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En juin 2001 j'ai participé au deuxième Salon du Livre en ligne appelé
Planetexpo. Je présente ici les
commentaires que j'ai mis dans mon forum de discussion. Vous retrouverez
également des articles que j'ai écrits et des interviews que j'ai données.
Roland Michel Tremblay
TABLE DES COMMENTAIRES SUR CETTE PAGE
1er décembre 2001
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l'Anarchiste Couronné Littérature
Questions à
RM Tremblay à propos de l'Attente de Paris
Pour la chronique littéraire de la Toile gaie mondiale
De Richard Chartier
Bonjour cher collaborateur de la Toile!
1-À la lecture de ton livre "L'Attente de Paris", j'ai
constaté que tu utilises un style littéraire simple, direct et qui évite
d'utiliser des mots trop "intellectuels". Est-ce volontaire de ta part ?
RM :
Cette question est très intéressante car en effet l’Attente de Paris
a un seul niveau d’interprétation et c’est écrit d’une façon spontanée.
Cependant ce n’est pas le cas de mes trois autres livres publiés qui sont
tous très différents les uns des autres, même du point de vue du style
littéraire.
Par exemple, l’Éclectisme est davantage un essai
philosophique qui utilise même un jargon relatif à la science fiction, pour
ne pas mentionner Star Trek. Et Denfert-Rochereau est
davantage un roman dont le style est plutôt littéraire.
C’est volontaire, mais cela a une explication. J’écris
toujours deux livres en même temps. Un qui est mon journal qui sera
transformé en un roman, comme l’Attente de Paris qui a sa version
journal appelée Underground que l’on retrouve sur mon site (www.anarchistecouronne.com).
Et un autre livre que j’écris en parallèle et qui est une œuvre littéraire
fictive qui diffère de mon existence, mais s’en inspire tout de même. Ce
deuxième livre est d’un style plus recherché, sans contenir cependant de
mots trop intellectuels qui ne viennent pas naturellement. Je ne suis pas un
de ces fervents littéraires qui croient qu’il faille un dictionnaire pour
lire un livre ou que les mots compliqués prouvent la qualité d’une œuvre.
On m’a souvent dit que l’Underground était meilleur
que la version roman l’Attente de Paris, car c’est beaucoup plus
instantané. Mais il faut être connu afin de réussir à faire publier un
journal, donc j’en fais des versions romans différentes, transformant le
héros d’un être gai à un être hétérosexuel.
On pourrait m’accuser de ne pas m’affirmer en transformant
mon journal en des romans hétérosexuels, mais je le fais pour une seule
raison : pour ne pas enlever l’intérêt du journal qui lui aussi sans doute
sera publié un jour. Alors vaut mieux que le roman diffère de l’original,
sinon le journal ne sera jamais publié.
2-Ton personnage principal, Julien, est souvent en proie à
des révoltes contre la société, son fonctionnement et ses principes. Peut-on
affirmer qu'il te représente ?
RM : Je suppose qu’il est un anarchiste en attente d’être
couronné, ce qui est le titre de mon site littéraire (l’Anarchiste
Couronné Littérature) et donc le titre qui couronne toute mon œuvre.
J’aime dire que je ne suis pas un anarchiste, ou du moins pas un anarchiste
politique, mais on dirait que ça revient toujours dans mes livres. J’ai même
un livre qui s’appelle la Révolution où l’anarchie et la révolte sont
également les sujets du livre, bien que ce soit plus songé que l’Attente
de Paris.
Il n’y a aucun doute que Julien c’est moi, puisque le livre
était un journal à l’origine. J’ai même la version Underground Uncut
(non coupée, non corrigée) sur mon site qui contient 650 pages de plus que
l’Attente de Paris. Dans cette version j’entre dans bien des détails
inutiles pour un roman, mais qui aident à comprendre les passages du roman.
Cette version Uncut est le livre le plus populaire de mon
site l’Anarchiste Couronné et je pense que je vais l’enlever bientôt.
Car lorsque l’on dit trop ce que l’on pense, on se fait attaquer ensuite sur
des détails que l’on pensait un jour et que l’on ne pensait plus le
lendemain. Et vraiment, je n’y vais pas avec le dos de la cuillère à propos
de mes profs et du système. Je pense qu’il y en a assez dans la version
Uncut pour me poursuivre en justice ! Juste pour dire, dans les romans, en
tant qu’auteurs, nous sommes très gentils et mesurés.
3-Le roman nous présente des personnages qui vivent
d'incessants remous intérieurs, plongeant dans l'incertitude et le doute
face à leur destin. Ce tableau que tu nous dépeins de jeunes gens en crise
d'identité, à la recherche d'un sens à leur vie, est-il représentatif de la
nouvelle génération ? Si oui, n'est-ce pas un peu décourageant pour l'avenir
?
RM : Je suis tout à fait convaincu que mon expérience est
l’expérience de la majorité des étudiants, et un peu plus tard dans le
livre, l’expérience des étudiants québécois qui vont étudier à l’étranger.
Il est très difficile de planifier sa vie un mois à l’avance
alors que les universités nous acceptent ou non dans un programme trois
jours avant le début des cours. Et lorsque c’est Paris, il faut toute une
révolution pour que cela survienne, et bien des miracles. La bureaucratie
internationale n’a plus de limites. Comme si la seule raison d’être des
gouvernements était de passer de nouvelles lois contraignantes, et qu’avec
le temps cela devienne impossible même de respirer.
Mais je suis convaincu que nous suivons tous une destinée.
J’ai écrit 14 livres, j’ai un éditeur de Paris qui en a publié quatre, un
autre éditeur de Paris qui est intéressé à en publier d’autres, ma destinée
se dessine bien à l’horizon. Mais même avec cette certitude que notre
destinée va bien, il y a toujours les doutes et les misères, et oui cela se
reflète dans mes livres.
Cela m’a pris des années pour enfin être publié, et cela, pas
grâce aux éditeurs québécois qui ignorent encore mon existence. Mais cela
n’est plus important alors que nous avons la France, la Belgique, la Suisse
et la population francophone de l’Afrique pour nous apprécier. Sans compter
que je reçois parfois jusqu’à 8000 visites par mois sur mon site. J’ai même
été invité à parler tous frais payés à des conférences aux États-Unis et en
Roumanie. Alors j’ai enfin le droit d’espérer et de croire qu’il existe un
avenir pour la nouvelle génération.
En ce qui concerne ma crise existentielle, elle n’est
peut-être pas si représentative de la nouvelle génération. Je ne me souviens
pas d’avoir rencontré tellement de gens en crise d’identité ou à la
recherche d’un sens à leur existence. Mais si cela est représentatif de la
nouvelle génération, et oui il est possible que ce soit le cas, alors ce
n’est pas décourageant car il existe une vie après les études, un succès à
trouver, une possibilité de s’en sortir. Et finalement je suppose qu’on
finit par se ranger. Mais pas dans mon cas, bien sûr, car même le succès
littéraire ne remplira pas mon vide existentiel, qui est sans doute le thème
principal de tous mes livres.
4-Julien est hétérosexuel et ne semble pas s'offusquer outre
mesure d'offres ouvertement sexuelles d'amis gais, même que parfois il nous
paraît ouvert à une expérience homosexuelle. Crois-tu que cet aspect du
personnage ne reflète pas plutôt un fantasme que certains gais entretiennent
d'avoir une baise avec un hétéro ou bien si, selon ton expérience, des
hétéros peuvent être effectivement tentés par une relation sexuelle avec un
autre gars ?
RM : Julien paraît avoir toute une histoire à propos des gais
et une tentation à ne pas être fidèle à sa blonde, parce que dans le livre
original, Underground, il est gai. Dans la version roman j’ai dû
éteindre tout cela tout en gardant la majeure partie du livre. Alors il est
maintenant un hétéro pro-gai, et a des amis gais.
Apparemment il est possible de coucher avec des hétéros en
général, mais cela ne m’est jamais arrivé. Cependant certains hétéros ont
cet intérêt envers moi, mais je me demande toujours si c’est parce que je
suis gai ou si c’est ma personnalité qu’ils apprécient.
L’Attente de Paris,
pris en son contexte, montre un Julien hétéro avec des amis gais qui ont un
intérêt envers lui. Comme plusieurs hétéros que je côtoie, Julien semble
apprécier cet intérêt des gais envers lui bien qu’il ne couchera jamais avec
eux.
Je dois avouer que, dans l’Attente de Paris, Julien
est devenu un gai dans le placard. Il semble vouloir être gai, il a des amis
gais qui le désirent, mais est incapable d’aller plus loin parce qu’il veut
être fidèle à sa blonde. C’est la transposition du personnage que je suis en
étant gai mais en voulant demeurer fidèle à mon copain. Cela devient
intéressant dans la version roman, car il est supposé être hétéro tout en
étant confronté aux mêmes événements.
5-Lorsque Julien arrive à Paris pour ses études de maîtrise
en littérature, rien ne va plus dans sa vie y compris sa relation amoureuse.
L'accueil des Parisiens et le système universitaire français sont décrits
comme lourds, bureaucratiques et sans aucun sens de la compassion ni de la
solidarité. Y a t-il un lien entre les mauvais moments dans la vie de Julien
et l'accueil glacial des Français ou si cela se déroule effectivement de
cette façon ? Est-ce là une critique de la société française ?
RM : Puisque tout ce qui est décrit dans ce roman est
effectivement survenu, je puis dire qu’il s’agit de la réalité. C’est sans
doute une critique du système français et des Parisiens, et cela n’était pas
rose. Mais j’ai entendu bien des histoires d’étudiants étrangers qui sont
venus étudier au Canada, et ça m’a semblé encore plus noir. Alors peut-on en
vouloir aux Français ?
Comment il faut comprendre le roman, est que Julien n’a qu’un
seul rêve, aller à Paris. Et lorsque cela survient, il comprend que le
système universitaire français est un enfer très difficile à s’adapter
comparé au système canadien. Lorsqu’un Français a une maîtrise en
littérature, il connaît tout. Toutes les différentes grammaires de la langue
française selon les siècles et toute la langue latine. Lorsqu’un québécois a
une maîtrise en littérature faite au Québec, il ne connaît rien du tout de
la littérature. Alors comment s’adapter ? Impossible, à moins de se mettre
enfin à travailler, et encore. Le système français laisse la chance au
coureur, mais seulement 30 % passeront les cours.
Cependant il ne fait aucun doute dans mon esprit que certains
Français sont horribles et hostiles. Être québécois m’a énormément aidé,
juste à cause, je dirais, de Roch Voisine et Céline Dion. Ils semblent
avoir changé l’attitude des Français envers le Québec. Avant eux, je ne
pense pas que le sentiment français aurait été aussi clément à mon endroit.
Je voudrais mentionner également qu’un étudiant africain ne bénéficie
certainement pas des avantages qu’un étudiant québécois bénéficie lorsqu’il
débarque à Paris. J’ai donc été chanceux, bien que cela ait été très
difficile.
C’est ce sentiment hostile parisien qui m’a fait retourner au
Canada au lieu de continuer ma maîtrise à Paris. Et c’est seulement les
regrets de ce retour qui m’ont fait revenir à Londres, car il m’était
impossible de revenir en France à cause des lois de l’immigration.
La fin de cette histoire où Julien obtient finalement sa
maîtrise en littérature à l’Université de Londres se retrouve dans la suite
de la trilogie Underground que l’on peut lire sur mon site. La suite
s’appelle l’Attente de New York et l’Attente de Londres. Mais
comme les versions romans ne sont pas encore prêtes, les livres s’appellent
respectivement Mind The Gap et No Way Out.
6-Ton livre a été publié par les éditions iDLivre.com.
Peux-tu me parler de ce qui s'est passé lorsqu’ils ont pris l'initiative de
t'éditer ?
RM : Au départ, sous le nom de l’Anarchiste Couronné,
je souhaitais partir ma propre maison d’éditions. Mais après quelques
recherches intenses et considérant mes ressources, il m’a été impossible
jusqu’à maintenant de le faire.
Avec le temps iDLivre Éditeur est arrivé dans le décor.
iDLivre est une nouvelle maison d’éditions moderne de Paris remplie de
nouvelles idées, dont l’accès gratuit aux livres sur l’Internet, les
téléphones mobiles et les Pocket PC, tout en imprimant et distribuant les
livres. Pour plus d’informations à ce sujet, je vous invite à écouter
l’entrevue que j’ai donnée à Radio-Canada et qui se retrouve sur mon site :
www.anarchistecouronne.com/radiocanada.htm
C’est iDLivre qui m’a contacté en premier, après une visite
de mon site. Ils ont finalement décidé de publier quatre de mes livres parce
que, selon leurs dires, ils étaient incapables de décider entre les quatre
livres que je leur avais envoyés. Ils étaient surtout intéressés par
l’Anarchiste, un livre assez scandaleux et ouvertement gai. Cela m’a
bien surpris, pour un livre que j’avais effacé mais dont j’ai retrouvé une
vieille copie sur mon ancien ordinateur portatif que j’avais prêté à un ami.
Je crois qu’ils étaient moins intéressés par l’Éclectisme,
mais comme c’était le livre qui avait été publié en extraits à deux reprises
par des gens qui y croyaient, dont Guérin Éditeur et un magazine aux
Pays-Bas, ils ont décidé de le publier également.
Je pense que la maison d’éditions iDLivre s’intéresse plus
particulièrement à la littérature francophone hors France, et cela implique
des auteurs qui parlent de toutes ces lois d’immigrations, de
l’impossibilité d’habiter en France et des difficultés d’adaptation lors de
l’emménagement dans un nouveau pays. L’Attente de Paris a la qualité
de montrer qu’il est aussi difficile pour un Québécois d’emménager en France
que pour, par exemple, un Algérien. Cela dénotait sans doute un intérêt, car
la croyance populaire en France est qu’un Québécois peut habiter à Paris
assez facilement.
7-Tu as également écrit d'autres ouvrages dont un recueil de
poèmes. Explique moi en quelques mots le contenu de chacun de ces livres.
RM : Ce qui est passionnant à mon avis dans les quatre livres
publiés, c’est que bien qu’ils soient tous très différents au niveau du
style d’écriture et du contenu, ils ont tous été écrits à la même époque :
lors de mon arrivée à Paris puis mes séjours à Toronto, New York, Bruxelles
et Londres. Lire ces quatre livres en dirait long sur mon existence et qui
je suis, car ma vie y est là, éparse à toutes les pages. Je doute qu’aucun
de ces livres n’ait vu le jour si j’étais demeuré au Saguenay-Lac-St-Jean à
faire un bac en ingénierie comme c’est la mode dans ma famille.
L’Attente de Paris
est mon journal, donc un compte rendu précis de ma vie à
cette époque. L’Anarchiste est un recueil de poèmes noirs (si on
veut) qui est de loin mon livre le plus populaire. C’est le livre qui m’a
ouvert les portes d’iDLivre. Cela est étrange car personne ne vend de poésie
de nos jours, je suis donc bien heureux d’être reconnu pour cela, bien que
je sois loin de me considérer tel un poète ou un Rimbaud. Certains de ces
poèmes ont été publiés à plusieurs reprises dans plusieurs magazines et
livres dont la revue l’Envol en Ontario, les Saisons Littéraires
et Poètes Québécois d’Aujourd’hui 1994-1997 au Québec. J’ai
justement reçu ce matin Poètes des Saisons des Poètes, Anthologie
1994-2001 publié chez Guérin Éditeur qui présente plusieurs de mes
poèmes anarchiques. Ce qui confirme ce que j’ai toujours cru : on devient
poète par accident.
Denfert-Rochereau
est mon premier vrai roman fictif et je suis bien heureux du résultat.
J’avais peur, non pas de ne pas être capable de l’écrire, mais de ne pas
avoir la motivation de le terminer. Je dois avouer que cela m’a été pénible
à écrire, mais j’ai tout de même réussi à communiquer toute une philosophie
spirituelle dans ce livre dont je suis assez fier. Il faut dire que j’ai
fait beaucoup de recherches afin de pouvoir parler en connaissance de cause
des sociétés secrètes en France et en Angleterre. J’aime bien l’idée d’un
personnage qui tente de découvrir la spiritualité, enfermé dans les
catacombes de Paris à Denfert-Rochereau. Et j’ai pu également intégrer toute
une partie sur une sorte de retour au Saguenay-Lac-St-Jean après des années
d’absence. Tout cela coïncidait avec mon retour dans la région et aussi mon
départ pour New York. Ce livre me semble m’avoir été dicté, ma vie
s’organisait en fonction de son écriture. Donc pour moi ce roman a été une
aventure fantastique où j’ai pu analyser mon existence et en ressortir une
belle philosophie.
L’Éclectisme,
que je n’aurais jamais cru pouvoir publier, est à mon avis mon meilleur
livre. Difficile d’accès, c’est également mon plus intime. C’est ma vie et
mes pensées alors que je vivais à Londres, mais c’est vague, c’est
philosophique, c’est presque de la science fiction. L’Éclectisme est
la remise en question de tout, et sans doute mon livre le plus anarchique
sans même que l’on y retrouve le mot anarchie. Après avoir terminé
l’Éclectisme et l’avoir vu sur ma table en un vrai livre publié à Paris,
je me suis dit que je pouvais maintenant mourir, que j’avais tout écrit. Et
comme il m’est difficile de me remettre à l’écriture, j’ai encore tendance à
penser que c’est vrai. Cependant je suis en parfaite santé et somme toute je
vivrai peut-être suffisamment longtemps pour écrire, comme Michel Tremblay,
une quarantaine de livres. Alors j’espère bien retrouver mon inspiration
bientôt. J’ai d’ailleurs plusieurs livres encore non terminés, dont un livre
de science fiction en anglais qui avance très bien et qui s’appelle The
Relative Universe.
8-"L'Attente de Paris" et tes autres publications sont-ils
présentement disponibles en librairie au Québec ou ailleurs dans les pays
francophones ? Si oui, est-il possible de savoir à quels endroits ?
RM : Au Québec, L’Androgyne a été la première
librairie intéressée et je pense qu’ils ont commandé plusieurs copies
directement chez mon éditeur (du moins France à l’Androgyne m’a
contacté et m’a demandé comment commander mes livres).
iDLivre est un nouvel éditeur et ils sont encore en train de
négocier avec les diffuseurs, donc le tout reste à confirmer. Mais bientôt
mes livres devraient être disponibles un peu partout via les distributions
Édipresse au Québec, et
Sélection en France, Belgique, Suisse et au Liban.
Pour les impatients, mes livres sont disponibles maintenant
sur le site le Livre-Français :
www.livre-francais.com/?tliv=11&idliv=2-7479-0018-5.
Notez cependant que mes livres sont disponibles gratuitement
en ligne sur mon site l’Anarchiste Couronné Littérature :
www.anarchistecouronne.com et sur le
site de mon éditeur iDLivre :
www.idlivre.com/rolandmichel.tremblay.
9-Quels sont tes projets pour l'avenir ?
RM : Me marier et avoir des enfants. Oups, ce que je radote.
Je suis déjà marié et divorcé (voilà pourquoi j’habite encore à Londres
après 7 ans) et j’ai déjà trois chats. Mes projets pour l’avenir sont donc
de vivre de ma littérature, et c’est déjà commencé, j’ai le droit de rêver.
J’aimerais bien aussi un jour rencontrer Michel Tremblay pour
lui botter le cul et lui dire comment il m’a été impossible de me faire
publier au Québec ayant son nom et en étant moi aussi gai. Il m’a fermé
toutes les portes (il est vrai que mes propres pièces de théâtres ne sont
pas aussi bonnes que les siennes, mais enfin…).
Au moins Michel Tremblay doit savoir que j’existe maintenant,
car une recherche sous son nom conduit tout droit à mon site. Alors c’est
déjà un résultat, il sert encore à quelque chose en ce qui concerne la
relève littéraire.
Roland Michel, merci d'avoir bien voulu répondre à mes
questions.
RM : C’est moi qui te remercie pour avoir pris le temps de me lire et de me
poser des questions précises sur mon roman l’Attente de Paris.
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10 juin 2001
Nouvelle génération d'éditeurs...
Un
journaliste de Radio-Canada questionne la nouvelle génération d'éditeurs
Vous pouvez entendre cette entrevue radio dans la section "Communiqués" de
l'auteur Roland Michel Tremblay, à cet URL :
ENTREVUE RADIO-CANADA :
www.anarchistecouronne.com/radiocanada.htm
Note: je
suis bien aise de parler, mais cette année j'ai été publié, je n'ai pas déboursé
un sou, et j'ai fait ce que j'appelle un bon profit via mon éditeur iDLivre qui
utilise des moyens moins traditionnels. Je devrais donc me taire, j'ai un
avenir… mais je dois parler.
Les auteurs n'en veulent plus des éditeurs, tout comme les librairies, les
bibliothèques et les lecteurs. On voudrait bien juste les faire sauter, et
l'Internet est l'outil qui nous aidera à nous en débarrasser. (On me brûlera
pour parler ainsi, mais je traduis ici ce que pensent beaucoup d'auteurs.)
_______
Vos profits sont en danger. Qui lira les auteurs publiés une fois que l'Internet
se sera organisé et offrira gratuitement pratiquement toutes les œuvres des
auteurs non publiés de cette planète ? Qui sera assez fou pour payer un prix
exorbitant pour un livre alors que des millions de pages se retrouveront sur le
réseau mondial ? Surtout lorsque l'on sait que le monde de l'édition n'est qu'un
petit nombre d'éditeurs qui ne font pas tellement d'argent, qui ont peu de
moyens, qui reçoivent des milliers de manuscrits, qui ne publient que des
auteurs "sans risque" dont ils sont assurés de vendre quelques copies, et qui
finalement sont incapables de publier la majeure partie des bons auteurs de
cette planète ? En plus, plusieurs auteurs l'avoueront, même publié par les
grands éditeurs, on ne vit pas de son écriture. Alors où est l'intérêt ? Combien
de temps cela durera ?
Une révolution dans le monde de l'édition est à prévoir d'un jour à l'autre, et
seuls les journalistes qui accordent encore un intérêt marqué pour les œuvres
publiées chez les grands éditeurs font que l'industrie se maintient. Mais cela
est en train de changer.
Il faudra trouver ses profits ailleurs, ou il faudra mourir. Les journalistes
parlent déjà d'œuvres connues sur l'Internet, cela est dérangeant, car il existe
maintenant un moyen de contourner les grands éditeurs. Et le pire de cette
histoire, est que tout le monde s'en réjouit, les auteurs au premier plan. Car
n'est-ce pas eux qui comptent à la fin de la journée ? Pourquoi parler
d'éditeurs, d'auteur rattaché à tel éditeur ?
L'éditeur est en train de devenir secondaire. Les seules œuvres que j'ai lues
cette année, je suis fier de le dire, sont celles que j'ai lues gratuitement sur
l'Internet. Et c'est ça le futur du monde de l'édition. Ce sont les livres
numériques gratuits, que l'on peut imprimer chez soi à très peu de frais si
vraiment le support papier est important pour nous. Si vous avez fait la sourde
oreille jusqu'à maintenant, vous sortirez votre tête du sable très bientôt.
Un éditeur, c'est comme une banque. Lorsque l'on part une entreprise, on veut
des fonds, on va à la banque, elle nous donne de l'argent pour fabriquer le
produit et en promouvoir la vente. Or, lorsque Microsoft a fait tous ses
millions, remercie-t-on la banque qui l'a financé au départ ? Non. Bref, qui
fait le contenu ici ? L'auteur. L'éditeur lui n'est que l'intermédiaire entre
l'auteur et le lecteur. Et cet intermédiaire peut être remplacé par l'Internet,
en autant que l'on accorde enfin à l'Internet une certaine crédibilité.
Et ne vous méprenez pas, malgré tout, les journalistes accordent encore une
grande importance aux grands éditeurs, et je ne suis pas fou. Si Gallimard
débarque demain matin et veut me publier, et veut que j'enlève mes livres de sur
mon site, je ne dirai pas non. Et cela ne sera pas une contradiction. On peut
encore faire partie du système et questionner ce système. Sinon on ne se
régénère pas, et évoluer est important. Ce que je dis en fait est qu'un
changement dans les mentalités s'opère, et on ne peut l'ignorer.
Dans l'entrevue radio que j'ai donnée à Radio-Canada le 4 mai dernier, un
journaliste de Radio-Canada, Carl Bernier, questionne les éditeurs de la
nouvelle génération. Quelle est votre opinion ?
Voici un extrait de l'entrevue avec ce journaliste de Radio-Canada :
Radio-Canada : Dites-moi, il y a une chose qui m'intrigue, c'est une question
plutôt technique, vous mettez comme ça à la disposition sur votre site Internet
vos textes que l'on peut aller consulter, bien sûr. Vous y trouvez votre compte
comment ?
RM Tremblay : En fait, c'est ça qui est intéressant. C'est que l'éditeur que
j'ai en ce moment, idlivre.com, c'est un genre d'éditeur moderne. Ils pensent
qu'il y a davantage moyen d'atteindre les gens s'ils sont capables d'atteindre
les livres. Et je ne pense pas que cela va affecter le nombre des ventes, je
pense que cela va seulement l'augmenter. C'est un peu malheureux pour les
nouveaux auteurs qui ont publié un livre qui peut-être va vendre 300 copies et
puis après c'est fini parce que la campagne de marketing est finie. Finalement
il n'y a pas 300 personnes qui vont avoir lu leur livre. Moi j'ai insisté pour
garder mes livres sur mon site Internet, pour les avoir à la disposition de tout
le monde. Tout le monde peut les lire en version intégrale, puis j'ai bien
l'intention de les garder là pour toujours. À mon avis ça va seulement aider à
faire connaître l'auteur, ça va seulement aider les ventes éventuellement avec
le temps. J'aime mieux être lu, d'une manière ou d'une autre, que de vendre
peut-être, je ne sais pas, 3000 copies et puis c'est tout.
Radio-Canada : Oui… parce que vos textes, vos livres que l'on retrouve sur
iDLivre.com, c'est gratuit ? On peut les télécharger gratuitement ?
RM Tremblay : Oui. Ils y sont tous téléchargeables gratuitement. Et ils sont
téléchargeables aussi sur mon site Internet gratuitement. Et ça c'est clair, ça
va toujours être comme ça. Les livres sont en vente aussi au format de poche et
les gens peuvent les acheter aussi. Donc si les professeurs, je ne sais pas, ou
des groupes, ou les bibliothèques… ils les achètent quand même les livres. Et
c'est bien de pouvoir les lire avant, parce que, qu'est-ce qui vous motive à
acheter un nouveau livre ? Il n'y a rien qui vous motive à acheter un nouveau
livre. Ce n'est pas une description d'un paragraphe, c'est quelqu'un qui l'a lu
et qui va vous dire : ça c'est bon. C'est ça l'intérêt.
Radio-Canada : Et c'est vrai qu'on va peut-être plus rarement s'installer devant
son écran d'ordinateur pour lire un livre au complet.
RM Tremblay : Ah oui, ça, ça dépend. La nouvelle génération est beaucoup à lire
sur l'ordinateur, mais il y a beaucoup de gens qui m'écrivent, il y a énormément
de gens qui m'écrivent d'ailleurs… c'est rare, il n'y a pas beaucoup de livres
sur l'Internet. Et ça c'est un avantage. J'ai beaucoup d'étudiants qui ont
trouvé mon site, qui ont pris des parties de mes textes, qui les ont analysées
dans des cours universitaires et de CÉGEP, parce que, à cause des droits
d'auteurs il n'y a aucun livre sur l'Internet…
Radio-Canada : Sinon ceux du domaine public.
RM Tremblay : Qu'est-ce que je disais…
Radio-Canada : Il n'y a aucun livre qui est publié sur Internet. Et j'ai ajouté
sinon ceux du domaine public. Et vous vous avez décidé d'aller à contre-courant,
c'est ça ?
RM Tremblay : Oui, c'est ça, sauf ceux du domaine public.
Radio-Canada : Bien, alors, votre terrain de jeu c'est l'Europe. Vous venez de
nous le dire, Londres, et puis Paris et tout ça. On vous connaît quand même
relativement moins au Québec ? Mais j'imagine qu'avec Internet c'est une façon
de faire progresser les choses ?
RM Tremblay : Oui, sur l'Internet je suis très connu, par contre effectivement
au Québec le lancement officiel est seulement au mois de novembre au salon du
livre. En France on commence à être connu. Je pense que c'est quand même un
assez petit milieu, au niveau littéraire, donc je dois commencé là… je suis
l'auteur le plus connu de la maison d'édition en tant que tel, donc ça c'est
déjà un point intéressant. Je suis celui qui a vendu le plus de livres, qui
reçoit le plus de visites sur son site. Donc ça commence.
Radio-Canada : Bien, c'est bien. Vous serez donc ici au Québec l'automne
prochain en tant que… c'est assez particulier votre cas, en tant qu'auteur
étranger d'ici… (rires)
RM Tremblay : ouais… (rires)
______________
Voilà, qu'est-ce que vous en pensez ? Veuillez donner votre opinion en ce qui
concerne la nouvelle génération d'éditeurs et l'arrivée de l'Internet dans le
monde littéraire.
Est-ce que le monde de l'édition s'en va vers le format Star Trek ? Où l'argent
et les droits n'ont plus d'importance et où l'accès gratuit et universel sur
l'Internet est la règle ? Et comment faire son profit dans tout cela, puisque
c'est là l'argument qui fait de la littérature un luxe qui fait sombrer dans un
néant absolu tous les auteurs qui ne sont pas morts depuis X années et qui ne
sont pas dans le domaine public ?
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Maison d'édition en ligne -
iDLivre.com
Publié
sur le Forum de l'Édition en Ligne (20:26, le 13/06)
Je manque sans doute d'objectivité puisque iDLivre m'a publié. Mais je pense
qu'iDLivre.com est la maison d'édition en ligne la plus sérieuse et la plus
innovatrice.
Ils ont leurs livres en ligne en différents formats, ils les ont également
en format de poche et dans certaines librairies, et ils ont trouvé plein de
nouvelles façons de faire du revenu sans nécessairement attendre après la
vente de livres.
Leurs façons de faire de l'argent sont les clics sur leurs pages, la revente
de contenu à d'autres sites et organisations littéraires, un paquet de
partenariats, revente des droits des livres à d'autres éditeurs (ils actent
donc comme des agents littéraires et défricheurs de nouveaux talents), et
pour terminer ils font tout cela en faisant à mon avis ce que fait tout bon
éditeur traditionnel.
L'auteur ne débourse rien mais bien sûr y avoir ses livres n'est pas
automatique. Il faut passer par le comité de lecture. Personnellement je
suis très heureux d'être chez iDLivre.com et j'attends patiemment leurs
prochaines initiatives reliées à la littérature en ligne.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Vente
de fichiers PDF et ebooks
Paru sur le Forum l'Édition en Ligne (20:57,
le 13/06)
Notez qu'iDLivre.com offre ses versions PDF gratuitement, même si l'auteur
est publié, et ils font tout de même un bon profit avec cette nouvelle façon
de faire.
Je pense que la vente de fichiers numériques et les ebooks sont déjà très en
vogue. Je ne sais plus combien de millions de francs le site
www.mobipocket.com (version France) a fait cette année à revendre ces
fichiers électroniques, mais c'est une part du marché énorme.
Voici ce que j'ai écrit sur un autre forum à ce propos:
Je pense que dans moins de dix ans, les nouveaux livres imprimés sur papier
se feront rares. Pourquoi? Parce que les livres électroniques ne coûteront
rien et donc les profits seront plus grands. Aussi parce qu'imprimer sur
papier coûte une fortune et que les livres imprimés sont trop chers pour les
lecteurs.
Pourquoi les gens sont incapables de voir ce fait aujourd'hui? Parce que les
"lecteurs de livres électroniques" tels que les Pocket PC et les Palm Pilot
sont encore trop dispendieux, mais les prix baissent tous les jours, et
éventuellement ils seront monnaie courante.
Mais inutile d'attendre après eux, la troisième génération de téléphone
mobile apportera le téléphone-lecteur de livres numériques. Parlez tant que
vous voudrez, lorsque tout le monde aura son téléphone capable de
télécharger un livre sans doute quatre fois moins cher que la version
papier, la décision se fera d'elle-même. Et si les livres numériques sont
juste un peu moins chers que les livres sur papier, vous verrez les éditeurs
promouvoir la vente des livres numériques, car les profits seront plus
grands.
Néanmoins, l'Internet est un ami des livres, mais des livres d'un format
différent. Pourquoi en avoir peur? Je lis plusieurs livres tombés dans le
domaine public sur mon Pocket PC Compaq iPaq et mon Handheld PC HP Jornada
dans le métro londonien tous les jours, et c'est bien plus pratique que de
lire et transporter un livre en papier, d'autant plus si le livre n'est pas
au format de poche. Sans compter l'avantage d'avoir une centaine de livres
dans la mémoire de mes lecteurs de livres électroniques.
Il faut aussi considérer que ces téléphones mobiles de la troisième
génération suivront leur propriétaire partout où ils iront, donneront accès
à l'Internet et deviendront ainsi le moyen par lequel les lecteurs
achèteront des livres peu importe où ils seront dans le monde. Les éditeurs
comprendront très rapidement l'avantage.
Alors, même si les livres numériques ne font pas disparaître les livres en
papier durant la prochaine décennie, ils prendront certes une place très
grande et représenteront une grande part des profits de toutes les maisons
d'éditions.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Édition en ligne payante -
Une idée...
Paru sur le Forum de l'Édition en Ligne (22:33, le 13/06)
Et si une organisation demandait à plusieurs grands éditeurs de mettre en
ligne plusieurs de leurs livres et que les lecteurs n'auraient qu'à payer un
montant raisonnable par trois mois ou par six mois pour avoir accès à tous
ces livres numériques? Je pense que je serais prêt à acheter un tel
abonnement.
(0:48, le 13/06)
Considérant combien coûte un seul livre, si on offre la chance d'en lire
plusieurs pour un prix fixe avec accès à plusieurs livres (de plusieurs
éditeurs, cela va de soi) comme un abonnement, je crois que cela pourrait
intéresser les gens.
L'exemple de Napster est mal choisi. Bien entendu ils vont perdre les
millions de personnes qui étaient là gratuitement, car le nouveau service
est tout à fait différent en plus d'être coûtant. Je crois qu'ils n'ont
signé qu'avec une ou deux compagnies, ainsi le choix de musique ne vaut
peut-être pas un abonnement.
Si on devait payer un certain montant pour utiliser Napster tel qu'il
existait, je pense que des milliers de personnes paieraient, car le choix
était gigantesque. Il faut accepter le fait qu'ils vont perdre des millions
d'utilisateurs qui ne payaient pas, mais ils feront tout de même une fortune
avec les milliers qui paieront.
Si Gallimard, Le Seuil et quelques autres éditeurs offraient tous leurs
livres en ligne avec accès libre pour un certain montant fixe pour une
certaine période de temps (trois mois minimum à mon avis), je pense
qu'énormément de lecteurs paieraient. Mais il faut du choix.
En ce qui concerne la sécurisation des paiements sur le net, j'ai produit
bien des conférences sur le sujet et il y a une chose importante qui ressort
de ces conférences. Les paiements sur Internet à l'heure actuelle sont
encore plus sécuritaires que les paiements par téléphone, et dans certaines
circonstances plus sécuritaires que les paiements dans les magasins ou
restaurants. Il suffit de sensibiliser les utilisateurs (mentionner
clairement que c'est sécuritaire et pourquoi) et sans doute ils vont finir
par changer de mentalité.
Le site
Mobipocket version
France est un meilleur exemple que Napster. En ce moment ils ont plein de
livres en ligne à vendre et apparemment ils en vendent beaucoup, donc le
modèle est prouvé, ça marche. Mais il faut payer chaque livre que l'on veut
lire. Je pense qu'ils gagneraient davantage à offrir des abonnements et à
ouvrir leur librairie virtuelle.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Mon opinion -
être d'abord lu
Paru sur le Forum de l'Édition en Ligne
(23:06, le 13/06)
Si vraiment les auteurs écrivent pour être lus, est-il avantageux de garder
leurs livres dans leur tiroir?
J'aime autant être lu, et ainsi j'ai tout mis en ligne sur mon site. Et cela
ne signifie pas que j'ai épuisé toutes les cordes de l'arc de ma carrière
littéraire, en fait je n'ai même plus tenté de me faire publier dans les
huit dernières années.
Ainsi, on m'a plus souvent qu'autrement trouvé sur le net, augmentant ainsi
mes chances d'être publié. Et comme dit Évelyne, on sait que vivre de son
art, même publié par les grands éditeurs, n'est pas évident.
D'ailleurs combien d'auteurs finalement vendent très peu de copies même
publiés, et pourtant les droits de ce qu'ils ont écrit ne leur appartiennent
plus? Je dis que ces auteurs ont des livres qui sont morts. Je ne voudrais
pas faire subir ce sort à aucun de mes livres.
Pourtant je suis certain d'avoir une très belle carrière littéraire. J'ai eu
plus de 8000 visites le mois dernier sur mon site, la seule différence est
que je ne reçois pas d'argent. Mais qui préfère un petit peu d'argent
comparé à être lu si massivement?
Ce sont nos mentalités à propos des éditeurs et ce qu'ils peuvent faire pour
les auteurs qui est à reconsidérer. Bien entendu, si vous êtes un auteur qui
risque de vendre des milliers de copies, alors il est très avantageux de
passer par les grands éditeurs.
Mais ce que j'entends sur ces forums, est que très peu d'auteurs vivent de
leur écriture, pourtant on ne trouve aucun livre de ces auteurs sur
l'Internet. Ils mourront tous inconnus et nous ne les aurons jamais lus.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
Message de Hélène Beauchan
Je pense que la question que vous posez, à
savoir "Tant qu'à ne pas être publié, autant être au moins lu", est assez
juste. Je crois que la réticence de la plupart des auteurs tient à deux
faits :
1°) La plupart des auteurs rêvent encore et toujours de la possibilité d'une
brillante carrière littéraire, chez Gallimard, avec tout plein de prix et
une fin de carrière à l'Académie. Même après des centaines de refus,
difficile de renoncer à ce rêve...
2°) Le web est un outil encore trop méconnu.
Tout le monde en parle mais une part finalement assez réduite de la
population comprend l'ampleur des possibilités de cet outil. 8000 visites
par mois ? Fichtre ! Dans votre cas l'expérience est indéniablement un
succès, mais combien de jeunes auteurs, même très talentueux, sauraient
générer autour d'eux un tel intérêt ?
En conclusion je dirais que ce n'est
probablement qu'une question de temps (quelques semaines ? mois ? années ?)
avant que plus de gens réagissent comme vous et se lancent dans la grande
aventure.
Patience et longueur de temps...
Hélène Beauchan
Message de Nicolas Martin
Je crois quant à moi que vous oubliez de
prendre en compte dans votre équation le facteur financier, qui à mon avis
est pour beaucoup dans cette réticence.
Nicolas Martin
Message de Roland Michel Tremblay
Je pense avoir couvert ce point. Il n'y a pas
d'argent à faire même à être publié par les grands éditeurs. Demandez aux
auteurs sur ce salon, ils vous le confirmeront.
Ainsi, pourquoi donner vos droits aux éditeurs? Pourquoi se fermer aux
lecteurs ainsi? Il est triste d'écrire un livre qui ne vendra que 300 copies
quand des milliers de personnes pourraient le lire sur le net.
Cette obsession des droits d'auteurs et de se faire voler ses textes...
pensez-vous vraiment que l'on va vous voler votre idée? Et puis après?
Toute l'oeuvre de Molière n'est composée que d'idées qu'il a reprit
ailleurs. Les contes, c'est la même idée que l'on change et rechange à
l'infini (et que Walt Disney a racheté au complet, et qui empêche maintenant
qui que ce soit de terminer son roman avec: ils se marièrent, ils vécurent
heureux et eurent beaucoup d'enfants).
On a pris quelques idées que j'ai écrites pour s'en inspirer et écrire
d'autres livres... et vous savez quoi? J'en suis honoré. Aucun éditeur n'est
intervenu avec son avocat pour dire: attends un peu, on aurait pu faire 3
dollars là-dessus, donc interdiction de faire quoi que ce soit.
C'est cette question d'argent que l'on fait planer sur nos têtes qui détruit
l'art et l'art d'écrire. Et qui détruit les rêves de tous les auteurs qui ne
seront jamais publiés et sans doute qui a causé beaucoup de suicides, ne
l'oublions pas.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
Message de Christophe Caruso
Et comment donc, à commencer par John Kennedy
Toole, le génial auteur de "La conjuration des imbéciles", suicidé à 20 ans
suite aux refus des maisons d'édition de le publier. Quelle ironie lorsqu'on
pense que 10 ans plus tard le livre était publié, recueillait un immense
succès et recevait le prix Pullitzer...
Christophe Caruso
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14 juin 2001
Préjugés envers les
livres électroniques
Paru sur
le Forum de L'école et les nouvelles technologies de l'information (4:29, le
14/06)
Les ebooks... des préjugés... je réponds aux questions.
"Vous savez qu'on a du mal à acheter des livres avec nos budgets .. alors un
ibook par élève ... la question n'est pas encore didactique, mais toute
financière ;o)"
----Justement les ebooks sont là parce qu'il sera bien moins dispendieux
d'avoir tous les livres ou la leçon sur un ebook que d'acheter des milliers
de livres à chaque année. Avec le temps ces ebooks seront tellement répandus
qu'ils ne coûteront presque rien.
"Les professeurs ne pourront plus avoir la possibilité de choisir une
manière d'étudier un programme."
----Les ebooks ne vont que remplacer les livres. Ils seront identiques, sauf
qu'ils seront électroniques. Ça ne changera rien à la manière d'étudier un
programme. Même mieux, je vois le professeur prendre une matière de cours
qu'il pourra transférer au ebook, enlever les parties qui ne seront pas
étudiées, et remettre en ordre le comment on va procéder. Bien sûr il faudra
que vous appreniez alors à utiliser un ordinateur, et au Québec mêmes les
profs les plus effrayés et anti-technologie ont fini par apprendre comment
ça fonctionne et à apprécier les avantages. Mais encore une fois, cela n'est
pas nécessaire.
"un ibook cassé ? L'élève n'a plus rien d'un coup ?"
----Les ebook seront si peu chers, il y en aura plusieurs par maison.
L'école pourra même en prêter un à l'étudiant vraiment désespéré. Et puis si
l'étudiant a un ordinateur à la maison (ce qui sera fort possible dans le
futur), il aura encore accès à tout ce dont il a besoin.
"Et si se répand un virus sur les ebooks ? Tout le système éducatif est
paralysé pendant des semaines, voire plus longtemps."
----Il existe de très bons moyens pour se protéger contre les virus
informatiques. Et si un virus réussit tout de même à se faufiler, on a
rarement vu quoi que ce soit paralysé pour plus de quelques heures.
"Nos enfants au lieu d'avoir des problèmes de dos auront-ils des troubles de
la vue ?"
-----Les ebooks, comme les ordinateurs portatifs, utilisent des cristaux
liquides comme les calculatrices. Cela ne détruit aucunement les yeux, ce
n'est pas comme un moniteur normal d'un ordinateur ou la télévision, qui eux
projettent de la lumière.
"Ceux que l'informatique dépasse, seront-ils écarté comme attardé mental au
même titre que ceux qui ne peuvent pas lire ?"
-----Les ebooks en eux-mêmes sont si simples à utiliser qu'aucun cours n'est
nécessaire. Il y a un bouton on/off, et une librairie de livres pour choisir
le livre que l'on veut. On peut cliquer directement sur l'écran pour changer
les pages ou se rendre à une page. Télécharger un livre dans un ebook peut
se faire aussi facilement que d'insérer un floppy disk ou une carte dans la
machine. Ce n'est qu'un livre électronique, il ne faut pas en avoir peur. Ça
a 5 boutons maximum.
----Si un professeur veut utiliser les ebooks pour faire ses propres
programmes de cours au lieu d'utiliser les ebooks comme de simples livres
électroniques, c'est son choix. Et comme je disais, apprendre comment
fonctionne l'informatique n'est pas très difficile. Il suffit de s'y mettre.
(Au Québec les départements offrent des cours pour les profs).
"Je vous convie tous à réfléchir et me dire ce que vous pensez de tous
cela."
-----Je pense que les profs ont peur pour rien. De toute manière, la
question de l'utilisation des ordinateurs et des livres électroniques dans
le futur est certaine. Alors il faut demeurer ouvert et commencer à s'y
intéresser.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Enfin de
l'initiative sur l'Internet
Paru sur le Forum de Carole Zalberg (5:14, le
13/06)
Quand j'ai entendu toute la publicité entourant l'initiative de Cherche
Midi, je me suis posé bien des questions. En premier lieu, comment peut-on
se demander si c'est une bonne idée ou non? Pourquoi faire tant de bruit
pour ce qui semble normal et la suite logique du développement d'un site
Internet par l'éditeur?
Pour moi les éditeurs traditionnels sont bien trop lents à ouvrir leur site
Internet, à présenter leurs livres en ligne avec plein d'interactivité, en
des entrevues écrites, sonores et filmiques de leurs auteurs.
Pour moi l'édition en ligne et l'initiative de Cherche Midi n'est que le
début de ce qui est inévitable, et bientôt tous les éditeurs le feront.
Non seulement le comité de lecture est composé des lecteurs et par
conséquent la publication d'un livre ne relève plus de deux ou trois
personnes qui n'aiment peut-être pas le genre que l'on écrit (ou pire,
pensent que les lecteurs n'apprécieront pas notre style), mais en plus le
livre acquiert une bonne publicité avant sa publication.
Je crois bien qu'après tant de publicité, Cherche Midi publiera les deux
premiers auteurs. Le vrai modèle à étudier est lorsqu'il y aura plusieurs
livres disponibles sur leur site. Alors ce sera un outil important pour
l'éditeur, et les auteurs ne jouiront pas d'autant de publicité que les deux
premiers. Un auteur refusé ne s'en tiendra pas plus mal que s'il avait
présenté son manuscrit à un éditeur et que l'éditeur l'aurait rejeté. Il
peut essayer ailleurs et aura bénéficié d'une bonne visibilité. Peut-être
même sera-t-il remarqué par un autre éditeur.
À mon avis il faut applaudir et copier le modèle. Et même, à mon avis, il
faudrait garder les livres en ligne après publication des livres. Je suis
convaincu que cela aiderait les ventes à long terme en aidant la promotion
des livres à une échelle internationale. C'est ce que mon éditeur
iDLivre.com fait en ce moment, et j'ai fait un bon profit ce mois-ci.
Il ne faut pas avoir peur des nouvelles solutions et façons de faire
qu'offrent les nouveaux outils sur le marché. Il faut innover et grandir
avec les nouvelles inventions. Comme par exemple, ce salon du livre virtuel
n'aurait jamais pu exister voilà 5 ans. Alors imaginez ce que ce sera dans
un autre 5 ans...
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
Réponse
de le Cherche Midi Éditeur
Paru sur le site de Carole Zalberg (18:27, le
14/06)
Bravo et merci.
Vous avez compris que le Net pouvait être un outil au service des auteurs et
des éditeurs et donc de la culture et de la lecture.
C’est pour cela que le cherche midi éditeur, respectant sa mission
d'éditeur, a entrepris avec enthousiasme cette expérience internautique.
Il y aura d'autres manuscrits. Beaucoup seront publiés et nous aurons
également trouvé la manière de les publier, les diffuser et les distribuer
en ligne.
À suivre…
le cherche midi éditeur
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13 juin 2001
La Chanson de Roland
et Tristan & Iseult
Paru sur
le Forum de Virginie Durand et @lalettre.com (5:45, le 13/06)
Très jeune j'ai montré mes premiers écrits à un ancien professeur de
français qui venait faire son épicerie au coin de la rue où je travaillais.
Il a détruit ce que j'écrivais alors, et m'a presque convaincu d'arrêter
d'écrire.
Enfin, bien qu'il m'ait découragé à l'époque, il est tout de même
responsable de mon intérêt à la littérature et a permis l'accomplissement de
mes premiers livres. Il m'a dit une seule chose : ton nom est Roland Michel,
tu devrais lire La Chanson de Roland.
J'ai ainsi été chercher à la bibliothèque de mon collège La Chanson de
Roland et Tristan et Iseult, car il était juste à côté sur l'étagère. Tous
deux sont écrits, ou plutôt sont traduits, en un français comme ancien mais
lisible par Joseph Bédier (les seules versions que j'aime). Ces deux livres
sont devenus mon inspiration première et mes bibles qui m'ont suivies toute
ma vie.
Il y a quelque chose dans cette naïveté, dans cette innocence des
personnages, qui fait que l'on tombe en amour avec eux, que l'on veut faire
partie de leur monde imparfait, mais tout de monde morale. Et l'idée que La
Chanson de Roland est le premier livre connu de toute la littérature
française, fait de ce livre mythique et anonyme, un livre que personne ne
peut revendiquer et qui appartient à tout le monde.
Un style chevaleresque et courtisan irrésistible est peint dans ces chansons
de gestes du Moyen-Âge, en une très belle musique rendue par Joseph Bédier.
La Chanson de Roland et Tristan et Iseult furent les premiers livres que
j'ai lus, et sans doute ce seront les derniers aussi.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Paul
et Virginie, tu connais j'espère ?
Paru sur le Forum de Virginie Durand (6:00,
le 13/06)
Le nom Virginie a été rendu très populaire à cause du livre Paul et Virginie
de Bernardin de St-Pierre. Je suppose que tu as lu ce livre? C'est encore
assez ancien, un peu vieux jeu, et la fin où Virginie meurt à cause de sa
pudeur (elle ne voulait pas se déshabiller et ainsi être sauvée par le marin
qui alors aurait pu la ramener au bord), est un peu ridicule. Néanmoins j'y
ai pris plaisir et c'est également musical.
Paul et Virginie en version numérique (19:39, le 13/06)
Très drôle, je viens de trouver une version numérique sur le site d'iDLivre.com
de Paul et Virginie. Téléchargeable en version PDF:
www.idlivre.com/oeuvre.cfm?Ref=358
On peut aller relire la pudeur de Virginie et sa mort! (page 78)
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
Message de NICOLAS MARTIN
Quelle jeune fille accepterait de se noyer
pour cacher son corps nu dans notre société contemporaine où la dernière
distraction à la mode consiste à enfermer des gens dans une cage en
attendant qu'ils s'accouplent ?
Parfois je me dis qu'il devait être doux le chevaleresque temps des moeurs
courtoises...
Nicolas Martin
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13 juin 2001
En Angleterre ça
s'appelle Big Brother !
Paru sur
le Forum de Christian Lehmann (6:40, le 13/06)
(À propos de Loft Story... donc vous pouvez arrêter de lire maintenant,
d'autant plus que vous ne partagerez pas mon opinion.)
J'ai commencé comme vous, à le détester, à ne pas comprendre l'engouement,
et puis le pire est survenu. Quand tu vis avec quelqu'un qui écoute ce
stupide programme 24 heures sur 24 (car nous avons Sky Satellite et que le
"Channel E4" nous le présente en permanence), eh bien tu embarques aussi.
Je constate que la vie est tellement ennuyeuse, que les gens s'emmerdent
tellement, qu'il faut des choses comme "Big Brother" pour remplir
l'existence et les conversations insipides au bureau.
En plus, avec un rien d'intelligence, j'ai commencé à faire des analyses
psychologiques et sociologiques de ce qui se passe dans l'arène. J'apprends
avec clarté et luminosité toutes les manigances, la mesquinerie et la
cruauté humaine. Et comment l'animal rejeté par ses semblables réagit,
éclate en sanglots et se justifie dans son embarras national après que tout
le peuple l'ait voté inapte à vivre en société. (Nul doute, tous les gens
sur ce forum auraient été votés Out dans la première semaine).
Tout ce que j'ai toujours voulu décrire dans mes livres se trouve là dans ce
type d'événement télévisé et prouve toutes mes observations sur le fait que
l'humain est une vraie saloperie.
Tous ceux qui ont souffert à l'école étant jeune le savaient depuis
longtemps! Mais les autres qui ne se sont jamais fait marcher dessus
ignorent tout de cela, ce sont eux qui adorent cette sorte d'émission. Eux
aussi peuvent être analysés et jugés. Ça prouve également que les adultes
sont aussi malveillants que les enfants, sinon pire.
Il y a beaucoup de positif qui peut ressortir des analyses de ces rats de
laboratoire. Beaucoup de choses à comprendre sur la nature humaine et
comment nous agissons dans le macrocosme.
Et si vous trouvez cela inhumain, moi au contraire je pense que l'humain a
toujours été inhumain de toute manière et que ce programme les aidera
peut-être à le comprendre en donnant la chance aux humains d'écrire sur le
sujet. Ou alors, ça nous permettra de redéfinir le concept de ce qu'est un
humain.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Mais c'est terrible
ça!!!
Paru sur le Forum de Myrielle Marc (7:59, le
13/06)
Moi je tente toujours de me renouveler complètement d'un livre à l'autre. Je
n'écris jamais le même livre et presque jamais le même genre ou le même
style. Et j'ai peur d'une opinion comme la vôtre.
Ça oblige l'auteur à refaire toujours le même livre toute sa vie. Il y a
beaucoup d'auteurs qui font cela, il suffit de suivre sa petite combinaison
gagnante... et je pense que la plupart des auteurs ne veulent pas cela. Leur
deuxième livre est bien différent de leur premier, même si apparemment leur
éditeur leur a passé commande d'un livre identique (à les entendre).
Eh bien, moi qui ai passé ma vie entière à tromper mes lecteurs, j'espère
qu'ils sauront voir dans chacun de mes livres la raison pour laquelle je
souhaitais les écrire à l'époque que je traversais alors.
Moi j'adore un auteur et j'adore toutes ses oeuvres. Je connais d'abord
l'auteur et ensuite l'oeuvre. Mais il est intéressant de constater que pour
d'autres lecteurs l'auteur est secondaire et que seul le livre compte.
Ainsi j'aurai peut-être un seul livre que les gens aimeront unanimement ?
C'est un risque moins grand que d'avoir écrit 14 fois le même livre, un
livre que personne n'aimera jamais...
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Le choix d'un livre : Amélie
Nothomb
Paru sur
le Forum de Myrielle Marc (8:27, le 13/06)
(Qu'est-ce qui vous fait choisir un livre dans une librairie?)
Cette question est très intéressante car cela m'est arrivé à Nice l'an
dernier. Je me suis retrouvé dans un magasin où on vendait des livres à
l'aéroport. Je suis entré et j'ai fait quelque chose que je n'avais jamais
fait. Je me suis dit, je vais acheter un livre et je vais le lire dans
l'avion qui m'emportera à Londres.
Cela était toute une aventure, car je devais acheter un livre, et vous
avouerez, ils ont tous l'air d'un intérêt plat lorsque vous ne lisez aucune
critique et que vous ignorez tout de la littérature contemporaine en France.
Finalement j'ai pris dans mes mains un livre d'Amélie Nothomb (dont
j'ignorais le nom) appelé Stupeur et tremblements, un roman publié chez
Albin Michel, pour la simple et unique raison que le livre avait gagné un
prix.
Mais cela n'aurait pas suffit à me faire acheter le livre. Bien que ça m'a
convaincu de prendre le livre dans mes mains (le seul que j'ai touché).
Je l'ai ouvert, j'ai lu quelques paragraphes, c'était drôle et
rafraîchissant. J'ai acheté le livre et je l'ai terminé à la maison le
lendemain.
Je n'ai jamais tenté de découvrir si l'histoire était vraie et de lire les
autres livres de l'auteur, mais c'était une expérience unique que j'ai bien
aimée.
Sans doute aussi parce que l'histoire ressemblait beaucoup à mon expérience
à Londres, à travailler dans des bureaux anglophones où ça m'a pris des
années à comprendre quoi que ce soit et à monter les échelons. Elle c'était
au Japon, et là-bas aussi elle semble s'être confronté à la sottise
hiérarchique des grandes compagnies. Il est vrai aussi que dès la première
page le livre racontait exactement ce que je vivais. Destinée ?
Je crois dans la destinée. On dirait que nous lisons (et ça semble un
hasard), les livres que nous avons besoin de lire au moment où nous
traversons certaines passes dans nos vies. Combien de fois avons-nous lu un
livre qui était le livre parfait au moment de lecture, mais qui ne l'aurait
pas été un an plus tard ?
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
Message de Franck Ducasse
Extraordinaire coïncidence, il m'est arrivé la même aventure à l'aéroport de
Nice avec "La métaphysique des tubes"... d'Amélie Nothomb!
D'ailleurs je n'ai pas trop compris l'acharnement des critiques sur ce livre
que j'ai trouvé pour ma part tout à fait charmant et honorable.
Il est vrai, comme vous dites, que les livres se doivent de bien tomber.
Comme les histoires d'amour ou les disques de jazz, en somme. C'est une
question de mood.
N'en
est-il pas de même pour toutes nos actions ? N'ont-elles pas de sens que
dans un contexte précis, et ne varient-elles pas de signification selon
notre humeur ?
Les
livres sont ainsi (si je continue de parler comme ça, Myrielle me noiera
dans son marais, c'est sûr!).
Franck
Ducasse
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13 juin 2001
Éditions de Minuit - Très bonne question
Paru sur le Forum de Pascal Raux (7:32, le
13/06)
(Que pensez-vous des auteurs publiés aux Éditions de Minuit?)
Une question merveilleuse. Lorsque j'ai commencé à envoyer mes livres aux
éditeurs (j'avais à peine 17 ans), on refusait mes livres sous prétexte
qu'ils étaient des livres du Nouveau Roman et que c'était passé date.
Je ne connaissais pas la littérature alors, j'ignorais comment on pouvait
m'accuser de plagier quelque chose dont j'ignorais l'existence. J'ai compris
bien plus tard qu'aussitôt qu'un livre n'est pas un roman traditionnel, on
l'appelle Nouveau Roman et on prend peur.
Dès lors mon problème devenait insurmontable, une seule maison d'édition
pouvait me publier, Les Éditions de Minuit. Mais jamais ils ne me
publieraient, et pour cause, je n'écrivais pas du Nouveau Roman. À l'époque
je m'inspirais plutôt du style de la collection L'Imaginaire chez Gallimard,
une collection où on laisse la place à l'imagination et à l'interprétation.
Je ne me suis jamais reconnu en les auteurs du Nouveau Roman et je ne les ai
jamais particulièrement aimés. Au contraire, ça m'avait l'air impossible
d'accès et d'une platitude extraordinaire.
Mais tout cela a changé durant ma maîtrise en littérature française à
l'Université de Londres, Birkbeck College. Notre professeur, Madeleine
Renouard, adorait Pinget et le Nouveau Roman. Après deux ans et la lecture
de beaucoup d'auteurs, je dois avouer que je m'y reconnais tout à fait, ou
du moins que je les apprécie grandement.
J'adore Robert Pinget, Nathalie Sarraute, Marguerite Duras et Alain
Robbe-Grillet, les principaux auteurs au programme. C'est bien pour dire, il
suffit d'être forcé à lire des auteurs pour apprendre à les aimer plus que
d'autres auteurs qui sont plus facilement acceptés dans notre bibliothèque.
Et finalement, je ne comprends pas pourquoi on les case à part, ils ont
écrits des romans qui ne me semblent pas si différents du reste de la masse.
Et beaucoup d'analyses, et mêmes celles d'Alain Robbe-Grillet, m'ont
semblées mal décrire l'écriture des nouveaux romanciers. Sans doute un jour
les analystes réinterpréteront ces auteurs sans trop tenter de les mettre
dans le même panier, car je ne crois pas cela possible.
Et vous avez vu les films de Marguerite Duras et d'Alain Robbe-Grillet ? Ça
c'est de l'art, et ça nous apprend que l'art peut être fait à petit budget.
Ce devait être merveilleux ce temps où on prenait une caméra et on faisait
un film, sans argent ni rien, que des bonnes idées à développer...
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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13 juin 2001
Parole - vivre pour écrire
Paru sur
le site de Christophe Spielberger (2:35, le 13/06)
Christophe: Je ne vis pas pour écrire, j'écris pour ne pas mourir. Vraiment.
Roland Michel Tremblay: Moi je ne vis que pour écrire, et écrire me tue.
Christophe: il faut bien mourir de quelque chose...
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14 juin 2001
Jusqu'où
aller pour votre oeuvre ?
Paru sur le Forum de Christophe Spielberger
(2:42, le 14/06)
Question intéressante, jusqu'où suis-je prêt à aller pour mon oeuvre, et
aussi, qu'est-ce que j'ai sacrifié jusqu'à maintenant.
Oublions ici les éditeurs et les critiques, et même les lecteurs, ce n'est
pas pour eux que j'ai tout sacrifié. Et être publié ou recevoir de bonnes
critiques, bien qu'important, est secondaire dans mon cas.
J'ai tout sacrifié pour écrire : la stabilité, la sécurité, mes études, ma
carrière, des amitiés, des relations amoureuses, et j'en passe. C'est
combien important écrire est pour moi. Pire, j'ai souvent pris de grandes
décisions qui remettaient toute ma vie en question juste parce qu'un livre
que j'écrivais alors serait sans doute plus intéressant si j'étais dans
telle ou telle situation où si j'habitais ailleurs.
Je viens juste d'abandonner une carrière prometteuse dans les conférences
pour mon écriture et je ne crois pas que je vais changer de sitôt. Ainsi, il
ne faut pas me demander de choisir, car à chaque fois je choisirai
l'écriture.
Mais il y a des limites. Je ne suis pas prêt à me prostituer chez les
éditeurs, je m'inquiète bien davantage avec l'œuvre que je vais laisser
après ma mort, donc l'ensemble de l'œuvre, qu'avec un livre en tant que tel
qui doit être publié à tout prix.
À la limite j'aime mieux m'enfermer seul sur ma montagne et oublier le reste
du monde. Surtout si on commence à me dire que tous mes sacrifices sont
inutiles parce que mes écrits ne valent rien, ce qui heureusement n'est pas
le cas. À mon avis la valeur des écrits d'un auteur, est la valeur que
l'auteur lui-même lui donne.
Mais j'ai appris à me calmer maintenant. Avec l'Internet je m'inquiète
moins. Mes livres ne sont plus dans mes tiroirs, ils sont là à la portée de
tous. Et c'est cela qui m'importe le plus.
J'ai peur de trouver un éditeur qui m'interdira de garder mes livres en
ligne. Mon œuvre doit être lue, elle doit aider les gens qui traversent des
situations similaires aux miennes, et aussi, mon œuvre doit changer la
vision du monde du lecteur. Exactement ce qu'Antonin Artaud disait dans son
livre Le Théâtre et son Double. Il faut que ce soit une expérience qui
marque, et en premier lieu, il faut que ce soit honnête et intelligent.
Souvent je pense que je suis venu au monde pour tout remettre en question et
faire réfléchir les gens sur certaines choses. J'ignore si je suis une
certaine destinée, mais j'ai souvent cette impression.
Je crois que l'on naît écrivain et qu'il faut non seulement l'accepter
soi-même et tout sacrifier, mais en plus il faut le faire accepter par les
gens de notre entourage et leur faire comprendre pourquoi tous ces
sacrifices sont essentiels. Ce n'est pas facile, sinon impossible, mais il
est vrai que la publication d'un livre aide à faire reconnaître cet état de
fait en aidant nos proches à l'accepter.
La grande question est la suivante : est-ce que ça en vaut la peine? Je dis
non, ça n'en vaut pas la peine, mais malheureusement on ne choisit pas.
Roland Michel Tremblay
www.anarchistecouronne.com
Laissez
exploser votre singularité
Parus sur le Forum de Christophe Spielberger
(18:46, le 14/06)
Ce message de R.M. Tremblay en dit long sur sa détermination et, je n'hésite
pas à le dire ici, sur son talent naissant. J'ai lu son "Anarchiste" (paru
chez iDLivre), un recueil de poèmes en phase avec notre époque, inégal à mon
goût mais fort prometteur.
Vous parlez de vous enfermer sur votre montagne (y auriez-vous déjà
construit un cabanon ?), je pense qu'il ne faut pas fuir les éditeurs, que
malgré leur méfiance et le manque d'attention qu'ils portent à certains
textes qui leur échappe de prime abord, ils sont indispensables et confiance
est de mise à leur égard. Tous ne peuvent pas se tromper, le reste est
affaire de patience et d'orgueil dans sa poche.
Vous seriez fou de vouloir maintenir vos textes en ligne si un éditeur
accepte de les publier. Savez-vous le risque qu'il prend à chaque fois qu'il
met sous presse un livre ? Voulez-vous réellement vous mettre d'emblée en
situation de ne rien vendre ? Internet doit rester un complément, un lieu où
des textes inédits, impubliables de par leur teneur ou leur format, sont
proposés aux lecteurs. Un lieu d'échange et de surprise, et non un endroit
où l'on se mettrait à lire des romans entiers, sur un écran ou une
imprimante... L'objet livre restera, nous y sommes tous attachés.
Ne sombrez pas dans le pessimisme de gare : si écrire n'en vaut pas la
peine, vivre non plus etc. Vous ne choisissez pas d'écrire et je comprends
ce sentiment, mais vous avez choisi de vivre alors, assumez. Cessez de vous
lamenter et écrivez, faites sortir de belles choses, laissez exploser votre
singularité.
Christophe Spielberger
__________
Merci cher Christophe pour tes bons mots à propos de mes écrits et mon
talent. Je te retourne également le compliment, On Part me semble être un
livre qui ressort vraiment du lot et que j'ai grandement apprécié. Le style
direct surtout, un peu mon style parfois d'ailleurs, ce qui explique sans
doute mon intérêt.
Tu parles à mon égard de talent naissant et prometteur, sans doute. Et que
je devrais cesser de me lamenter et que je devrais écrire. Je tiens à vous
rassurer tout de suite, je ne suis pas un grand frustré et j'écris depuis 17
années. En plus je présente 14 livres dans ma biblio, sans compter que j'en
ai d'autres encore sur papier. Je pense qu'il me faudrait plutôt arrêter
d'écrire et enfin commencer à vivre.
Enfin, vous aurez sans doute une autre opinion de moi après avoir lu par
exemple mon roman Denfert-Rochereau, car l'Anarchiste est un livre bien à
part dans mon oeuvre. Et quand je dis que je l'avais effacé de façon
permanente, c'est vrai. J'en ai retrouvé une vieille version bien plus tard
sur un floppy disk qui traînait... c'est tout dire à propos de ce que je
pensais de ce recueil. Pourtant c'est mon plus populaire, mais ce n'est pas
moi.
Et lorsque vous lirez l'Attente de Paris, vous aurez encore une idée
différente de moi, et pour l'Éclectisme qui est un peu plus philosophique...
alors là, on n'en parle pas.
Remarque, n'est-il pas merveilleux que ces livres soient en ligne
gratuitement chez mon éditeur idlivre et qu'ils fassent tout de même de
l'argent, et moi aussi? Il faut admettre que ce n'est pas si fou leur
solution et mérite d'être étudiée.
Et oui, j'ai construit en rêve un château en haut d'une montagne sur une île
déserte, et le tout est entouré de clôtures électrifiées, de caméras et de
détecteurs de mouvement. C'est là où je vais lorsque j'écris, même lorsque
j'écris dans le métro de Londres en me rendant au travail et qu'il y a au moins 1000
personnes de trop dans le wagon.
Roland Michel Tremblay
rm@anarchistecouronne.com
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15 juin 2001
Le sens de mon oeuvre et
automatisme
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