «  Assureur » De quoi s’agit il ?
   Une voix de femme off ( parlant très fort aussi)
  Oui, j’ai demandé à notre assureur de passer. Tu sais que nous avons aménagé une chambre supplémentaire. Cela va changer notre assurance incendie. Il faut absolument préciser ce changement dans notre police, sinon, nous serions en tort
  REMI
 Tu as très bien fait. ( il regarde sa montre) d’ailleurs il ne va pas tarder, il est trois heures.
 ( Rémi va poser l’agenda sur une petite table et la sonnerie d’entrée retentit.
 REMI
 Laisse, je vais ouvrir !  il y va, et voyant le visiteur pousse une exclamation
 Ah par exemple !! C’est toi ? Comment as-tu su que j’étais là ?
    Rémi entre accompagné de Marc. Ce dernier est très géné.
 MARC
 Figure toi que je n’avais pas fait le rapprochement. On m’a demandé de venir voir un Monsieur Vallet…alors je suis venu, sans savoir que c’était toi.
 REMI
 «  On t’a demandé » Cela veut dire que tu es l’assureur ?
 MARC ( toujours géné)
 . C'est-à-dire que je travaille pour un agent d’assurances. Je suis son employé.
 REMI
   Tu es un employé d’assurances ? Mais…tes études ? Tu réussissais bien si mes souvenirs sont bons.
 MARC
 Oh écoute, je préfère ne pas trop parler de tout ça. J’ai fait des bétises. Tu sais que nous avons vécu 4 mois dans le même studio, et puis j’ai pris un appartement plus grand pour moi tout seul ;
 REMI
 Ca, je sais. Ca m’a d’ailleurs posé de sacrés problèmes pour payer seul le studio, et à cette époque de l’annèe je n’ai pu trouver de colocataire.
 MARC
  Tu as peut être eu des ennuis, mais pas autant que moi. Je me suis mis à jouer, avec le frère de Lise ; Tu te souviens de Lise et de son frère ?
 REMI( souriant)
 Oui. A vrai dire, surtout de Lise.
 MARC
 Et bien, avec son frère, j’ai fait…pas mal de bétises. J’ai joué, j’ai beaucoup perdu. Mes parents ( ma mère surtout) m’ont aidé. Et puis un jour, ils en ont eu marre ( mon père surtout) et ils m’ont fichu à la porte. Depuis je vivotte de petit boulot en petit boulot..
 REMI
 Ce n’est pas joyeux tout ça !!
 MARC
 Non. Ce n’est pas joyeux. Mais tu me parlais de Lise. As-tu de ses nouvelles ?
 REMI
 Oui. Attends une seconde. ( Il crie) Chérie, peux tu venir une seconde ?
     Peu après Lise entre. Marc est médusé
 MARC
 Lise ? Mais qu’est ce que tu fais là ?
 LISE
 Mais je suis chez moi. Et toi que viens tu faire ici ?
 REMI
 C’est lui l’assureur que nous attendions.
 LISE
 Ah, par exemple !!Alors c’est par hasard que tu es venu ?
 MARC
 Tout à fait par hasard ! Alors, comme ça, vous vivez ensemble ?
 REMI
 Nous sommes mariés, oui !
 MARC ( après un moment de réflexion)
 Et…vous avez des enfants ?
 REMI
 Nous avons un fils de  5 ans et demi.
   Un très long silence
 MARC
 De 5 ans et demi ? Attends, attends…Alors, c’est mon enfant ?
 REMI
 Ton enfant ? Tu plaisantes. C’est avant tout l’enfant de Lise, et c’est aussi beaucoup mon enfant. Je m’en occcupe énormément.
 MARC
 Tout cela est très joli, mais vous le savez  c’est moi, le vrai père !
 REMI
 Le vrai père ? Qu’as-tu fait pour lui ? Je te l’ai dit, c’est avant tout l’enfant de Lise. Elle l’a porté pendant neuf mois, pendant lesquels elle a souffert de malaises divers. Elle a souffert ensuite pour l’accouchement, puis, elle l’a nourri, a encore souffert pour le sevrer, a passé des nuits quand il était malade, s’est inquiétée sans arret..etc…
MARC
 Oui, mais c’est moi qui l’ai fait !
 REMI
 Qu’est ce que tu as fait ? Pour toi, ce fut un simple spasme de quelques secondes, et c’est tout. De plus, tu n’as même pas voulu le reconnaître.
MARC
 Tu diras ce que tu voudras, c’est bel et bien mon enfant. Je peux donc faire une recherche en paternité, et je suis sûr de gagner, et….de vous l’enlever. A moins que…
 REMI
 A moins que quoi ? A quoi penses tu ?
 MARC
 Je peux sans difficulté prouver qu’il est mon fils. Je peux donc vous faire beaucoup de mal. Si je renonce à ma paternité, ça vaut quelque chose…et même beaucoup, non ? Pensez ce que vous voulez, mais dans ma situation…..
 LISE
 Décidemment, mon frère a un excellent élève. Tu es aussi abject que lui
 MARC
 Abject, abject…je ne discute pas. Mais ce qui est important, c’est que, j’ai un fils, et cela non plus ne se discute pas. Alors ? Vous y tenez à votre garçonnet ? A combien l’évaluez vous. ?
 REMI
 Mais enfin, tu plaisantes ? Tu n’es pas devenu comme ça ?
 MARC
 Si. Malheureusement, j’y suis contraint. Alors combien ?

 LISE
 Rien du tout !
 MARC
 Tu veux donc que je fasse reconnaître ma paternité, et que je prenne le petit un week end sur deux et pendant la moitié des vacances ?
 LISE
 Non. Je ne veux rien de tout cela, et tu n’auras rien ! Légalement, notre fils a un père et une mère, eux même mariés. Tu peux abandonner tes illusions. Tu ne tireras pas un sou de nous.Et tu n’as pas intérêt à insister.
 MARC
 Ah oui ? Et comment vas-tu t’y prendre pour que je ne sois pas reconnu comme étant le père de notre enfant. ? Tu m’as volé mon enfant en ne me disant même pas que nous allions en avoir un.( en tous cas, tu ne pourras pas prouver le contraire) Comment je vais m’y prendre ? .C’est très simple. J’ai appris incidemment que j’avais un enfant de toi. Je trouverai des anciens copains de Fac pour témoigner de notre liaison à l’époque de la conception et une expertise ADN confirmera mes dires.
 LISE
 Tu as la mémoire courte. Souviens toi. Nous avons eu une discussion, quand mon frère a voulu monnayer ma future maternité. Je ne t’avais demandé qu’une seule chose : c’est que tu reconnaisses l’enfant, et après, je m’engageais à ne rien te demander. Tu as refusé.C’est alors que Rémi, qui ne me connaissait qu’à peine a bien voulu reconnaître mon bébé à la naissance.
   En bon juriste, Rémi a voulu que nous mettions tout noir sur blanc, et en particulier ton refus de reconnaitre ta paternité.J’ai laissé faire, quoique…bon, je n’insiste pas J’ai conservé mon exemplaire. Tu n’as aucune chance d’obtenir quoique ce soit. Mon pauvre Marc, il faudra que tu trouves autre chose.
  MARC ( après un moment de silence)
 Si tu me faisais voir ton contrat d’assurances ? C’est pour ça que je suis venu.
 REMI
 Je ne comprends pas, non je ne comprends pas ! J’ai eu l’occasion de voir tes parents, qui sont des personnes très correctes. Toi-même, tu étais un parangon d’ordre. Comment as-tu pu changer à ce point ? Quand as-tu arrété tes études ? Qu’as-tu fait depuis ?
 MARC
 Fous moi la paix. Je suis un salaud et je le sais. Toi, tu es la bonté incarnée. Bon. C’est comme ça, on ne peut rien y faire. Fais moi voir ton contrat, et plus tot je partirai mieux je me porterai. Tu me fous des complexes.
 REMI
 Si tu te sens compléxé, c’est que tout n’est pas mauvais en toi. Tu es un garçon intelligent. Tu as eu des problèmes, mais il n’est pas trop tard pour que tu reviennes dans la normalité.
 MARC
 Bon. Il faut que je te parle brutalement ? Je déteste me trouver en ta présence. Heureusement, cela n’arrive pas souvent. Quand tu es devant moi, je regrette ce que je suis, et c’est extrèmement désagréable. Je préfère m’accepter comme je suis. Alors, je te le demande une dernière fois : Fais moi voir ton contrat d’assurance, je te ferai une proposition de modification, et je partirai en vitesse, rejoindre mon monde à moi.
 REMI
 Sur le plan assurance, le problème est simple. Tu ajoutes une pièce au contrat actuel et tu me dis quelle est l’augmentation de la prime.
 MARC ( il sort de sa serviette un tarif, et après consultation il dit)
   Cela te fera une augmentation annuelle de 12 euros hors taxe. Si tu es d’accord, je te ferai établir un avenant.
 REMI
 D’accord. Peux tu me l’apporter pour la régularisation ?
 MARC
 Evidemment non. Tu le recevras par la poste. Allons, au revoir…et j’espère, adieu !
 REMI
 Donne moi ton adresse personnelle. On ne sait jamais. Je suppose que ton activité actuelle ne te donne pas satisfaction, et si par hasard, je viens à connaître un poste plus valorisant, je t’en ferais part.
 MARC
 Mais enfin, qu’est ce que tu as à vouloir jouer les saint Bernard ? Je ne te demande rien. Et bien plus, je ne veux rien te devoir. Alors fiche moi la paix.
        Marc sort
 REMI à Lise
 Le malheureux
          Et le rideau tombe.
 ( A suivre)
 http://aristee.canalblog.com/
 http://abeilles.apiculture.free.fr/
IP archivée

aristee

  • Membre Actif
  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 307
    • Voir le profil
Re : LA HAINITUDE ( Théatre)
« Réponse #5 le: samedi 12 mai 2007 - 06:32:03 »

      Le rideau se lève sur le même décor. Lise, seule en scène, est en train de lire. Quelques secondes plus tard, Rémi entre avec le courrier à la main.
  REMI
 Tiens ! il y a la lettre de l’assurance, ce doit être notre avenant ( il décachette la lettre) oui, c’est bien ça. Je suis un peu déçu. J’espérais encore que Marc reviendrait pour nous l’apporter lui-même.
 LISE
  Sur un point, je pense comme Marc. Pourquoi veux tu absolument lui venir en aide ? Tu vois bien qu’il ne veut pas sortir de son monde. Tu ne peux rien pour lui. Laisse le.
 REMI ( après une légère hésitation)
  Je ne peux m’empécher de penser….qu’il est le père naturel de notre enfant. Et c’est pour notre enfant que j’aimerais…que je voudrais, qu’il soit un homme estimable.
 LISE
 Notre enfant a un père et une mère estimables. Il n’aura jamais à rougir d’eux. C’est cela, et seulement cela qui compte.
   La sonnerie de la porte d’entrée retentit
 REMI
 Laisse ! je vais aller ouvrir.
 LISE qui sort
 Je suis mal coiffée, je vais me donner un coup de peigne ( Elle sort par une porte à gauche)
   Rémi sort aussi vers le couloir d’entrée
   On entend  une exclamation de Rémi
 Ah ! par exemple ! Quel plaisir !
  Et Rémi entre, suivi par Marc. Ce dernier semble un peu géné. Rémi tente de le mettre à l’aise
 REMI
 Assieds toi mon vieux ! Ca me fait vraiment plaisir de te revoir.
   Remi et Marc s’installent dans des fauteuils. Un petit moment de silence.
 MARC
 Après les dernières paroles que j’avais prononcées il y a 3 jours, tu dois être surpris de me voir ?
 REMI
 Surpris, oui c’est vrai. Mais je te l’ai dit, très heureux aussi.
 MARC
 Merci.  Durant ces trois jours, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai récapitulé ce qu’a été ma vie. Je n’ai rien fait de bien. Rien. Sauf peut être…votre  enfant… Au fait, il n’est pas là ?
 REMI
 Non bien sur ! il est à l’école.
 MARC
 Ah oui. Il est grand !  Tu n’aurais pas une photo de lui par hasard ?
 REMI souriant
 Il n’y a aucun hasard la dedans ! Mais bien sur nous avons des photos. Il y a même un album qui lui est consacré !
     Rémi se lève, va ouvrir le tiroir d’un meuble et en sort un album.
 REMI
 Tiens ! Tu vas pouvoir le voir sous toutes les coutures et à tous les ages.
  Marc prend l’album et le feuillette.
  MARC
 Il est beau…votre enfant. Très beau. Il a les yeux de Lise……..   Oui, il est vraiment très beau.
  REMI
 Je ne te dirai pas le contraire.Et en plus, il est très gentil, quoique très vif.
 MARC qui continue à regarder l’album
  On voit qu’il est heureux de vivre
 REMI
 Nous faisons tout pour ça.
 MARC après une hésitation
 Je voulais te demander…est il possible qu’il ait..par exemple, un oncle qu’il ne connaît pas encore ?
 REMI souriant
 Un oncle ? C’est un peu difficile. Il connaît bien ses grands parents, et n’a pas d’oncle. Mais un cousin, bien sûr, il est très possible qu’il y en ai un qu’il ne connaît pas encore….Puisque tu en parles, je crois même qu’il y a un cousin, nouveau pour lui, qui doit venir déjeuner Dimanche…
  MARC
 Merci , Rémi. Bien sûr, je viendrai Dimanche.
 REMI
 C’est parfait.
     Un moment de silence et Rémi reprend
 REMI
  Je pense qu’il a du être difficile pour toi de revenir me voir. C’est une première victoire sur toi-même. Il va falloir te remettre en selle sur le plan professionnel. Il y a combien de temps que tu travailles dans un cabinet d’assurances ?
 MARC
 Cela fait à peu prés un an et demi.
 REMI
 Est-ce une activité qui te plait ?
 MARC
 Ma foi, j’ai une situation subalterne. J’ai la chance de m’occuper d’un peu de tout. Technique de production, sinistres et clientèle, c’est donc varié, mais je suis à une echelle très modeste
  REMI
  Je pense que tu devrais «  peaufiner » tes connaissances générales, et dans quelques mois, tu achéterais, soit une Agence Générale d’assurances, soit un cabinet de courtage. Je t’y aiderais matériellement.
  MARC
 Il n’en est pas question !!
 REMI
 Si, tu verras, nous y arriverons. Par ailleurs, tu as une autre marche à franchir
 Tu sais, ce qui serait bien ? Même, et surtout, si c’est difficile pour toi. Il faudrait que tu reprennes contact avec tes parents. Il y a combien de temps que tu ne les as pas vu ?
 MARC
 Cela fait….Plus de trois ans.
 REMI
 Alors ? Qu’en penses tu ? Peux tu renouer avec eux ?
 MARC ( dont la colère monte peu à peu)
 Non !!Ca non plus, il n’en est pas question ! Mes parents m’ont fichus à la porte comme un malpropre, je ne vais pas revenir vers eux en fils soumis. Sais tu pourquoi je suis revenu te voir ? non, Tu ne le sais pas. Et bien je vais te le dire. Je te hais, Rémi, Tu entends, je te hais. Ta bonté envers moi me fait vomir ! je suis revenu car je voulais connaître mon fils. Cet enfant est le fils de Lise et de moi. Tu n’y es pour rien ! Tu as beau jouer les bons apotres, pour m’amadouer, c’est moi qui suis son père. Et toutes les bontés du monde ne pourront pas changer cette réalité. Je voulais connaître mon fils, me faire aimer de lui, et ensuite lui révéler que c’est bien moi son père. Mais je ne pourrais pas continuer à jouer la comédie devant toi ! J’avais présumé de mes forces. Je te hais trop. Je m’en vais ( Il se lève)
  ( Lise était entrée au debut de la diatribe de Rémi. Elle a donc tout entendu, mais Rémi ne l’avait pas vue)
 LISE
 Non, Marc, tu ne vas pas partir tout de suite. Assieds toi. J’ai des choses à dire, et tu vas les entendre !
   (Marc surpris, est hésitant)
 LISE
 Marc, je t’ordonne de t’asseoir et de m’écouter. D’ailleurs tu as intérêt à savoir.
     ( Marc s’assied dans un fauteuil)
 LISE
 Je vais révéler des faits que même toi, Rémi, tu ne connaissais pas. J’implore ton pardon de les avoir cachés.
  Mes parents se sont liés d’amitiés avec un jeune couple, lorsque j’avais 5 ou 6 ans.Ce jeune couple avait un enfant Norbert. Norbert et moi étions comme des frère et sœur. Nous avions l’occasion de nous voir très souvent et avec nos parents, nous passions toutes les vacances ensemble.
     Lorsque nous avons eu 20 ans , nous avons eu une liaison. Nous habitions un petit deux pèces. Ce n’était pas le grand amour, mais nous étions comme deux copains de sexes opposés, et qui en profitions.. Cela a duré un an, et je me suis trouvé enceinte. Je voulais garder mon enfant, Norbert n’en voulait pas. Les semaines passaient et l’IVG n’allait plus être possible.
  Un matin, en me reveillant, j’ai eu droit à la scène classique. Norbert n’était plus là et il y avait une lettre sur ma table de nuit. Vous vous doutez de son libellé : » Je ne veux pas de cet enfant, tu veux le garder, je pars »
     J’étais comme anesthésiée. Non pas, je vous l’ai dit, que j’aimais passionnément Norbert, mais qu’il parte, comme ça, à la sauvette, moi qui croyais bien le connaître..je ne comprenais plus.
     C’est le même matin que nous nous sommes rencontrés Marc, et tu m’as emmenée dans votre studio à toi et à Rémi. J’étais dans un état second, je ne sais si tu t’en es aperçu et si tu en as profité consciemment, mais peu importe.
  Quelques jours plus tard, ma décision de garder mon enfant était toujours la même. Mais je ne voulais pas qu’il porte mon nom. Il aurait compris par la suite que j’étais une fille mère. Je voulais que légalement il ait un père, sans que ce dernier ne soit tenu par le moindre devoir envers lui. Tout naturellement, c’est à toi Marc que je me suis adressée. Je t’avais bien précisé que je ne te demandais que de reconnaître l’enfant et c’est tout. Tu as refusé. Rémi, que je ne connaissais qu’à peine s’est proposé. Les semaines suivantes, Rémi et moi,  nous nous sommes vus tous les jours. Nous sommes tombés réellement amoureux, et nous nous sommes mariés juste avant mon accouchement. Voilà toute l’histoire. Je n’ai pas osé t’en parler tout de suite Rémi, et puis, le temps a passé. Nous étions, nous sommes heureux. Pourquoi faire ressortir des faits qui n’avaient plus d’importance ? Voilà. Tu sais maintenant Marc, que tu n’es pas le père de mon enfant. Maintenant tu peux partir en emportant toute ta hargne, ta haine….ton mal de vivre. Rémi a voulu essayer dans sa grande bonté de te faire revenir dans la normalité et peut être te faire connaître un jour le bonheur.Mais tu es foncièrement mauvais.
  MARC ( se lève lentement)
 Je pars. Je pars, mais tout ce que tu viens de dire, Lise, qui me prouve que ce soit la vérité ?  Et puis,au lieu de donner des leçons de morale, tu devrais te regarder : Tu es une menteuse. Quand à moi,( il se tourne vers Rémi) rien n’est changé. Je te hais toujours autant. Même si je ne suis pas le père de ton fils, je te hais . Lorsque nous sommes partis dans la vie, j’avais plus d’atouts que toi. Mes parents étaient riches, j’étais un homme d’ordre, je réussissais mes études……et aujourd’hui, par une injustice que je ne m’explique pas, c’est toi qui a tout et moi, rien.
 REMI
 Demande toi s’il n’y a pas un peu de ta faute ?
 MARC
 De ma faute ? Si Lise m’avait aimé au lieu de toi, je serais à ta place
 REMI
 Arrétons la discussion, elle ne mènerait à rien. C’est toi qui a choisi de ne pas lui rendre le service qu’elle te demandait. Si j’ai voulu t’aider, ce n’est pas par bonté uniquement comme tu sembles le croire. C’est parce que je voulais que le père naturel de mon fils soit un homme normal.  Je suis très très heureux que tu ne sois pas son père.Tu peux partir avec toute ta haine, et…….la possibilité de vengence en moins
    Marc sort. Un long moment de silence
 LISE
  Tu m’en veux Rémi, de t’avoir caché une partie de la vérité.
 REMI
 Je savais déjà que cet enfant n’était pas de moi. Et à vrai dire, je suis soulagé que Marc n’en soit pas le père.Alors, non, je ne t’en veux pas.Maintenant, ce que je voudrais, c’est que tu ne me dises jamais qui est ce Norbert. Je ne veux pas le connaître.
 LISE
 Sur ce point, tu peux être tranquille. Nous ne nous sommes jamais revus, quand à ses parents quelques mois après notre rupture, ils sont partis s’installer aux USA.
  REMI
  Alors, tout est bien ma chérie . Essayons d’oublier ce maleureux Marc.La haine, poussée à ce point, c’est inimaginable
    ( Il la prend dans ses bras, pendant que le rideau tombe)

                             FIN
 http://aristee.canalblog.com/
 http://abeilles;apiculture.free.fr/
IP archivée
 

+ Réponse Rapide